lundi 22 décembre 2008

Bienvenue chez nous


À notre Président de la France

Après votre épuisant périple européen qui vous a pris 6 mois de votre temps déjà si précieux, nous sommes heureux de savoir que vous allez nous revenir juste pour la nouvelle année.

Nous comprenons tout à fait que le navire européen avait besoin d’un bon capitaine qui sache le barrer au milieu des éléments déchaînés de la crise actuelle. Pourrions-nous dire avec une pointe d’orgueil légitime que nous avons été assez satisfaits de la façon dont vous vous êtes acquitté de cette tâche, l’honneur en rejaillissant un peu sur chacun d’être nous ? En quelque sorte, nous avons été assez fiers d’être français dans ces moments-là.

Vous voilà donc vraiment de retour parmi nous. Je ne vous cache point que là aussi, la tâche est immense. Vous allez retrouver un peuple inquiet, souvent démoralisé, certains se laissant même aller à l’angoisse voire au désespoir…

Certes, il ne s’agit point de contester ici les principes que vous aviez largement développés avant votre accession au poste suprême, à savoir que ce pays avait urgemment besoin de profondes réformes de fond pour pouvoirtenir son rang en Europe et dans le monde. Également pour se donner les moyens d’assurer à chacun de ses citoyens de vraies raisons de vivre, d’entreprendre et d’espérer.

Il faut croire que vous aviez alors suscité un immense espoir puisqu’une large majorité de citoyens vous a donné par deux fois ses suffrages afin de vous offrir toute latitude pour mettre en œuvre la politique novatrice et ambitieuse que vous proposiez.

Mais je me dois de vous dire que je ne reconnais déjà plus le pays généreux et accueillant où mon grand-père est arrivé d’Italie, dans les années 30, avec pour seul viatique ses deux mains et une immense envie de travailler et de s’en sortir. Pour lui, ce fut l’arrivée dans le bassin houiller stéphanois. Il serait donc mineur, comme beaucoup de ses compatriotes. Avec un travail dur et exigeant, certes, mais assorti d’avantages sociaux indéniables.

Puis, ce fut le tour de mon père, dans les ateliers de la métallurgie. Très tôt, il décida que ses enfants « feraient autre chose ». Là encore, la République fut à la hauteur puisqu’elle nous donna alors les moyens, à ma soeur et à moi-même, de poursuivre des études et de nous élever de la condition modeste à laquelle nous étions « normalement » destinés. Elle et moi avons donc « servi la République » en embrassant la carrière enseignante.

Cette carrière va donc s’achever bientôt, après 36 années passées pour une bonne part dans ces zones dites d’éducation prioritaire où, avec beaucoup de mes semblables, nous avons essayé d’éduquer, d’instruire et, partant, d’intégrer ces populations si fragiles. Ce fut là à la fois notre tâche, notre mission et notre honneur.

Je vais donc tirer ma révérence et je ne vais pas le faire d’un cœur léger. Non parce que je vais bien évidemment regretter ces « chères têtes plutôt brunes que blondes » mais parce que je vois, non sans une sourde amertume et sans une profonde inquiétude, que les mesures prises et celles à venir feront de l’école que j’ai connue une tout autre école.

Une école que j’ai connue certes parfois imparfaite ou critiquable, mais qui fonctionnait tout de même plutôt bien et qui assumait sans rougir ses missions essentielles d’éducation et d’instruction.

Or, je vois et sens bien que l’Ecole que je vais laisser et celle qui va venir risquent d’avoir si peu de points communs... Je ne parle point ici des progrès nécessaires et indispensables qui font que tout système scolaire, en charge des générations à venir, se doit de mettre en place en changeant, en bougeant, en évoluant et en se réformant sans cesse. Cela, je crois que l’Ecole de la République a su le faire, quoi qu’on dise. L’Ecole a su, aux moments il le fallait, accueillir des générations entières de petits ou de futurs Français. La nostalgie d’un passé idéalisé n’a rien à voir non plus dans le sentiment qui m’envahit. Non.

Il pèse tout simplement et très certainement sur cette Ecole tout entière de graves menaces, dont certaines commencent à se concrétiser, qui font que l’Ecole de demain ne sera pas en mesure de remplir les missions qu’Elle s’honorait de remplir jusqu’ici.

Vous comprendrez bien que mon propos n’est ni polémique ni provocateur.
Je veux juste dire ici, et vous dire, Monsieur le Président, et avec une certaine solennité et le plus grand respect, que les « réformes » déjà prises et celles à venir, vont être gravement et profondément préjudiciables à cette Ecole ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative.

Elles vont également mettre gravement en danger un équilibre fragile que toutes les associations et tous les partenaires de l’école ont contribué à mettre en place. De cela, vous devez être conscient.

Certes, il est nécessaire, voire vital, de venir au secours des organismes financiers ou des entreprises dans la période de crise profonde que nous traversons. 

Mais il paraît tout aussi vital et nécessaire d’être aux côtés du peuple français, de lui envoyer des signaux forts et que tous soient à même de comprendre et d’apprécier.

Nous le savons toutes et tous et certains événements récents dans nos banlieues et ailleurs nous l’ont rappelé : le climat social est tendu voire déplorable. Le tissu associatif et culturel qui organisait et maintenait une indéniable convivialité et un mieux-être entre les citoyens et entre les générations, ce tissu-là se déchire et part en lambeaux, faute de réels moyens et d’une véritable politique humaniste et généreuse.

Vous allez donc retrouver un Pays qui doute fortement de ses élites et de ses dirigeants, qui n’ose plus entreprendre ; une jeunesse profondément troublée et très inquiète ; un corps enseignant, de la maternelle à l’université, fortement démoralisé et, pire, passablement désabusé.

À une crise financière et industrielle s’ajoute une crise morale qui ne laisse présager rien de bon. Au moment même où toutes les énergies et toutes les volontés devraient s’unir pour réagir et œuvrer ensemble, c’est un marasme profond qui risque de plonger ce Pays dans une léthargie dont il aura du mal à sortir. Ou qui l’amènera à une de ces révoltes dont il est coutumier. Car ce Pays-là sait être inventif et généreux, mais également terriblement imprévisible…

Ayant fort modestement contribué – e pluribus unum – à faire de cette Nation ce qu’Elle est devenue aujourd’hui, toujours fidèle à mon poste et fortement attaché à ces valeurs essentielles que sont la laïcité, l’éducabilité et le respect de l’autre, je ne peux que vous exprimer encore et ici même ma grande inquiétude.

Inquiétude d’autant plus grande que mon souhait le plus cher serait que mes trois enfants, au moment d’entrer dans la vie active et l’âge adulte, aient de réelles raisons d’espérer et d’entreprendre dans ce Pays qui a su donner une vraie chance au fils d’immigré et ouvrier que j’étais.

Qu’allez-vous répondre aux millions de Français qui ont eu confiance en vous en vous donnant le pouvoir ? Comment allez-vous donner tort à tous ceux qui ne voient rien de bon dans l’avalanche ininterrompue de réformes, trop souvent mal expliquées et partant mal comprises, parfois improductives, que vous avez voulu mettre en œuvre ?

Il est à craindre que la fameuse « rupture » dont vous parliez ne se fasse irrémédiablement entre le Pays profond, qui souffre et qui s’inquiète, et ses dirigeants ; entre une jeunesse qui voudrait bien construire le monde de demain et qui en est souvent bien empêchée faute de vrais moyens ; entre des enseignants responsables, au plus près du terrain, trop souvent méprisés et pas assez écoutés.

Tout le monde sait qu’il est aisé de naviguer lorsque la mer est calme. Ce sont effectivement dans les périodes de tension et de crise que l’on reconnaît les vrais capitaines.

Il est tout aussi indéniable, et vous l’avez encore prouvé tout récemment, que vous ayez toutes les qualités requises et l’étoffe nécessaire pour remettre ce Pays en marche et dans le bon chemin, avec un vrai cap. Encore faudrait-il avoir un équipage qui vous seconde efficacement… Encore faudrait-il que ce « temps de la refondation » que vous évoquiez dans votre Lettre du 4 septembre ne devienne a contrario et dans les faits celui de la déconstruction.

Cette « nouvelle Renaissance » que vous appelez de vos vœux ne pourra se faire qu’avec l’assentiment librement consenti et une adhésion forte de tous les citoyens français, et plus particulièrement des enseignants et des éducateurs. Ces derniers, et ils le prouvent quotidiennement en « faisant preuve de patience, de psychologie et de compétence », sont prêts à relever ce nouveau défi. À condition qu’on leur en donne et les moyens …et que l’élan nécessaire vienne du plus haut de l’Etat.

Monsieur le président, je ne sais si ma lettre et mes propos vous parviendront un jour. Sachez que j’ai toujours et en toutes circonstances servi, au poste qui était le mien, la République et ses idéaux. Avant de partir, j’aurais souhaité avoir de vraies raisons d’espérer afin que perdure l’œuvre que nous avons construite tous ensemble.



Soyez assuré de mon profond respect
et recevez mes salutations laïques et
républicaines








" L'étincelle...


...qui peut embraser toute la plaine." 

Cette citation de Mao Zedong doit tourner quelque part dans la tête de notre président, entre favelas et cariocas. 

Il a emporté son Darcos en plus de sa Carlita dans ses bagages. Lui moins glamour qu'elle... Pendant qu'elle ira voir les crianças dans les favelas, ils vont sûrement parler " educacion" avec Lulla. Ils feraient bien de prendre des idées. Aussi du côté d'Obama. 

Après un plan de relance de la finance et de l'économie, pourquoi pas un mégaplan de relance de l'intelligence éducative et de la recherche ? 

Bien sûr que ça coûte cher ... On le sait que le premier budget de l'Etat, c'est l'Education : encore heureux ! Mais c'est de réduire la voilure qui risque de nous coûter cher à nous tous. Un pays moderne et qui veut jouer les premiers rôles sur les scènes européennes zé mondiales se doit d'investir à fond dans l'ingéniérie éducative et dans la recherche, dans ses écoles et ses collèges, ses lycées et ses universités ;  et ses grandes écoles. C'est bien là que se joue l'avenir. 

Et, au-delà des réductions budgétaires mesquines et malvenues, au-delà des attaques sur des meneurs présumés dans les bahuts, on voit que cette jeunesse ressent un profond malaise, une angoisse sourde devant un avenir qui l'inquiète. 

Nous, il y a 40 piges, on voulait changer la société. Tout !  Belle et grande utopie. Normal, quand on a 20 ans. La jeunesse d'aujourd'hui, elle voudrait juste avoir une place, un boulot, un avenir. Elle voudrait de vrais profs formés et des classes moins chargées. En plus de bahuts à taille humaine avec de la présence humaine. Et pas des barrières et des points d'interrogation partout. En plus de réformes à la con qui ne vont RIEN changer sur le fond. 

Si vous mettez là-dedans, en plus, les seniors qui sont inquiets pour leurs retraites ...et les petits placements, envolés pour certains, qu'ils ont pu faire. Plus le chômage annoncé et une récession économique qu'on n'a pas su ou pas pu - le résultat est le même- éviter : on a, pour ce début 2009, tous les ingrédients d'une bombe qui peut péter à tout moment. 

C'est d'un plan vigipirate social dont ce pays a besoin. D'écoute et d'attention. D'avoir confiance en ses dirigeants, qui sont de moins en moins crédibles. 

Sinon...gare !!!!


dimanche 21 décembre 2008

Bonne année..vous êtes sûr ???????


Vous êtes sûr qu'on va oser se la souhaiter bonne, cette année à venir ? 

Il faudra bien y réfléchir à deux fois. 

Moi, perso, je sens que la cocotte-minute est bien  sous pression. Et qu'il ne manquerait ,pas grand-chose pour que ça pète un bon coup. 

Bon, le Darcos a lâché un peu de vapeur. Certes. Il regrette "presque" toutes les conneries qu'il a dites. C'était pas lui. Et si c'était lui, promis juré, il va faire autrement : on efface tout et cette fois on concerte pour de bon. Certes con mais pas débile. Il lâche du lest et un peu de vapeur. 

Traduisez : Le Darcoministre, il a la trouille des lycéens et que ces petits cons sèment la merde et cassent tout comme en Grèce. Merde, vous vous rendez compte, dans la patrie ousqu'on a inventé il y des milliers d'année le concept même de Démocratie... ça fait réfléchir. 

Et puis le Darkoprésident a dû lui dire :" Oh Xavier, c'est quoi que tu nous fais là ? C'est pas le moment d'embrouiller la jeunesse avec des réformes où kizi comprennent rien. C'est ma Carla qui m'a conseillé de te calmer. Et Carlita, je peux te dire qu'elle s 'y connaît, en paix sociale et en paix tout court. Elle a même réussi à me calmer, moi !!! C'est dire..." 

N'empêche...la mèche est allumée sous la cocotte. Tous les ingrédients sont bien là à l'intérieur. Avec une jolie bombe à retardement qui s'appelle crise - financière, économique et de confiance aussi, il faut le dire. 

Donc, ça peut péter...Quand et comment? Si je le savais... 


mercredi 3 décembre 2008

LA BONNE INSECURITE


" Ce genre d'opération, ça crée de la bonne insécurité." 

C'est ce qu'a déclaré la procureure d'Auch, dans le  Gers, pour justifier l'intrusion musclée des gendarmes dans un collège, avec leur chien-renifleur, à la recherche de substances illicites. Qu'ils n'ont d'ailleurs point trouvées. 

Le principal de ce collège de Marciac - connu jusqu'à présent pour son festival de jazz -  avait contacté les forces de police pour une action d'information et de prévention. Il a été servi...

Il est vrai que le département du Gers - 170 000 habitants - est bien connu comme une plaque tournante du trafic de drogue. 

On pourrait en sourire s'il n'y avait eu des gamins de 4e et de 3e traumatisés par ce type d'intervention un tantinet intrusive et très musclée, des cartables et des sacs fouillés - le chien aurait reniflé des barres de drogues dures de Snickers et de Mars.  Une collégienne a subi une fouille " au corps " jusque dans son sous-tif - par un agent féminin, est-il précisé ( encore heureux ...). 

Questions : 

* La juge d'instruction en cause sera-t-elle révoquée comme l'a été le responsable de la police de Corse pour " l'affaire Christian Clavier? "

* Pourquoi le chien renifleur n'a-t-il pas détecté les barres de Bounty très dangereuses pour la santé - si on ne bouge pas et si on ne fait pas de l'exercice. 

* Les policiers qui doivent faire du chiffre savent-ils qu'il y a plein de cames dans les ateliers de mécanique de certains L.E.P. ? 

* Dois-je signaler qu'il y a des tubes de blanche dans mon établissement ? ( D'accord c'est de la colle ou de la peinture mais dans ces temps de suspicion ....) 

* Quelle est la différence entre un Etat policé et un Etat policier ? A l'oreille ....

Allez tout droit à la case prison...


... et ne recevez pas 20 000F. Bizarrement, ça me rappelle le Monopoly de mon enfance quand on tirait cette foutue carte-prison. 

A l'époque, je devais avoir dans les 12 ans, j'étais en 5e au lycée Fauriel et on passait des heures à se prendre pour de riches propriétaires. Ah l'avenue Foch et la rue de la Paix. 
Et aujourd'hui, pas mal d'années et de spéculation immobilière après, je me dis qu'il y a des gamins de 12 piges qui, au lieu de jouer au Monopoly, peuvent se retrouver... directement en tôle. Pas cool, comme jeu de société. Pas trop.

Drôle de société où on fait le choix d'envoyer des gosses derrière les barreaux. Même s'ils ont fait de grosses conneries, et on sait que certains peuvent en faire, il y a peut-être d'autres moyens pour les remettre dans la vie, la vraie vie. Loin des conneries. Il y a des professionnels pour ça, des Centres Educatifs Fermés - pas encore répressifs définitifs - pour ça. 

Comme le dit froidement l'ineffable garde des sceaux - des sots ? - : " Sanctionner pénalement des mineurs de 12 ans relève du bon sens. " 

Dit comme ça, ça fait effectivement froid...dans le dos. 

J'ai eu dans mon école un gamin de 12 ans qui "pétait des câbles assez souvent". On l'a gardé autant qu'on a pu. C'était pas toujours évident. Un écorché vif... On a fait tout ce qu'on a pu avec tout ce qu'on avait. Bon, ça n'a pas marché : cellule familiale trop déglinguée. 

C'est pas pour autant qu'on a l'a collé dans la case " délinquant irrécupérable"On l'a fait placer en internat dans un foyer où des éducateurs et des personnels formés ont essayé de le réinsérer dans le cadre. 

Je ne sais pas où il en est aujourd'hui. Mais ce que je sais, c'est qu'il faut TOUT faire et s'en donner les moyens pour que ces gamins-là ne se retrouvent pas automatiquement dans les geôles de la République où ce n'est pas leur place. 

Ce sont encore des gosses. Quoi qu'ils aient fait. Des gosses égarés mais pas encore perdus. 

A se lancer dans le tout répressif, on se prépare une société de plus en plus dure, de moins en moins humaine. 

C'est bien tout le contraire de ce que j'ai essayé de faire, depuis 35 ans, dans mon boulot. 

Et c'est très grave. Pour ce pays. 

D'où mon inquiétude. Mon souci. Mon malaise. Mon angoisse. 

lundi 5 mai 2008

Un superbe lapsus...révélateur ?


" J'ai bien conscience que, dans les critiques qui me sont faites, celle qui m'a le plus touché et qui m'interpelle le plus, c'est celle que font une partie des Français : au fond, il fait une politique pour quelques uns et pas pour tous. Si les Français croient ça, ET ILS ONT RAISON DE LE CROIRE, je dois en tirer les conséquences immédiates. "
C'est du Tsar Khôzhy dans le texte, en direct et sans filet, lors de son interview à l'Elysée en réponse à une question de Véronique Augier.
A ce moment-là de " l'interview" - bidonnée bien évidemment - aucun des journalistes présents ne relève le lapsus. Notre président aurait-il des problèmes avec la syntaxe française, certes parfois un peu complexe, ou son esprit lui a-t-il fait en douce un croc en jambe ?
Comme quoi l'inconscient vous joue parfois de ces tours ...

vendredi 25 avril 2008

En direct de l'Elysée

Il persiste et signe. 

Il a pas bien le choix, le tsar Khôzhy. Comme il le dit fort plaisamment, il a engagé pas moins de 55 réformes - et peut-être bien 56, non ? Et toutes en même temps, pourquoi faire simple ? 

Donc, réformes à tout crin - craint ? - et à marche forcée. Pays de France, marche ou crève ! Toujours d'après notre Tsar républicain, il n'y aurait pas le choix : avec la mondialisation et tout le reste, "il faut qu'on et ya qu'à". Pas d'autre issue possible.

Voire... On va donc devenir un pays tout comme les autres : libéral nous voilà. De moins en moins voire pas du tout de services publics. Fini l'intérêt général : vive l'individualisme et les intérêts particuliers. Chacun pour soi et l'Etat pour tous !

Quel Etat au fait ? Dans quel " état " sera la République à ce régime amaigrissant-là ?  On va tous travailler plus pour gagner des zeuros qu'on dépensera d'ailleurs très vite vu que tout va grimper très vite, le carburant et le riz, les patates et le pain, le lait et le sucre, l'eau et le gaz. Et vous allez voir que plus on va gagner et plus ça va grimper. 

Ok ok c'est le système mondial qui veut ça : ou on s'y fait ou on passe à la trappe. 

Excusez-moi mon outrecuidance, votre républicaine majesté, est-ce qu'on peut éventuellment penser autre chose ? Et même penser tout court ? Ou est-ce qu'on peut, fort modestement, penser à penser différemment ? Au cas où... N'y aurait-il pas la possibilité de développer, en Europe justement, un modèle unique de démocratie, laïque et solidaire, sociale et humaine ? 
Une démocratie où le partage des richesses serait un peu plus équitable ? Où chacun aurait aurait accès aux soins, à l'éducation, à une vraie culture, à des études supérieures, à une retraite décente ? 

Au cas où on aurait encore comme qui dirait des " valeurs " à défendre ? 

Valeur ? Non, désolé, je ne veux pas parler de " valeurs boursières". Pas tout à fait. Je sais bien que c'est dans l'air du temps, mais non... Je veux juste causer de valeurs comme " solidarité " ou, pourquoi pas, " laïcité ". Tant qu'à être dans les "gros" mots, autant se lâcher. Et après tout, aussi, l'espérance et la foi, pourquoi seraient-elles uniquement religieuses ? Alors, comme ça, les Eglises auraient une sorte de monopole de ces valeurs-là ? Un droit de préemption ? 

Certes, pour revenir à l'Elysée-moi-et-je-ferai-le-reste - notre Tsar Khôzhy s'est bien calmé : costume sombre bien coupé et cravate foncée. Posture pondérée. Flot verbal endigué et maîtrisé. Vie privée loin des micros et des photographes.  Donc, en apparence, une bonne opération de com. Rien à dire. Clean, le mec. 

Mais sur le fond ? Qu'y a-t-il de changé ? Rien : "on" continue la casse et les économies. Et pourquoi toutes ces réformes, au fond, justement ? Quel est le cap ? Où va le navire France ? Pour quel horizon, pour les simples citoyens que nous sommes ? Vers quels rivages allons-nous aborder ? 

Ah... Les jeunes ? Il paraît qu'ils seraient inquiets pour l'avenir, le leur et celui de ce pays. Il paraît que c'est normal, pour un jeune ! Ah bon ?!?! Moi, naïf, qui croyais que être jeune, justement, c'était avoir confiance, foncer, entreprendre, vouloir refaire le monde ? Surtout pas avoir peur, être craintif, rempli de doutes. Laissons cela aux vieux sceptiques et pessimistes du siècle dernier. 

Pas très convaincant, donc... Il faudra bien autre chose que la méthode Coué des bénis oui-oui de l'UMP pour nous rassurer. Ton et posture présidentiels, certes et enfin, après une année entière de couacs et de blings en tous genres. Mais les réponses ne sont pas à la hauteur des problèmes, des enjeux et des attentes. Loin de là !

On va hélas très vite s'en apercevoir... 

mercredi 23 avril 2008

Un an et quelques avatars plus tard

C'est l'histoire d'un mec qui était gonflé à bloc. Elu dans l'allégresse avec son pote Johnny au micro. 

La belle histoire commençait bien. Super Sarko était là et sur tous les fronts. Dopé à la Cécilia qui lui ramenait dans la foulée de pauvres infirmières tirées des griffes de l'affreux Khadafi. Le président avait alors une cote de popularité maximum : 66 %. Fichtre ! 

Sept mois plus tard - on est en décembre- la musique n'est plus la même. Super Cécilia s'est tirée depuis 2 mois déjà et notre président déploie tous les honneurs ... pour " ce cher Khadafi". Les sondages sont encore à 52 % . Un  Français sur 2, c'est pas si mal vu ce qui s'est passé pendant ces deux mois. 

Et puis 2008 débarque : annus horibilis. Rien n'y fait : ni le mariage avec la belle Carla, ni l'abandon de la Rolex ; ni la pédale douce - enfin - sur sa vie privée privée d'intimité. 

Une bonne claque aux municipales en mars pour couronner le tout. Mais bon, c'est que des élections locales, après tout ...ça ne veut rien dire, n'est-ce pas ! Sauf quand le local est général, sur l'ensemble du territoire, cela devient un malaise... national . Non ? 

Et nous voilà en avril 2008, un an et quelques avatars plus tard :  "notre" Sarko national a ... 28 % d'opinions favorables. Soit, effectivement, 72 % de Français mécontents. Pô bien, ça ! Pas bien gentils, les citoyens de la doulce France...

Le " travailler plus pour gagner plus", s'il faisait bien sur le papier, dans les les meetings et à la télé, n'a pas résisté à la conjoncture économique. Vous me direz, on sentait déjà l'arnaque dans ce genre de slogan forcément très démago. Mais bon, pourquoi pas, se disaient les naïfs et tous ceux qui voulaient se payer le dernier 4X4 à la mode ou le méga super écran plasma . 

L'atterrissage est plutôt rude... pour tout le monde. 

Ce qu'il y a de bien, quand on est aussi bas, c'est qu'on ne peut que remonter, en fait. Comme quand tu es au fond de la piscine : un petit coup de pied et de reins et hop ! te voilà de nouveau propulsé vers la surface et la lumière. 

Oui mais pour ça, il faut avoir des chose à dire aux Français qui attendent. Il faut une méthode et un cap. Pas évident évident, tout ça. On va bien écouter et bien regarder jeudi soir, en direct depuis l'Elysée : comment il va bien pouvoir s'en sortir, le petit Nicolas ?

Souhaitons que l'heure de vérité ne soit pas, une fois de plus, leurre de vérité. 





dimanche 20 avril 2008

Lécher - lâcher - lyncher


En fait, quand on y réfléchit un tant soit peu, le problème de Sarko, il est simple : c'est l'histoire classique de l'offre et de la demande. 

Je m'explique. Il y en a un - le Chichi - qui n' a pas fait grand chose toutes ces années 2000 à part se maintenir au pouvoir. Domaine où il a excellé, certes. Et l'autre, l'agité, le farfadet, il débaroule là-dedans avec le  mot rupture à la bouche ; il se démène comme un beau diable, élimine tous les autres concurrents y compris et surtout ceux de son propre camp, passe par les finances puis par  l'intérieur ; mène une campagne d'enfer tambour battant : devient LE candidat unique et incontournable d'une droite subjuguée par tant de volontarisme et d'allant ; est élu brillamment avec une assemblée majoritaire dans la foulée. 

En ce printemps 2007, tout semblait sourire et tout semblait possible. Un an après, il faut bien déchanter. Impopularité notoire, bugs, gages et couacs en série ... Lui-même doit se demander pourquoi sa cote, si élevée autrefois, est tombée aussi bas dans les sondages ! ( 36 % de favorables ... donc 64 % contre, anti ou out ! Fichtre ! ) 

Qu'il médite d'abord cet adage : " Il sera beaucoup demandé à qui a été beaucoup donné. " 

Ce Sarko-là a indéniablement reçu beaucoup et beaucoup ont mis en lui des espoirs insensés. Insensés parce que le sauveur -suprême tout seul n'existe pas. Une hirondelle, fût-elle sarkoziste ou UMpienne, ne peut prétendre faire le printemps par la seule vertu de son vol actif et désordonné, même si plein de bonne volonté. 

Parce que, c'est bien connu, les médias lèchent, puis lâchent puis lynchent. D'autres avant lui, tout en haut de l'Etat, ont bien connu ces 3 phases. 

Je ne vais ni soutenir ni plaindre le personnage. Au niveau où il est arrivé et connaissant son  parcours depuis Neuilly et la prise d'otages avec HB, le bonhomme n'est pas tombé de la dernière pluie...

Ce qui me taquine le plus, c'est que pendant ce temps, la France va mal et qu'elle stagne. Que les réformes à faire sont toujours ... à faire. Qu'on explique si mal les choses que les propositions faites sont contre-productives. 

Pour faire court, ce pays est à l'image de son président - à moins que ce ne soit l'inverse : SCHIZOPHRENE . That's all ! 

Et comment tout ça va finir ? 
D'après moi, mal ! 


vendredi 18 avril 2008

Beau nez d'âne


Bon ben, c'est les vacances. 

Pas si mal : tout poser et se poser. Prendre le temps, vraiment. Etre moins dans le faire. Regarder le monde s'agiter. S'en inquiéter, certes. S'en étonner, aussi. Se dire : mais qu'est-ce que je peux faire, moi, petit citoyen insignifiant, pour que ça soit un peu différent ? 
Constater de visu les dommages collatéraux d'un libéralisme qui ne se gêne plus pour écraser les petits et les humbles. 

Les dégâts sont déjà visibles. Inquiétude parce qu'on en est qu'au début. 

Les voies légales ayant été épuisées, avec les résultats merveilleux ( lol ! )  que l'on sait et que l'on voit - pauvre France ... il ne reste plus que la rue et les manifs. Désolés : pas bien le choix. Les vertus du dialogue ayant été très vite épuisées, on ne va pas...s'épuiser trop longtemps dans un stupide et inutile dialogue de sourds. La messe est dite : on devra faire mieux avec moins. 

Ben voyons, mon colon ! Franchement, et entre nous, je n'ai jamais été aussi pessimiste que maintenant. 35 ans que je fais ce boulot et je n'ai jamais rien vu d'aussi ... démotivant. Les motifs de se révolter sont si nombreux qu'on ne sait même plus comment réagir, en fait. KO debout les pédagos. "ON " nous a mis le paquet, il faut dire, et, là haut tout en haut  " on "  est bien décidé à aller jusqu'au bout des " réformes ". Le pire, c'est que nous sommes montrés du doigt: " Regardez les, ces enseignants, ils ne pensent qu'à leurs avantages acquis. Ils ont la sécurité de l'emploi, ils ne pensent qu'à faire grève et ils refusent d'évoluer ! " 

Haro donc sur le pédago ! Et que je te remette de la morale et des enseignements bien basiques des années 20. Et que je te remette des remises à niveau pendant les vacances ! Et que je te sabre l'école maternelle ousque les pitits nenfants font qu'à pas faire grand chose ! 

Question à 1000 euros : est-ce qu'on va laisser faire ? Vous me direz : il me reste une poignée d'années à faire ce foutu métier que j'ai aimé et que j'aime encore. Pourquoi est-ce que je me décarcasserais à monter au créneau ? Fonctionnaire...fonctionne et tais-toi : le ministre et ses conseillers pensent pour toi ! 

Tout ça a l'air bien caricatural et très partisan. Certes. Vu de l'extérieur. Mais vu d'où je suis et avec le recul que je peux avoir - reconnaissez moi au moins cette qualité - je sens bien qu'on va vers du moins bien. 

Si c'est ça le progrès ... 

vendredi 11 avril 2008

Cette semaine


Que dire de cette semaine ? 

Encore une manif des lycéens ce jeudi. Avec encore plus de monde que les 4 précédentes. Z'ont l'air bien déterminés, les profs et les jeunots ! Privé et public confondus. Confondus semble être le mot : confondus par de telles mesures dont tout le monde - sauf le ministre -  mesure les retombées catastrophiques en termes d'encadrement et de qualité d'enseignement. 

Les rencontres entre le père Darcos toujours et les représentants des lycéens n'ont rien donné. Le contraire, là encore, eut été étonnant. Donc, en avant vers une nouvelle manif mardi prochain. Puis les vacances. Et ensuite ??? On sera en mai. Comment ça, il n' y a pas de mai ! Mais bien sûr que si ... et j'espère qu'on va tous se bouger pour que ce mois-là pulse un peu...si vous voyez ce que je veux dire...

Que vous dise : hier soir, je suis allé tenir conversation avec ma voisine du premier, Marinette...qui a passé les 90 ans. Elle vit seule, est très alerte et fait des aquarelles. J'ai eu droit à un petit Bergerac moelleux de 1989 de derrière les fagots, doré et fruité à souhait. Elle me parle de tout : de son mari décédé, des ses enfants, petits enfants et arrière petits enfants. Qui, à part elle, peut évoquer un "sigisbée", tout naturellement dans la conversation, pour parler du compagnon empressé et galant de son amie américaine du Périgord ? Qui évoque les peupliers qui pleurent les larmes d'or de leurs feuilles à l'automne ? 

Je pourrais l'écouter pendant des heures. Je la soupçonne, bien qu'elle prie Dieu, d'être surtout boudhiste : elle n'a plus aucun désir de rien, m'avoue-t-elle, et prend chaque jour comme il vient. 

Sagesse suprême. Boudhiste, peut-être. Vraie épicurienne, sûrement. 


jeudi 10 avril 2008

ASP, moi ?


On va croire que je suis un ASP ( Anti Sarko Primaire ). Not at all. 

J'avais estimé en son temps qu'il avait fait un parcours remarquable. Se remettant de sa gamelle avec Balladur, évitant les scuds de Chichi et Villepin, passant par la case de l'Intérieur puis par celle des Finances. Tout le monde avait compris que ce petit homme-là avait une volonté inoxydable, doublée d'une ambition dévorante... qui lui permettaient de dévorer tous ceux qui faisaient mine de lui barrer la route qu'il s'était tracée... via le pouvoir suprême.

Sa campagne avec la machine de guerre UMP ( Unis en Marche vers le Pouvoir ) et avec ses moyens logistiques considérables - entre autres rien moins que 30 gugusses rien que pour son site internet - sa campagne de conquête fut donc un modèle du genre : " je veux le pouvoir et je vais tout faire pour l'avoir en ratissant tous les secteurs." 

Et que croyez-vous qu'il arrivât ? Pendant que Miss Ségo ferraillait contre les pachydermes qui trompent énormément et qui barrissaient à tout va et à machisme que veux tu, lui, le p'tit Nico monté sur ses ergots et shooté à l'ego se faisait élire tranquillou mon belou avec tout de même 53 % des voix des Français. Les mêmes Français, éblouis par tant d'allant et de volontarisme décidément volontaire, lui donnaient une chambre confortable - pas pour dormir mais pour mettre en musique...de chambre son programme bouleversifiant car résolument réformateur. 

Et tout ça, qui semble si loin déjà, c'était au printemps 2007. 

Après, tout le monde s'en est aperçu, y compris les gorilles du zoo de St Martin la Plaine, on a dû ...déchanter. Enfin ..."on" : les 53 % qui avaient voté comme un seul homme pour un seul homme qui serait bien l'ultime recours de la république en danger de somnolence sous le Chichi. Tous pour l'australopithecus mordicus sarkozicus ! 

Vous trouvez mon ton...sarkostique ? Voire... Mais qu'a t-on réellement vu depuis mai 2007 ? 
La vie ( très ) privée... d'intimité d'un homme très public étalée sur toutes les couvertures. La République dans de beaux draps...élyséens  - en satin qui sait ? 

C'est s'il y a ... un problème... car la ... vérité, c'est que le citoyen lambda attendait et attend encore, à ce jour, que se réalisent enfin les fameuses promesses électorales : du pouvoir d'achat - rien à voir avec le pouvoir des chats..ou des chattes ! - ; une réforme sérieuse  et radicale de l'Etat ; une relance dans tous les secteurs ; une nation en marche dans une Europe conquérante et unie. Tout ça avait été promis. Promis juré, croix de bois croix de fer, si je mens...

Au lieu de cela, on eut doit à une réécriture en douce et sans débat aucun de la Constitution européenne - celle -là même qui avait été taclée par ces ignares de citoyens français. 
Puis, last but not liste close, déclarations tonitruantes  ou sarkozytuantes et surtout inefficaces ; puis mots déplacés  en public ; laïcité cuisinée à la sauce papale ; nombreux cadeaux fiscaux à ceux qui, les pauvres, étaient dans le besoin et qui allaient pouvoir enfin changer leur 4X4 vieux de 6 mois déjà. 

Et le reste à l'avenant.Illusions. Désillusion. En alternance. Un chaud froid à vous retourner même les estomacs les plus délicats. 

L'illusionniste avait certes du talent. Mais qu'y a -t-il  derrière le beau décor?  Que voulez-vous qu'il y eût ?

Une fois de plus, la Politique était l'art ... de faire croire. Une majorité y a cru. 

D'ici à ce qu'on soit tous cuits ...

mercredi 9 avril 2008

En ces temps incertains, la connerie a un avenir certain


An 2 de l'ère du Tsar de tous les Français ,  Khozy 1er

Putain, ce que je me régale en ce moment chaque fois que j'allume la radio- je suis plutôt Europe 1, là où la connerie peut s'étaler en grand sur les ondes. 

J'adore plus spécialement les interviews de Jean-Piere Elkabach à 8h20. Mais je suis un peu frustré car je ne peux les écouter que le mercredi, vu que le reste du temps, à 8h20, où que je suis ? Mais dans le cour, bien sûr, à accueillir les 125 élèves de l'école !  

Donc, l'ineffable - de la Fontaine -  interviewer reçoit rien moins que LE ministre du budget, en l'occurrence Mister Woerth, qui assène de remarquables vérités du genre : " Les décisions doivent se faire dans la concertation". Et il assène ça sans pouffer, sérieux et tout. Ou ce mec a des couilles en platine ou il se fout de notre gueule.( m'envoyer un mail pour me dire quelle est la bonne hypothèse.)

Et il continue, allegro vivace, puisque le micro complaisant et servile lui est ouvert - pourquoi se gêner - du genre " Aucun ministère ne peut échapper aux économies : l'éducation nationale comme les autres. Un effort de 5 milliards d'euros est donc nécessaire...  et possible". 

Et il embraye, tant qu'à faire : " Un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite ne sera pas remplacé. C'est une bonne nouvelle pour les personnels - dit-il, pince sans rire. Ils seront mieux payés puisqu'ils seront moins nombreux."

Et puis il tombe encore 2 dents sur le grand plateau de la connerie subséquente, passe le grand braquet - le 54 X 10 au moins -  et déclare dans la foulée, lancé comme il est  : " A la place d'une  logique de moyens, il faut inventer une logique de qualité." 

Que dire face à tant d'implacables conneries ?  Rien. On ne peut en effet pas grand chose face à "ça". Juste se taper le front ou sauter par la fenêtre ou dire très haut et très vite : " Putain de sacré de nom de dieu de bordel de merde : Mais qui "on" a mis au pouvoir ? C'est quoi ce merdier ? Et où ça va nous mener tout ça ? " 

Moi, modestement, je peux juste vous dire qu'' ils " vont continuer comme ça, sûrs d'eux et convaincus qu'ils auront raison, quoi qu'il arrive et quoi qu'on dise. Les cons, ça n'a jamais tort. Ils savent d'avance ce qui est bon pour la France. Et que, même si les Français - enfin...une certaine partie, suivez mon regard - n'est pas très heureuse, qu'ils aillent ... c'est leur problème, mais plus celui de cette chère République. 

Le dernier mot aux murs de Mai 68- 40 ans déjà, fichtre ! : 

" J'emmerde la société , mais elle me le rend bien. " 

Dont acte !!!

mardi 8 avril 2008

Wonderful life


Enfin une vraie et bonne raison d'espérer...

Devinez !

Non, ce n'est pas le pathétique et dérisoire passage de  la flamme olympique à Paris. Presque une demi-heure au journal télévisé : un record pour un sujet aussi minable. Parce qu'entre nous, on commence à nous gonfler sérieux avec les JO qui sont tout sauf un vrai sujet de société. 

Non, ce n'est pas la motion de censure rejetée par la chambre des députés  à propos de l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan avec, derrière, le ralliement de la France à l'OTAN. ( Où en est l'armée européenne, au fait ? ) 

Non, ce n'est pas quelques emplois sauvés à l'usine de Gandrange lâchée par Arcelor Mittal et que notre génial président devait sauver à tout prix. Il a reçu les familles et les syndicats pour la cérémonie funèbre...Il prendra en charge les gerbes et les couronnes, sur sa cassette perso. Il vendra même une de ses Rolex s'il le faut. Tant pis : tant qu'a faire des sacrifices ! Il est bien, décidément, ce président-là...et sa meuf, elle est trop bien roulée, même sous la douche ( voir photo)  n'empêche ! Mieux que celle à Bush, en tout cas. 

Non, ce n'est pas le nouveau plan d'économies qui permettra à coup sûr de rééquilibrer le budget de la France ... d'ici l'an 3008. D'ici là, on aura bousillé allègrement tous les services publics et le mot " fonctionnaire " sera un vocable rayé même du dictionnaire. Un terme déjà désuet et qui sent le déficit budgétaire rien qu'à le prononcer.  Mais "on" va arranger ça. 

Non non non , c'est pas ça du tout. 

Ma vraie et seule bonne raison d'espérer enfin dans ce beau pays, c'est que demain 9 avril 2000 et 8 , il y aura ... 3 mn de jour en plus. Et ça, n'empêche, c'est une sacrée bonne nouvelle. Qui a dit que ce gouvernement-là était inactif face à la crise ?  Et, ce qu'il ya de merveilleux et de profondément républicain et égalitaire, c'est que TOUT LE MONDE, riches et pauvres, chômeurs et travailleurs, blancs et blacks, chrétiens et musulmans, absolument tout le monde pourra en profiter. 

Quel est le pur et indécrottable imbécile qui a dit que le pouvoir en place ne faisait rien pour le bonheur du citoyen français ? 

180 secondes de clarté diurne en plus !!

Elle est pas belle, la vie sous le Tsar Khozy 1er ? 

dimanche 6 avril 2008

Tout peut être culture ?????


D'abord, in extenso, le billet d'isabelle Morini-Bosc, tiré à des centaines de milliers d'exemplaires in  " TV magazine", ce dimanche 6 avril 2 mille et 8.

" Côté culture, il en va des connaissances comme des terres labourées, elles doivent se voir sans qu'il y ait besoin de les montrer. Mais parlons donc justement "culture", un mot dont on se repaît dans les sphères médiatiques. Avec ses dérivés. Et parfois ses dérives. Citons ainsi en vrac les expressions " sauvons la culture à la télé" sur l'air de "il faut sauver Willy" ; " vive l'exception culturelle " ; " place-aux-missions-de-service-public".
Au point qu'on pourrait remplacer la célèbre phrase " Liberté, que de crimes on commet en ton nom " par " Culture, que de discours oiseux, verbeux, vaseux, on commet en ton nom." Et que d'article on écrit tous, car le sujet a bonne presse, fait coller beaucoup d'encre, suscite des tas d'avis. Voire de prévis des chaînes par périodes. Or donc, c'est "quoi" cette culture qu'on recherche comme on part à la chasse au dahu ou au dodo, sans trop savoir ce que c'est. 
Pour Nicolas Sarkozy par exemple, la culture-service-public est incarnée côté fictions par la collection Maupassant, programmée su France 2. Ce qui a fait dire au brillant patron de cette série, Gérard Jourd'hui : " Maupassant fait partie d'un tout indispensable à France télévisions. C'est parce qu'il y a des jeux, du divertissement et "Plus belle la vie " que nous pouvons faire Maupassant."
C'est juste. Et confirmé par son génial homme à tout bien faire, Jacques Santamaria, un réalisateur adaptateur scénariste qui est à la fiction télé ce que le cheval est au fiacre : l'un ne va pas sans l'autre ( avec lui la télé mise précisément sur le bon cheval ): " Il y a des mots dangereux, culture en est un ; nous ne faisons pas de la culture, nous faisons du spectacle... dont nous espérons simplement qu'il aide à se cultiver".
C'est dit, c'est clair. Tout peut d'ailleurs être culture. Quand un historien que j'apprécie rappelait récemment que la maîtresse du président Félix Faure fut surnommée " la pompe funèbre" parce qu'il expira alors qu'elle lui faisait une petite gâterie buccale, c'est déjà d ela culture. Soit dit sans faire la fine bouche. Oh, pardon ! " 

Alors voilà où en est la télé aujourd'hui...du moins ce qu'en pensent ceux qui la font et qui en vivent. On s'étonnera après du niveau télévisuel actuel !!!

Heureusement, il n'y a pas que la télé pour se cultiver. 

Heureusement. 

samedi 5 avril 2008

Djé le retour au 5 avril 2 mille et 8 de notre ère


" Tiens, te voilà revenu... je pensais pas  que tu serais là aujourd'hui ! " 
Par ces mots de "bienvenue", je fus accueilli dans la manif de  ce matin qui allait de l'Inspection Académique à la Préfecture. Une autre manif. Une de plus. 

Mais les moyens de faire autrement ?

Manifester son mécontentement - voire son inquiétude ou sa désapprobation  - avec les pieds. Autre moyen encore toléré et démocratique de dire et de gueuler haut et fort qu'on n'est " pas tout à fait d'accord " avec les orientations budgétaires actuelles ... qui sont en fait des choix politiques stratégiques qui engagent tout l'avenir du système scolaire français pour les années à venir. Et puis, c'est un moyen écolo, puisque non polluant et surtout pas violent, de dire ce qu'on pense de ce gouvernement, en dehors des urnes. 

Ces quelques mots de "bienvenue", donc, en disaient plus long qu'un long discours. Ils disaient, en condensé :" Mais qu'est -ce que tu es allé foutre sur la liste à Thiollière ? Tu savais pourtant bien que c'était pas ton monde ? Que tu n'avais rien à faire avec des gens comme ça ? Que ta seule et vraie famille c'est ici, parmi nous et nulle part ailleurs ? Que tu y as laissé des plumes et une partie de ton âme ? Qu'il y a des tas de gens qui ont pas compris ce que tu es allé foutre de l'autre côté ???? "

Je pourrais multiplier à l'envi les points d'interrogation et même d'exclamation. 

Franchement, et ce n'est pas une posture, je ne regrette RIEN. C'était un choix perso et un engagement perso. J'y peux rien : je suis un putain de franco-rital orgueilleux qui assume ses choix jusqu' au bout...y compris les pires. J'en ai pris plein la gueule... et des deux côtés, si vous voulez savoir. Je m' y attendais un peu. D'après certains, ce ne serait pas fini et "on" n'était pas prêt de me pardonner mon excursion plutôt droitière. Voire... J'attends et je les attends. Toujours ce putain d'orgueil. Et les bollocks. Merde ! 

OK. 

Je peux comprendre tout ça. Je ne veux pas m'étendre ni m'épancher sur mes états d'âme. Encore moins tomber dans une pitoyable et nulle justification. I tried and I did it. 
J'ai terni mon image. Certes. C'est ce que certains me disent. Ils n'ont pas tort. J'avais mes raisons. Je me suis planté. Je revendique ce droit -là : à se planter. A aller voir ailleurs tout en sachant que... 

Je reviens donc - en fait je n'en suis jamais parti, si on  réfléchit bien - dans le rang des manifestants. Manifestement ... c'est là où je me sens le mieux. Comme je le dis depuis toujours, les puissants et les riches n'ont pas besoin  qu'on manifeste ou qu'on  les aide. 
Les autres, tous les autres, si. Ils ont besoin qu'on soit là, qu'on  soit exigeant : qu'on demande une école de qualité, des services publics de qualité. Que tout ça soit gratuit et proposé à tous. 

Sinon, bordel, à quoi graver partout - y compris dans notre Constitution - " Liberté Egalité Fraternité" ? 

Si c'est pas pour l'appliquer dans la vie de tous les jours ? Si c'est juste pour le dire et pas le faire ? A quoi bon les grands principes si c'est dans le vent ? 

A quoi bon annoncer le respect si je te traite après de " fils de pute " ou si je te dis " casse-toi sale con " dès que je suis contrarié ? 

A quoi bon claironner que tout le monde a droit à l'instruction, au savoir et à l'éducation si c'est pour ensuite réduire les budgets, supprimer des postes à tour de bras ? En sachant très bien que des moyens en moins, c'est TOUJOURS des moyens en moins pour l'accès de tous, sans discernement aucun, au savoir et à la culture ? Et que sans ça, t'es ensuite mal barré dans la vie ? 
Pourquoi la rigueur et les économies toujours pour les mêmes ? Connerie de discours à la con !
 
Supprimons les 4x4, les déductions fiscales,  les vacances au Club Med et les Stock-options d'abord. Qu'ils donnent d'abord l'exemple, ceux qui ont " un peu plus " que 1000 euros par mois - et par personne - pour vivre. Que savent-ils de tous ceux qui ne sont pas dans la vie mais dans la survie ? 

Certes, mon discours est radical. Mais la misère l'est aussi, en ce début de XXIe siècle, où ce mot lui-même ne devrait plus exister dans un pays aussi prospère et riche - et démocratiquement égalitaire - que le nôtre. 

Mettons, déjà, un  peu plus d'égalité. Ajoutons-y un chouïa de Fraternité : ça ne peut que faire du bien, en ces temps tout de même inhumains pour les humains d'ici et d'ailleurs. Quant à la liberté, on a vite compris que c'était la liberté de faire du blé - y compris avec le blé, d'ailleurs - et la  liberté de faire et de dire tout et n'importe quoi. Y compris jusqu'au plus haut niveau de l'Etat. Ce qui ferait dire que la République est dans un " drôle d'Etat". Baste !

Eradiquons la misère chez nous d'abord. Misère économique. Misère sociale. Et misère morale. Tout en aidant les autres ailleurs, en Afrique ou au Tibet.  L'Humanité n'est qu'un seul pays, si on y pense vraiment. 

On verra après, pour le reste. 

Peanuts !!!


Alors, il paraît qu'on va faire des économies ... mais sans plan de rigueur. 

C'est pas moi qui le dis ... mais le Tsar Khozy 1er, empereur des grandes déclarations définitives et inutiles. 
Inutiles puisque, juste pour s'aligner sur les autres grands pays européens - c'est nous qui prenons la présidence de l'Europe à partir de cet été - on devrait économiser 40 milliards d'euros PAR AN. 
Et qu'est-ce qu'on nous propose ? 166 propositions pour réaliser ... 5 milliards d'économies d'ici 2012. Donc, peanuts... 

On pourrait sourire si on ne savait pas, qu'une fois de plus, ces mesures vont encore toucher les services publics, bien évidemment ( voir l'Education Nationale, au hasard ) et puis aussi nous-mêmes, les citoyens moyens. Egalement les " petits ", comme d'hab, qui ont surtout le tort d'être " petits", d'être des millions et qui n'ont pas les moyens d'échapper à la hausse avérée des loyers, des produits de première nécessité et autres taxes, TVA et pétrolières entre autres. 

Les autres, merci, se débrouillent très bien avec des déductions fiscales diverses et multiples, des dividendes boursiers ( 100 milliards d'euros de bénèf en 2007 pour l'ensemble des entreprises du CAC 40 : pour qui la crise ? ) , des stocks options et autres émoluments divers et variés. 

Donc, notre Tsar républicain ne fait pas mieux que les autres présidents, malgré sa grande gueule. Il aboie certes très fort mais, après les effets de manche, se fait rattraper par la réalité. Comme Mitterrand en 1982 après les envolées lyriques du programme commun de 1981 ; comme Chirac en 1996 après la réduction annoncée de la fameuse " fracture sociale" en 1995, qui est devenue aujourd'hui un fossé énorme et béant et qui continue à s'élargir inexorablement. 

Première conclusion : depuis 30 ans, AUCUN des pouvoirs en place, de droite ou de gauche, n'a pu prendre les mesures nécessaires pour remettre ce pays à flot. 

Deuxième conclusion : à quoi peuvent bien servir toutes ces femmes et tous ces hommes politiques, ainsi que tous leurs partis, tous grassement entretenus par des fonds publics payés par nous ?Sont-ils capables de gérer convenablement ce pays ? Ils seraient dans n'importe quelle entreprise privée, ils auraient été viré(e)s  depuis longtemps déjà pour incompétence de gestion. 

Illustration : le dernier budget de l'Etat en équilibre remonte à ... 1973. Depuis... 

Alors, c'est bien beau mais qu'est-ce qu'on peut faire ?  Courageusement, et démocratiquement, je peux juste dire : je n'ai pas la solution à moi tout seul. Ben oui.. L'homme providentiel - ou la femme -  n'exsite pas, qu'il s'appelle Sarko, Ségolène ... ou X. 

S'il y des gogos qui ont y ont cru en 2007 et qui ont voté massivement pour le petit homme qui allait tout bouleversifier et on allait voir ce qu'on allait voir... Il a juste bouleversé son couple et étalé sa vie privée au grand jour. Aux dernières nouvelles, il aurait enfin consenti à laisser sa Rolex en or au vestiaire... Donc, ne désespérons pas de cet homme-là. Un mec capable de gestes aussi définitifs et essentiels devrait pouvoir à termes sauver la France ... et l'Europe avec,  tant qu'à faire. 

Euh ... pour la Rolex..vous êtes sûr...et il a quoi comme montre, maintenant. NON ? une Swatch ??? Vous êtes sûr ?

Mais alors, ça change tout. 

jeudi 3 avril 2008

Vive la Vélorution !


Ce jeudi 3 avril, une "vélorution" toute pacifique, sans gaz lacrymogène ni barricades. 
On s'est tout simplement retrouvés à une petite cinquantaine sur la place Jean Jaurès. Et on a roulé en ville en scandant des slogans à coups de sonnettes de vélo : " On n'a pas d'essence mais on avance" ou bien  " La ville sans moteur  c'est que du bonheur. "
La différence que j'ai trouvée, par  rapport aux manifs que je fais d'habitude, c'est que, là, les gens vous sourient et même vous applaudissent - si si - quand vous passez devant eux. 
On a fini par une partie de saucisson-fromage -bière et rouge dans le quartier de Beaubrun. 
Certes, on était peu nombreux : mais je pronostique qu'on sera bien plus pour la prochaine " vélorution" le 1er mai. Plusieurs centaines, sûrement. 
Ce qu'on veut, au fait : tous simplement que la place du vélo comme véritable moyen de transport alternatif, et surtout non polluant, soit pris en compte dans la ville et dans ses aménagements. Que cette façon de se déplacer soit enfin prise au sérieux par les pouvoirs publics. 
Dit comme ça, ça paraît ou très naïf ou très utopique... Sauf que ça peut changer. .. la ville ..et la vie, pour pas mal de gens. 
D'abord, ça leur fera économiser du carburant et au prix où il est... c'est pas du luxe ! 
Ensuite, on respire bien mieux et c'est très bon pour le coeur, le vélo... surtout sans EPO ! 
Enfin, quand on est cycliste , on est bien moins stressé de la vie. 
Et ça, ça n'a pas de prix . 

samedi 29 mars 2008

Le printemps... enfin ? !? !


Ce samedi 29 mars : enfin le printemps. 

A quoi ça se voit ? Au chant des petits zoziaux qu'on entend et qu'on voit pas. A la douceur du fond de l'air. Nuance : c'est pas l'air qu'est tiède ; c'est plus subtil que ça, en fait ; c'est le fond qu'est pas le même. De toute façon, ça se décrit pas, ce genre de truc, ça se sent. Et on l'a bien senti dès ce matin, donc. 

Je sors tout doucement de cette p... de hernie discale : une belle saloperie - plaisant oxymore - ce genre de plaisanterie. Comme si ça suffisait pas d'avoir un corps, avec toutes les contraintes que cela impose ; mais , en plus, il faut qu'on se tape tout un tas de traumatismes, infections, allergies, maladies, etc... qui vont même jusqu'à nous rendre la vie ... à peine vivable, des fois. 
J'ai encore de petites tiraillements dans toute la guibole droite, de temps à  autre, histoire que... mais rien à voir avec le cauchemar de fin-février début mars. 

Encore aussi de petits tiraillements ici et là, quoi qu'on dise, du côté du mental, rapport à la grosse baffe qu'on s'est prise via les urnes. Là, ça risque d'être un peu plus long pour s'habituer ! D'autant que la nouvelle équipe en place ne ressemble pas tout à fait à la dream team... Encore un euphémisme. 

Putain ! me dit mon pote, ce que tu peux être mauvais perdant et de mauvaise foi. Laisse-les faire leurs preuves, ils viennent juste d'arriver. Effectivement... Merde ! Ok, j'ai rien dit, j'ai rien dit. Il a peut-être pas tort, mon pote. On se calme et on dit pus rien de caustique ou  de méchant. Gentil gentil :  On respecte la démocratie. Les Stéphanois ont voté. C'est leur choix. ET bla bla bla ... Youkaïdi youkaïda !!! 

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possible. Le printemps est là. 

Merci Voltaire. 

Merci la nature. 

lundi 24 mars 2008

JO et Peuple chinois



Je vais essayer de nuancer mes propos de ce matin. Je vais essayer...

Un peu emporté - c'est un  de mes défauts majeurs, vous aurez remarqué, perspicaces comme vous l'êtes , eh eh - j'avais titré : " Le sport ou les droits de l'homme". Plus loin, je parle de " sport ET des droits de l'homme."

Je précise et rectifie, donc : en ce qui concerne les JO, le boycott pur et simple serait une erreur, à mon sens. Mais la menace du boycott est une piste intéressante. Subtil mais je m'explique. 

Ne pas confondre, pour un pays, la position de ses dirigeants et l'opinion du peuple lui-même. Imaginez qu'en mars 2008, les autres pays jugent la France sur les attitudes et les déclarations de notre " cher et plébiscité " - tout de même 53 % de votants il n'y a pas si longtemps + une majorité confortable à l'Assemblée Nationale pour appliquer son programme - imaginez donc que tous ces pays all around the world se disent : tiens... les Français sont devenus bizarres... Ils ne sont plus laïques, ils vont même faire allégeance au Pape à Rome - et quel pape - et ils ont tout de même un drôle de président. Ce en quoi ils auraient raison, non ? 

Donc, pour la Chine, puisque c'est le sujet, faut-il boycotter ? Pour ma part, je pense qu'il serait cruel de priver l'ensemble du peuple chinois - et ça fait du monde ! - de l'ouverture au monde et de tout ce que ça représente pour ce peuple. On leur a donné les JO - et à l'époque il y a eu peu de contestation  là-dessus, à part quelques voix ici ou là. Et, au moment où ils ont bossé "comme des malades" pendant toutes ces années de préparation - et préparer les JO , c'est un sacré challenge pour TOUT un pays - au tout dernier moment , donc, on leur retirerait cette chance et cet honneur au prétexte qu'ils répriment le Tibet. 

Qu'on se comprenne bien : il ne s'agit pas d'absoudre la politique officielle des dirigeants chinois à l'égard du Tibet, ou de la Mongolie où il se passe des choses terribles par rapport à ce grand peuple qui était nomade et qu'ils tentent de sédentariser par des méthodes " très contestables " et en tout cas peu conformes au droit de ces peuples à se déterminer par eux-mêmes. Il s'agit juste de mettre la pression pour qu'ils laissent l'information circuler librement, qu'ils  foutent la paix, enfin, aux Tibétains , aux Mongols, etc... Bref, laissons leur le temps de devenir un vrai pays démocratique, en leur fixant des délais, des passages obligés, etc... Rappelons-nous ce qu'était ce pays il y a peu et ce qu'il est devenu. Considérons alors les JO non comme une finalité mais comme un moyen pour ce pays de s'ouvrir au monde... et à la démocratie. 

C'est sûrement plus complexe , moins aisé que de brandir directement le boycott. Certes. Mais rappelons-nous, modestement, que la Démocratie est un long et périlleux chemin. Rappelons notre époque coloniale et notre politique africaine. Avons-nous, nous-mêmes, toujours été respectueux des droits de l'homme dans tous les pays d'Afrique ? 

Avant de donner des leçons de droits de l'homme aux autres, commençons à balayer sur notre " pas trop propre " paillasson et devant notre "propre" palier... 

Et, là, il y a encore à faire , non ? 

Sport et droits de l'homme


" Le sport ou les droits de l'homme " : tel pourrait être le slogan pour les JO de Pékin. 

Foin de l'hypocrisie : pour le Tibet, tout le monde savait. Depuis le temps que ça dure et que le Dalaï-Lama est en exil ! Mais, comme d'habitude, on fait comme si...

Tout le monde sait bien que la Chine n'est pas spécialement le pays des droits d e l'homme...et pas seulement à l'encontre du Tibet. Les événements de la place Tien-Amen et la répresssion féroce contre les étudiants est encore, je l'espère, dans toutes les mémoires. 

La Chine est tout sauf un pays démocratique. On le sait depuis longtemps, ça aussi. Mais bon, les intérêts économiques, et financiers, passent, une fois de plus, avant tout le reste. 

Alors, parler d'éthique et de droits de l'homme : pourquoi pas ? Alors, autant avouer qu'on est en pleine hypocrisie et que, lors des JO, ce sera la" trêve"- les guillemets sont ici très importants : tout le monde fera semblant d'être ami ou frère avec tout le monde. Et, une fois la flamme éteinte à Pékin, la répression et les arrestations reprendront de plus belle. Un représentant officiel- Jacques Rogue, le président du Comité Olympique International lui-même - parle tranquillement et sans tiquer  de " diplomatie silencieuse " par rapport aux événements Chine-Tibet. L'enfoiré ! Il faut oser, tout de même. Est-ce que les arrestations et la répression sont silencieuses, elles ? Si on allait demander aux réprimés s'ils souffrent " silencieusement ", eux ? Sûrement, d'ailleurs, puisqu'ils n'ont même pas le droit de s'exprimer sur le sort qu'on leur fait subir. 

Autre exemple : aujourd'hui, à Olympie, pour le départ de la fameuse flamme olympique, qui est censée, à travers tout son parcours représenter l'entente entre les peuples qui vont se retrouver dans une confrontation sportive et pacifique, donc à Olympie, ce jour-même, il y a plus de policiers, en uniforme et en civil, Chinois entre autres, que d'habitants d'Olympie ! Tous les gens sont fouillés systématiquement. D'après une journaliste de France-Info sur place : " Il n'y a pas de place pour la fête. "  Vive le sport et l'amitié internationale. Interdiction de déployer la moindre banderole, de crier n'importe quel slogan, flicage de tous les journalistes présents, etc.. Encore, donc, s'il fallait une preuve supplémentaire : VIVE LE SPORT ET LES DROITS DE L'HOMME 

Question : faut-il faire une rencontre sportive ou culturelle mondiale dans des pays non-démocratiques ? La question mérite d'être posée. Pourquoi pas ...ça ferait peut-être réfléchir plus d'un dictateur ou pseudo-démocrate. Et ça ferait par conséquence directe, avancer les droits de l'homme.  Et, pour le coup, le sport serait bien cette fête de la fraternité entre les peuples, des peuples libres égaux en droits. 

Si on essayait ? 

dimanche 23 mars 2008

ma pâque à moi


En hébreu, "Pâque" signifie " passer outre". On y retrouve aussi l'idée d'épargner, de préserver. Il y est donc question du peuple de Dieu, élu par celui-ci, et qui, délivré, sortit d'Egypte. Il rappelle aussi cette terrible nuit où furent uniquement protégés ceux dont la porte était couverte du sang d'un agneau immolé. 

Si je peux oser un tel parallèle, je pensai penser outre, en allant sur un territoire peu connu de moi-même, la politique. J'y laissai quelques plumes, bien évidemment. Pensant m'y délivrer, en fait je m'y enfermai ; sciemment et aveuglément, je dois le confesser. 

J'y fis le sacrifice entier et total de mon image et de deux mois de ma vie. Avec, il est vrai, beaucoup trop de candeur et d'innocence. Est-cela qui m'a préservé, après tout : le don de moi-même sans aucun calcul ; cette fragilité, derrière une force apparente, que j'ai toujours eue en moi, parce que j'aime l'homme et que je le respecte?  S'il est respectable.

Va savoir... Et qui le sait vraiment ? Qui le saura un jour ? Et faut-il vraiment tout savoir et tout comprendre ? Il y a encore tant de grands mystères, dans nos vies et dans nos fins prévisibles. 

De la politique à la philo...cela veut dire à l'évidence que je vais mieux. 

Nous sommes donc allés, hier soir,  écouter du jazz - du vrai, du grand, du bon - en la bonne ville de Montbrison. Deux trios remarquables - piano + contrebasse+ batterie : de vrais artistes totalement habités par leur art et qui donnent tout au public, sans tricher jamais. Un vrai grand moment de beauté et d'émotion. 

Il n'y a bien que l'art, et la musique, pour exprimer tant sans dire un seul mot. C'était déjà vrai dans les grottes de Lascaux. Et ça l'est encore aujourd'hui, en 2008. 

Merci à l'art et à la musique : ils m'ont, en quelque sorte, réconcilié avec l'humain. J'en dirai moins de la politique. Hélas. Pour elle et pour ceux qui la pratiquent : ce n'est encore pas tout à fait un art...Tout au moins, pas joué comme ce que j'ai vu pendant ces deux mois initiatiques et fort instructifs, à plus d'un titre. Jaurès, il est vrai, c'était autre chose. Il n'y a pas un Jaurès tous les jours. Surtout comme en ce moment. Par ces temps qui courent, étranges et troubles. Et qui courent d'une drôle de façon, en zigzagant dans d'étranges paysages de faux-semblants, de mensonges déguisés en vérités ; à moins que ce ne soit l'inverse ; de vessies prises pour des lanternes ; et de gens ternes confondus avec des lumières. 

 Ah bon...vous aviez remarqué ...

Comprenne qui voudra.