L'ami Phil - vous savez le dossard N° 59 sur la liste- est décidément irremplaçable et précieux.
Il vient tout juste de me gratifier par mail d'une superbe métaphore que je ne résiste pas au plaisir de vous restituer ici-même.
Je lui parlais de cette histoire stéphanoise et de cette ville qui, au cours des siècles, s'est fondée-forgée une très forte identité.
Brève rappel historique : à partir d'une petite communauté monastique installée bien avant l'an mille sur les bords du Furan autour de la vallée de Valbenoîte, la ville est devenue à la fin du XIXe siècle la " Birmingham" française grâce à l'acier et au charbon. Et le ruban faisait ronronner ses hauts métier Jacquard jusque dans la campagne alentour. La main d'oeuvre venait en masses depuis la Haute-Loire rurale toute proche. Puis ce fut le tour de l'Europe de déverser son flot de travailleurs : Italiens, Espagnols, Portugais. Puis de l'Afrique du Nord : Algériens, Marocains et Tunisiens.
Les racines industrielles pollinisées par les apports extérieurs. Belle image.
Puis, comme toute plante qui vit, croît et meurt, faute de ressources dans le sol qui l'a vu grandir, les racines se sont étiolées et asséchées. Il a fallu donc trouver de nouveau un sol, un terrain fertile. Ce fut alors aux industriels, aux créatifs, aux économistes et surtout aux politiques locaux - qui fédèrent le tout - de trouver d'urgence de nouvelles friches - au sens propre et au sens figuré - pour que tout repousse et pour que la vie, et l'espoir, renaissent.
Ce ne fut pas là un des moindres mérites de Michel Thiollière. Oh pas tout seul. On ne fait pas grande chose seul, même si on a une volonté farouche et une vision d'avenir innovante. Cet homme-là a su très vite comp rendre ce qui se jouait sur son territoire et élargir sa vision à la métropole.
Et c'est bien ce qui s 'est produit. Il n'y aucun miracle là derrière. Aucun tour de magie. Rien ne se fait et ne s'est fait par hasard.
Alors, j'enrage aujourd'hui quand j'en entends certains, ici ou ou là - ils se reconnaîtront, beausseigne ..- balancer de vagues et très généreux discours réactionnaires sur la perte de nos racines, sur le soi-disant abandon de nos quartiers, sur la " destruction" de notre patrimoine ...
C'est ce que redit l'ami Phil, encore : "il va nous falloir, tous ensemble, accompagnés de vraies valeurs humanistes comme l'é quité, le partage et la solidarité, il va nous falloir donc trouver cet indispensable équilibre : à la fois nourrir de nouvelles racines et permettre l'arrivée de nouveaux pollens". Sans jamais "enfermer ou forclore les racines ni s'ouvrir n'importe comment à tous les pollens de la Terre".
Sacré défi. Vrai et seul beau grand projet politique qui ouvre portes et fenêtres et nous découvre enfin un horizon superbe, bien au-delà du petit pré-carré de nos 7 collines. Certes merveilleuses, mais bien petites pour nous et nos enfants, pour ce nouveau siècle.
Je ne peux manquer au pl aisir de le citer encore : " Au détour de l'avenir économique de notre ville de Saint-Etienne, il y a la compréhension d'une république nouvelle, au potentiel radicalement exemplaire. Les villes qui trouveront cet équilibre entre racines et pollinisation, surtout en réussissant leur reconversion industrielle, ces villes-là régénéreront le sens de la République au niveau national."
On peut pas dire mieux.

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