Et voilà : on est samedi et encore une semaine de passée.
Ce matin je vais aller "tracter" sur le marché de la place Albert Thomas. Ce mot " tracter", il dit bien ce qu'il veut dire. A la fois distribuer des tracts, sans oublier d'établir le contact avec les gens de la rue à qui on donne le tract. J'aime bien ces moments-là : contact direct avec des inconnu-e-s qui sont des Stéphanois-es comme ma pomme - du Pilat, bien sûr-, échanges sur le trottoir. Des fois on se fait envoyer sur les roses, surtout du côté des Socialos - ce qui est somme toute normal... Des fois, on a des sourires entendus. Rarement des agressions ou des insultes. Des refus polis et nets, également.
"Tracter" ça veut dire aussi tirer. Donc, à notre façon, on tire notre charrette électorale, avec notre candidat dedans. Mais ce n'est pas trop lourd ni éreintant. Car le Michel, notre maillot jaune, il fait pas comme les rois fainéants : il galope à côté de la charrette et il aide même à la pousser dans les côtes. Et, dans la ville des 7 collines, c'est pas les grimpettes qui manquent.
En géographie et en politique. Et cette côte-ci, c'est même un sacré col avec plein d'épingles à cheveux. Banderole et arrivée au sommet le 9 mars. Puis, si ça veut bien le faire, nouveau sprint jusqu'au final du 16 mars.
Le Tour de France, à côté de la randonnée électorale stéphanoise, c'est une petite balade, presque.
Donc, on tracte tous ensemble. Le tout est de trouver sa vitesse de croisière. J'ai amélioré mon blog en l'agrémentant d'une galerie photo. Je compte y mettre des photos de cette ville, Saint-Etienne, qui m'est plus chère... que le mont Palatin. Photos prises au cours de mes années de pérégrinations urbaines. J'ai, depuis des années, pris le parti suivant : je suis un touriste lambda, je me balade dans une ville que je ne connais pas et je photographie ce qui me plaît ou me déplaît, me surprend ou me choque, sans a priori.
Je dois vous faire un aveu : cette ville a des coins cachés, des trésors de paysage insoupçonnés, des arrière-cours étonnantes, des immeubles superbes, des points de vue épatants, des éclairages bouleversants et changeants selon les saisons. Elle est tout sauf banale. Tout sauf laide et triste. Ce n'est pas Paris, Nice ou Bordeaux, on le sait bien. Elle n'est pas née avec une cuillère d'argent dans la bouche. Elle est pudique, modeste et fort discrète. Elle ne se donne pas au premier venu. Ses beautés, il faut aller les chercher, jour après jour, avec humilité et patience. Elle a des couchers de soleil incomparables, des aubes prometteuses, des après-midis printanières radieuses. Ce n'est pas une courtisane. Elle est juste fille de joies simples. Simples comme ses habitants, qui vous parlent dans la rue sans vous avoir jamais vu auparavant et qui engagent la conversation comme si vous étiez de la famille et que vous les aviez quittés la veille !
C'est une ville qui ne se donne pas facilement mais qui offre sans calcul, sans faire de manières. Elle sait rester naturelle, blottie dans ses collines, emmitouflée dans ses forêts. Elle se regarde de temps à autre dans le miroir de son fleuve Loire, mais discrètement, sans chichis. Juste pour s'assurer qu'elle peut encore plaire malgré tout ce qu'elle a subi. Les épreuves lui ont fait un beau visage avec quelques rides, ici ou là, juste émouvantes.
Je suis bien de cette ville. Je m'y promène encore, souvent. C'est un peu pour ça aussi que je m'engage comme je le fais en ce moment. A ma façon, selon mon style. En essayant de rester simple et accessible, ouvert aux autres, respectueux de leur différence.
Je suis à l'image de cette ville. Ou j'essaie de l'être.

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