Attachez vos ceintures : on va tâcher moyen de décoller un peu dans le débat électoral.
On va partir du ras du caniveau et de ses déjections canines - les merdes de chien ousque tu colles ton pied et que ça pue et que ça fait chier et que ta godasse elle pue la merde de chien ka chié là putain de clebs et connard de maître du chien qui l'a laissé faire mine de pas s'en apercevoir foutu hypocrite - pour grimper jusqu'aux caméras de vidéo-surveillance. Et on, finira par le "désenchantement démocratique" et, tant qu'à faire, comment y remédier.
Pas possible de faire tout ça dans un blog et en quelques phrases ? Chiche capon !
Les crottes de chien d'abord : tout le monde est d'accord pour dire que c'est intolérable...mais combien pour gérer le problème, c'est à dire tout prosaïquement prendre en charge les crottes de leur toutou adoré, s'il chie en plein milieu du trottoir, et, avec un outil approprié, évacuer lesdites crottes dans un égout ou une poubelle ?
On parle de crottes... mais c'est tout à fait exemplaire de la démocratie et de la vie citoyenne aujourd'hui : on veut bien donner des leçons aux autres - le fameux binôme "faut qu'on y a qu'à" - mais s'appliquer à soi-même - et à son klebs - les règles du vivre ensemble... ben, c'est assez ...emmerdant ! Aussi bien pour les crottes que pour les papiers, la propreté et tout le reste, comme garer sa bagnole n'importe où, sur un trottoir par exemple - où que ça emmerde tout le monde y compris les vieux, les handicapés ou les mamans avec des poussettes obligés de passer sur la chaussée à leurs risques et périls et là ça craint - au lieu de la garer leur p...de caisse dans un parking de délestage ou dans un parking silo du centre et circuler ensuite peinard et relax en tram ou en bus, etc...etc....et surtout sans polluer l'air et la vie des autres.
Les caméras ensuite : on entend hurler contre les caméras ; certains vont même jusqu'à parler de " Big Brother " ; d'autres, y compris dans des tracts ou dans leurs "programmes" ne sont pas tout à fait contre la vidéo-surveillance mais " à la condition que cela soit confié à des profession nels". Waf waf er rewaf !!!Comme si ça n'était pas déjà le cas : car tout est contrôlé, réglementé, et par la police et par la justice ; et ça ne rigole pas avec ça. Même la CNIL - Commission Nationale Informatique et Liberté - est là pour tout vérifier et elle ne fait de cadeaux à personne, de droite ou de gauche. C'est son boulot de faire ça.
Et les bandes vidéo, au bout d'un certain temps, elles sont effacées. Et même que ces "putains de caméras " elles ont tout de même permis d'élucider des affaires pas claires, d'épingler des mecs encore moins clairs. Car, en fait si tu te balades peinard tranquillos en ville, t'en as rien à foutre qu'il y ait des caméras ou pas. Où est le problème ? De toutes les façons, t'es aussi filmé dans les magasins, les centres commerciaux et dans pas mal d'endroits. Par contre, si t'es du genre à agresser, à faire un peu de cambriole, à casser des bagnoles ou à dealer des produits qui sont pas dans le Vidal, alors là c'est sûr que t'aimes pas bien qu'on filme ta petite tronche ou la plaque d'immatriculation de ta caisse. Mais bon...
En fait, c'est l'hypocrisie totale : on veut bien la paix, pouvoir se balader tranquillou en ville, et idem pour ses enfants, mais "faut pas trop de flics qui fliquent ou de vigiles vigilants et encore moins de caméras qui filment les connards qui déconnent". Mais bon, c'est vrai que si, par contre, c'est toi ou ta meuf ou tes gamins qui sont agressés...tu te sens illico un peu plus concerné et tu t'insurges alors soudain : "mais bordel où elles étaient les caméras pour les coincer ces enfoirés de salauds de...et ils étaient où les flics ? C'est quoi cette ville où t'es pas en sécurité ? " Re-hypocrisie, donc.
Après ces deux considérations que je trouve assez emblématiques, n'est-ce pas, on en arrive insensiblement au troisième point : le fameux " désenchantement démocratique". Avec un gros bémol à la clé. Car il faut bien distinguer le local du national, ici à Sainté comme dans les bleds les plus reculés de Haute-Bigue ou d'ailleurs. Surtout en ce moment d'ailleurs, z'avez remarqué eh eh....
Et, à l'évidence, les Français se passionnent pour ces élections municipales : ils ne se sont jamais autant inscrits et investis sur des listes que pour ces élections-ci. Preuve s'il en est que tout n'est pas encore foutu au pays des Lumières pas toujours bien éclairantes et des droits de l'homme qui sont pas toujours bien rectilignes, d'ailleurs non plus. Mais baste. C'est un autre débat.
Le "désenchantement démocratique" - faible mot pour ce que ce qui se passe et pour ce que les citoyens français éprouvent en ce moment - ne concernerait donc que le plus haut niveau de l'Etat ??? Je pose la question. Préoccupant, certes - pour qui, d'ailleurs, on se demande...mais pour qui ????
Car en bas, dans les communes, chez les Français ordinaires comme vous et moi, les citoyens lambda se sentent encore concernés. Parce que ça touche leur quotidien, leur vie de tous les jours et celle de leurs enfants. Et qu'ils sentent bien qu'à ce niveau là on peut encore faire bouger, changer et faire évoluer des choses. Un tant soit peu.
Voir la photo toute banale que j'ai mise en haut pour ce jour : c'est juste un élu de terrain qui discute avec des habitants d'un quartier, qui est venu les voir, comme il le fait régulièrement, qui écoute, qui prend des notes. Et qui reviendra dans quelques mois rencontrer de nouveau les habitants de ce même quartier. Qui le louperont pas s'il a pas fait ce qu'il avait promis. Là, c'est difficile de tricher. Et y a pas de caméras ni de journalistes pour faire monter la mayonnaise ou faire la une du JT. Tu te fais plutôt "GT" si t'as faux ou si t'a raconté des craques - boum hue !!!
Le " désenchantement démocratique " s'adresse donc à une certaine forme hyper médiatisée de la politique ; une forme très très très très loin des préoccupations de nos concitoyens. On peut tout à fait comprendre leur désenchantement pour ce niveau altissime-là... trois points de suspension...
Restons donc à notre modeste et véritable niveau, sur le terrain de nos concitoyens.
Ce qui n'empêche pas d'avoir des idées, des débats de haut vol, des ambitions voire de grands projets avec elles et eux. Mais pour /elles eux et avec elles/eux. De toutes les façons, la démocratie sans les citoyens, ça ne dure jamais bien longtemps. Le vote-sanction, ça s'appelle, au bout. Payé cash. Finie la partie de cache-cache.
Et c'est sans appel. Comme les feuilles mortes...

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