Trois réunions publiques trois jours de suite : maire sortant, c'est du sport !
Rochetaillée le lundi, Bel Air le mardi et Montreynaud hier soir. Faut avoir la santé pour faire ce genre de job !
J'ai donc revu quelques "anciens " du temps où j'ai enseigné dans ce quartier de 1980 à 1990. Dire que ça a changé est un euphémisme. Ici comme à Montchovet, on a fait appel au bulldozer pour, comme on dit dans le jargon, " dédensifier " l'habitat.
Et dire que le quartier Saint-Saens, à mi colline, dessiné et conçu par Chemetov et Steinbach - de sacrées pointures tout de même- fut dans les années 80 un des emblèmes de la modernité et de ce qui se faisait de mieux, au niveau mondial, en matière de conception urbaine. Les plans et la maquette ont sûrement dû faire le tour des écoles d'archi de toute la planète !
20 ans plus tard, on rectifie, on démolit ici ou là. Bref, on déchante : l'enchantement de départ est assez loin. L'urbanisme n'est pas tout à fait une science exacte...
Montreynaud : un quartier de 9000 habitants... une petite ville, donc. Une ZFU créée - Zone Franche Urbaine - avec environ un millier d'emplois ; un centre commercial à recréer : là aussi, l'ancien, créé de toutes pièces, au Forum, n'a jamais pu véritablement remplir sa fonction malgré son pompeux nom latin évocateur ou qui aurait dû évoquer. On ne décrète pas le forum comme cela, surtout au XXe siècle après JC, ...et on ne peut imposer la mixité sociale par décret-loi.
Montreynaud est donc en train de changer. Bien sûr, ça prend du temps, c'est long et ça coûte cher. Les impatiences voire le découragement pour certains se font jour. Mais ça avance. Ici comme partout ailleurs dans toute cette ville, les chantiers sont en cours. Quand je vous donne rendez-vous en 2015-2020, ce n'est pas une boutade ou un effet de style : c'est à cette échéance là qu'on verra enfin une nouveau territoire urbain qui n'aura rien à voir à l'ancien.
Ce ne sont pas de vagues promesses électorales, comme on peut en entendre ici ou là. Personne ne promet plus la lune. Car l'urgence est là. Avec de l'humain et de la souffrance derrière. On a pu le mesurer hier soir avec certains des jeunes de ces quartiers, toujours à fleur de peau et qui n'ont pas encore tout compris. Pour eux aussi, ça va changer. A commencer par leur état d'esprit. Mais tout de même, avec ceux qu'on a rencontrés, qui en veulent ou qui s'en sont déjà sortis, il y a de quoi ne pas désespérer... Pour l'optimisme, on attendra encore un peu : c'est dur pour tout le monde, par les temps qui courent et qui galopent. Et la machine à éjecter n'a jamais été aussi redoutable qu'en cette époque de concurrence féroce et de mondialisation.
C'est là que le politique peut, encore, intervenir, en mettant de l'huile dans les rouages administratifs et les démarches, en organisant des solidarités, des aides, des incitations surtout, des formations, des accompagnements. Surtout pas de l'assistanat : c'est de coaching social et humain dont ont besoin ces quartiers. De mesures directes pour l'emploi. Et d'un discours franc et honnête, direct et simple, sans langue de bois ou d'un autre métal. Surtout pas de bonnes paroles lénifiantes ou de commisération. Question de dignité. Il faut des gens debout. Des deux côtés, d'ailleurs.
Et du respect, des tonnes de respect. On l'a bien senti hier tout au long de la journée. Respect pour la religion de l'autre, respect pour ses différences, dans un cadre républicain et national bien évidemment. La France, ça ne doit pas devenir de la macédoine de légumes !
Respect encore et toujours. Ecoute aussi. Prendre des engagements et les tenir. Pour revenir, comme hier, sur le terrain, la tête haute. Et avec simplicité et modestie, please.
Pas d'autosatisfaction ni de fanfaronnades : un maire + une équipe qui a fait son boulot pendant 7 ans et qui revient sur place pour un bilan, avant de repartir peut-être pour un nouveau deal.
J'ai donc vu tout cela hier à Montreynaud. Sans oeillères - c'est pas mon genre - sans voiles pudiques ou autres - je suis laïque - et sans concession aucune - ces quartiers, je connais un peu et j'y ai donné...de mon temps et de ma personne. De plus, circonstances aggravantes pour moi, j'ai bien aimé ça ! Je ne suis pas le seul dans ce cas, d'ailleurs. Je vais pas me mettre à entonner le " c'est nous les meilleurs et on va gagner ". Encore moins mon style.
Je suis donc reparti plutôt rassuré et confiant. Est-ce que ça suffira pour gagner ces élections ?C'est AUSSI un des enjeux de cette bataille électorale. Qui est bien un combat au sens noble du terme - pas une bataille de chiffonniers comme certains voudraient nous y entraîner.
Il y a dans tous les cas la satisfaction de faire partie d'une équipe qui tient la route, qui a dit ce qu'elle allait faire et qui a fait ce qu'elle a dit dans le mandat qui s'achève. Déjà pas si mal. . Je m'étais renseigné un tant soit peu avant, tout de même...
Tout le reste - attaques, promesses, polémiques - n'est que de l'écume sur la crête des vagues.
La politique, ça n'est pas forcément à Neuilly city qu'elle prend ses lettres de noblesse. Que les citoyens regardent ailleurs. Ici, par exemple. On est à leur disposition pour leur expliquer, à J - 25. Et demain et après-demain.
Et après après...si ça veut l'faire.

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