samedi 9 février 2008

ma charte à moi J-30

Nous avons tous, en tant que co-listiers, signé une charte d'engagement qui précise le sens et le rôle de notre engagement, au service de nos concitoyens. 
Nous l'avons tous signée. 
Si nous sommes élus, ce que que je souhaite et espère - je ne suis pas venu sur cette liste pour faire de la simple figuration, ça vous l'avez compris - il va falloir se l'appliquer à nous-même, cette charte. 
Pour ma modeste part, je m'y efforcerai. Remarquez, ce genre d'engagement, dans mon boulot d'instit public puis de directeur d'école, c'est ce que j'ai toujours essayé de faire : rester fidèle à mes principes de base - respect des autres, écoute, laïcité, générosité nécessaire et fermeté quand il le faut, équité avec quelques pincées de fraternité. 
Tout ça je l'ai appris dans ces fameux quartiers sur lesquels se penchent encore et toujours la Politique de la Ville. Un nouveau nouveau nouveau plan est lancé officiellement par ce gouvernement-ci, comme ce fut la cas par tous les précédents. Qu'ils soient de droite ou de gauche, tous ont bien compris qu'une partie des enjeux de ce pays se jouait dans ces banlieues et quartiers en déshérence. 
S'il y a un endroit où les principes et les lois de la République - j'y mets toujours un grand R, un grand air d'espoir - c'est assurément dans ces territoires en priorité absolue. 

Mine de rien et mine de tout, c'est important, les principes. Que ce soit dans une charte qu'on signe ou qu'ils soient affichés en lettres gravées au fronton de nos mairies et de nos édifices publics. La Liberté, l'Egalité et la Fraternité, ça me va plutôt pas mal comme slogan et ligne de conduite dans la vie publique que je mène depuis...34 ans et dans, peut-être, la nouvelle vie publique qui va s'ouvrir à moi si mes concitoyens votants m'en jugent dignes et capables. 

Bien sûr, faut pas être naïf et pas rêver. Les grands principes sont une chose, la vie de tous les jours en est une autre. Et la vie politique en particulier. Mais je n'ai pas l'intention de changer. 

Je vais vous faire un aveu : je ne suis jamais aussi heureux que lorsque, comme hier après-midi, je me retrouve avec un tablier de cuisine autour du ventre au milieu de mes élèves, à faire la recette de la tarte aux pommes - texte qu'on avait étudié auparavant en leçon de grammaire ; ou lorsque je reçois ces parents angoissés et parfois désemparés, ça arrive n'est-ce pas, devant les comportements de leur progéniture, et qu'il faut recadrer, réinsérer dans le droit fil des apprentissages et de leur  vie d'élèves et d'enfants.

Dans ces moments-là j'ai vraiment l'impression de servir et de servir à quelque chose. Fasse qu'il en soit de même si je suis élu. Ce à quoi je m'efforcerai. Pour le meilleur, loin du pire. 

vendredi 8 février 2008

ah cette ville ma ville

Vous ai-je parlé de cette ville, Ma ville ?

Vous trouvez sans doute le possessif un peu excessif. Sans doute. 

Pourtant, c'est une ville que j'ai appris à aimer. J'en suis parti dans les années 90, pour le sud : Nice, Antibes, Isola 2000. Neige et soleil, la carte postale... le rêve. 

J'en suis revenu au bout de 3 ans, désillusionné sur le genre humain un peu...particulier qu'on peut rencontrer dans ces contrées où l'argent-roi règne en seigneur et où la plupart des rapports humains sont basés là-dessus. N'étant pas tout à fait  dans cette catégorie, je suis remonté illico avant d'y laisser ma pauvre petite âme d'humain simple, ordinaire et ma foi assez intègre. 

J'ai la faiblesse et peut-être la tare de privilégier les rapports humains francs et directs. Je suis comme ça, c'est mon éducation, chrétienne et laïque, démocrate et républicaine, humaniste et confiante. On s'refait pas. J'ai déjà mis assez de temps à me faire comme je suis...

Ma ville, donc. J'ai parcouru à pied, pendant des heures, tous ses sentiers. J'adore la course longue distance, en toutes saisons. Je ne dédaigne pas non plus  la mécanique à deux roues, en VTT ou sur route. Mes parcours préférés m'entraînent toujours sur les hauteurs des collines qui ne manquent pas ici ! Ils ont l'avantage d'élever à la fois mon corps et mon esprit, au-dessus des brumes de toutes sortes, dans un air plus pur, plus serein.

Mes escapades ont encore l'avantage de me donner des points de vue incomparables sur cette ville, étalée dans ses vallées. Tout devient alors plus limpide et si dérisoire. En, bas, ça bouge, ça s'agite, ça vit. En haut, tout est si apaisé, calme et tranquille. 

Il faut avoir une fois crapahuté dans les gorges de la Loire pour connaître la beauté à couper le souffle de la retenue de Grangent, des châteaux sur les crêtes, de la Loire qui s'alanguit en bas, de la vaste plaine qui s'étend jusqu'au fond de l'horizon. 

J'aime donc cette ville pour tous ces merveilleux paysages dont je ne me lasse pas et qui varient au fil des saisons. Toujours pareils mais jamais les mêmes. 

Et j'aime aussi cette ville parce qu'elle a terriblement souffert, quelle connaît le prix du travail, de l'effort, la valeur de la solidarité aussi. Cette ville qui, complètement à terre, sinistrée, blessée, mutilée, s'est lentement relevée. Pas toute seule ni par magie. Mais par l'effort de tous, du plus humble au plus haut placé. Et qui continue, quoi qu'il arrive. Et qui s'en sortira parce qu'y a pas raison pour que ça ne paie un jour tant, tant de ténacité, d'abnégation et de volonté. 

Une ville, c'est comme un individu. ça naît, ça vit, ça bouge, ça entteprend, ça espère, ça doute. Et ça peut souffrir, mourir parfois. C'est une homme d'individus. Et si, pris individuellement, justement, ils ont ces qualités -là, alors, tout ça rassemblé, canalisé, ça doit donner une sacrée énergie, un sacré élan. Et, c'est bien connu, la somme totale est toujours supérieure à la somme des individualités. 

Et cette ville, elle renaît enfin,  sait  qu'elle va renaître, revivre. Et, luxe suprême, devenir enfin belle, voire superbe. Il suffit d'y croire. 

J'y crois, moi. C'est plus qu'une foi : c'est un credo, quasi mystique. Je crois en cette ville pour nous et pour mes enfants. Elle le mérite. Et je ferai tout pour, sur une liste électorale ou ailleurs, pour qu'il en soit aussi. Sans rien lâcher sur l'essentiel. Car on ne transige pas sur les valeurs qui bâtissent, qui édifient ce monde et cette ville, ce monde de demain qui sera bien ce que nous voudrons en faire. Un peu grandiloquent et emphatique, certes, mais bon, why not ???

Voilà. C'est dit. Voilà ce qui me meut et m'émeut. Voilà ce qui me tient debout, me pousse et me motive. 

I love Sainté. That' all !!

jeudi 7 février 2008

Petite pause à J - 31

J'applique à la lettre mon principe : on est partis pour un marathon. Il faut donc en garder sous le pied. Après 2 réunions 2 jours de suite, qui, mine de rien, demandent beaucoup d'attention et de concentration. 
Plus un tractage sur le marché de Terrenoire - assorti d'un échange assez musclé, sur le trottoir, avec un co-listier de la liste Artigues mais bon c'est lui qui a un peu cherché en me balançant des contre-vérités toutes faites sur Montchovet : pas de bol pour lui, il est tombé sur un os en béton armé, le pôvre ; il pouvait pas savoir que j'y avais passé autant d'années et des dizaines de réunions sur l'urbanisme et l'aménagement de ce même quartier sous l'égide de l'ANRU. Sans compter toutes les réunions avec les habitants au Comité des 4 quartiers. Sans vouloir me vanter - et quand bien même - je connais un petit peu...
 
Il faut dire que si on me titille sur certains sujets un peu sensibles, je fais ni une ni deux, je démarre au quart de huitième de tour. Vroum vroum ! Et puis surtout, je ne supporte pas l'à-peu près, la mauvaise foi et les idées toutes faites balancées à la hâte sans avoir pris la peine d'aller vérifier sur place. Et franchement, ce mec, je l'ai jamais au petit jamais  vu dans le quartier dont au sujet qu'il cause. Et pour cause...

Je veux bien respecter l'adversaire et débattre sereinement - après tout c'est pas la guerre même si c'est une bonne bataille avec des enjeux tout de même de taille, faut pas l'oublier - mais à condition que le même adversaire joue le jeu et surtout pas en pipant les dés et le débat. 

Non mais des fois que...

Donc cool pour ce soir. Un temps pour l'action, un temps pour la réflexion. Poser, mettre à distance. Ne pas se lancer à corps et tête perdus dans la mêlée. 

Je  sens bien que les enjeux mis en jeu, justement, me dépassent et vont bien au-delà du simple fait d'être sur une liste. Le maire actuel joue gros : sa crédibilité sûrement, sa carrière qui sait, son image de maire dans tous les cas, son bilan à défendre indubitablament, la suite des projets qu'il a lancés et bien lancés. Derrière tout ça, il y a des investisseurs, des sommes énormes, des groupes de pression ou pas, des corporatismes aussi, des lobbies sûrement. Et tout ce que je ne sais pas, que je devine là, derrière et en dessous et sur les côtés. Un peu comme un énorme iceberg dont je ne verrais que la partie flottante. L'image est facile, j'en conviens, mais correspond assez bien à l'état des lieux. Vous me suivez ?...

Et puis il y a les co-listiers - mes 58 chères et chers co-listiers : tous unis, solidaires et sympas... pour le moment youkaïdi youkaïda. Je ne suis pas dupe : cette belle unanimité ne durera pas éternellement. Comme dans toute entreprise humaine, jalousie, rancoeur, frustration, peaux de bananes, petites vacheries entre ami-e-s et autres amabilités ne tarderont pas à poindre - si ce n'a pas déjà commencé, n'est ce pas... Mais bon, les fleurets sont encore mouchetés et les attaques pas trop frontales. Tout est si nouveau, un peu exaltant, tendu vers l'objectif de gagner et donc de mettre en sourdine ses ambition set son ego persos. N'anticipons pas trop : cela viendra bien en temps et heure. Pas d'illusion ni de naïveté. Classique. 

Profitons donc de cette brève accalmie salutaire. Demain, ça repart avec une réunion de préparation à une réunion publique. Puis samedi le point avec captain Mich' maillot jaune et tout son staff qui nous dira si on est toujours : dans le timing, dans les clous, au top, groupés et en peloton, en tête de la course et sur la crête de la vague, dans le move, dans le groove, si ça l'fait, si l'enfant se présente bien, si on est tous ok ; comment vont les autres, nos concurrents. Tout ça et le reste. Tout le reste. En filigrane. Et pic et pic et colégrane.

On aura notre feuille de route pour la semaine à venir. Quand je vous disais que je m'étais embringué dans un sacré machin...fouilla de nom de nom !!!

Mais serein je reste. Comme le grand maître confucéen - je suis qu'un petit disciple -  je ne suis pas... confus du tout. Je laisse toute l'agitation de la semaine se décanter, comme le verre de boue secoué. J'attends calmement : la boue se redépose au fond de mon esprit. L'eau de mes pensées redevient claire et limpide. Je suis apaisé. Zen. Cool cool cool. Lààààààà....

Et où y a du zen , y a du plaisir. C'est pas du Confucius. Mais ça fait du bien. 


La beauté, toujours toujours toujours

Hier soir, quatrième réunion de quartier. 

Et dans "mon"quartier, celui où j'ai enseigné de 1993 à 2007. Un sacré bail ! I did it. Parfois, je fus bon, si si...Parfois, je me détestais, eh oui. Pas évident toujours de "faire l'école" dans ces quartiers-là. 

Pas mal d'émotion, donc, pour mézigue : cette salle de la MJC avec son directeur, Michel, cet ami cultureux et aventureux venu de sa Savoie et qui a pris à bras le corps cette MJC et ce quartier, qui s'est colleté avec et en a fait, miracle de volonté et d'opiniâtreté, ce qu'elle est devenue aujourd'hui. Au fond, me disais-je in petto, on a pas mal de points communs tous les 2.

Et puis, dans la salle, un sacré clin d'oeil : Finn Geipel soi-même, c'est pas rien, l'architecte de la Cité du design et, à ses cotés, un des asssistants de Sir Norman Foster, l'immense architecte du superbe Zénith qu'ils sont en train de nous faire, un des plus beaux de France, sûrement. Excusez du peu ! Tout ça rien que pour Sainté. Ma ville. On croit rêver. 

Je me suis donc- un peu - lâché quelques petites minutes. Séquence émotion. 
C'est un syndrome bizarre, chez moi : je prépare tout plein de trucs et de notes, je réfléchis des heures pour dire quelque chose de fort, d'important - du moins, j'essaie - et puis, quand je chope le micro, je laisse parler mon coeur ...et ma tête aussi, heureusement. Mais le coeur, surtout. Je suis un latin passionné, on me changera pas. 

J'ai donc parlé...de la beauté. En général. Comme valeur. Morale. Comme Grand Projet pour cette ville. Et pourquoi pas ? Faire une ville belle, pour tous, sans distinction aucune d'origine sociale, raciale, ethnique.. pour moi c'est important. Et pour les gens aussi. Surtout quand on a connu ce quartier, cette ville, et comment c'était avant. Et ce que c'est devenu. Et ce que ça va devenir parce que, si on nous en donne les moyens, ça n'est pas fini, mes belous. 

Parce que la beauté, d'abord c'est beau, et ça c'est pas rien. On en a toutes et besoin, de la beauté. Et puis ça grandit les gens et ça fait grandir une ville. 

Et ça rend la vie autrement : on la respecte, la beauté. Et si c'est dans NOTRE ville, on en est fiers, forcément. Et ça donne une IDENTITE à sa ville. Sainté, pas que la ville du foot et de Geoffroy Guichard. Pas que le passé du charbon, de l'acier et du ruban. Même si c'était bien et que ça donnait du boulot à plein de gens. Sainté : demain,  aussi LA ville du Zénith, de la cité du Design , du FIl, du Musée d'art moderne, du Musée d'Art et d'Industrie, de la Comédie, de l'Opéra-Théâtre, etc...aïe, je vais en oublier et les pas nominés vont être fâchés...

Et ça donne aussi une ville ouverte : sur la région, sur l'Europe, sur le monde même. SAINTE LA VILLE VERTE OUVERTE. Beau slogan. Aller au-devant du Monde : beau projet, non ? 

Beauté du Zénith, de la Cité du Design, etc... : de grands paquebots terrestres, les ambassadeurs, les têtes de ponts, les motrices TGV- Très Grands Valorisateurs ? - de ce que nous voulons faire ici. Pas pour la frime ou pour la vitrine, comme certains disent ici ou là. Peut-être par jalousie : si c'était eux qui y avaient pensé et qui l'avaient fait...mais c'est pas eux. Naque  naque ! Alors, ils enragent un peu...pô bien, ça !

La beauté sauvera donc le monde. On le savait déjà. Elle sauvera Sainté avec. 





mercredi 6 février 2008

Il est 5 heures...je n'ai pas sommeil à J-32

Comme dans la chanson. 
Alors je me lève et je clavarde à tout va. 

J'aime bien et de plus en plus les petits matins comme ça. La ville s'éveille tout doucement. Tiens ...les gandous - je préfère à éboueurs - viennent de passer. Puis les lumières s'allument une à une dans les bureaux. Une pensée pour les humbles, les sans-grades qui viennent déjà bosser et qui nettoient le cadre pour les autres, les cadres, qui viendront plus tard, sur les coups de 8-9 h. Et qui trouveront tout normal que tout soit déjà nickel, juste pour eux..Ils le valent bien, pensent-ils sûrement.

Sur les coups de 7h, j'irai chercher les journaux et du pain frais. La Tribune pour renifler l'odeur de Saint-Etienne, le Monde pour l'odeur...du monde et le pain frais pour l'odeur du pain chaud. 

La réunion dans le quartier de la Métare hier soir s'est super bien passée. Normal : on sent que tout est bien organisé, rôdé. C'est une grosse machine qui marche nickel avec vidéoproj, tract ciblé par quartier, prises de parole bien orchestrée.  Le must de la Com', y a rien à dire..

Du côté des thèmes abordés et des questions, pas de surprise là non plus : les problèmes classiques de chez classique du quotidien : le tandem indémodable pro-pre-té-sécu-rité ploum ploum. On sent que c'est bien suivi, tout de même et que, quoi qu'en disent certains, les habitants sont écoutés et les dossiers traités et que RIEN n'est laissé au hasard. Et ça, je peux en témoigner perso. Croix de bois...etc.

Je suis juste un peu inquiet -mais c'est dans ma nature et je suis peut-être un foutu empêcheur de penser en rond et en ronron - qu'il y ait si peu de jeunes et très peu de citoyens concernés...de moins de 60 ans. Même si j'ai rien contre les quinqua-sexa-septua-octo- nona génaires. On va tous - enfin beaucoup, j'espère et je vous le souhaite - y arriver, fatalement, un jour. 

Alors soit les problèmes abordés n'intéressent pas les moins de 50, soit ils ont trop bossé et restent chez eux, soit ce qu'il y a à la télé est plus important qu'une élection, soit ils sont plus attirés  par les discours des autres candidats. Il paraît que cette ville serait plutôt à gauche - voir les élections présidentielles et législatives - mais voterait à droite au plan local - voir les cantonales et la municipale. 

Pour ma pomme pom pom - je suis d'humeur badine this morning, you see - je me sens plutôt toujours pas trop mal dans cette liste. Jusque là, ça va. Le sol est encore loin me direz-vous. 
Il est vrai que suis, même si les problèmes abordés sont réels, je suis dans du virtuel, du possible, du projet à venir. 

Si on est élus, il va falloir gérer pendant 6 années ce qu'on a proposé et le mettre en place et le faire tourner. Si les promesses n'engagent que ceux y croient, comme dirait l'autre, il va tout de même falloir en tenir un certain nombre, histoire d'être crédibles, bien sûr, et surtout de faire ce qu'on a dit. Ce pour quoi on a été élus. C'est cul FD. 

Comme je suis tout de même aussi un Numain, et qu'on approche des 6h45, je vais aller préparer le p'tit déj puis petite virée pain-journaux et c'est reparti pour un new oh happy day. Mais c'est happy wednesday vu que le mercredi y a pas l'école et que ça fait du bien de faire autre chose. Voir le slogan : TRAVAILLER MOINS POUR VIVRE MIEUX. Euh..c'est pas ça qu'il a dit le Président... Bon ben tant pis. 

Bonne journée à tous les travailleurs-yeuses, quand même. 

mardi 5 février 2008

Dites 33

Le compte à rebours est lancé ! 
Plus que 33 jours avant les résultats du 1er tour !

Et avec cette drôle d'impression : cette fois, je suis moi aussi et avec plein d'autres - tous les co-listiers- dans la fusée qui devrait décoller si tout va bien. 

D'ailleurs, au cas j'aurais pas capté, on m'a remis ce soir-même un badge sur lequel mon nom est marqué avec cette mention : co-listier. Je fais donc bien partie de l'aventure... et plutôt deux fois qu'une ! C'est comme pour un marathon. A partir du moment où t'as pris le départ et où tu t'es entraîné pour ça, tu n'a plus qu'un objectif : franchir pas trop minable la ligne d'arrivée. 

Je pense bien sûr à Philippe, un des concurrents co-listiers, justement, parti avec le dossard 59, et qui n'est donc pas spécialement éligible. Je l'aime bien d'abord parce qu'il est fan de course à pied longue distance, ensuite parce qu'il est angliciste - ce que je ne suis pas, ayant de grosses lacunes de ce côté-ci - et enfin parce que c'est le dernier de la liste et que j'ai toujours eu un faible pour ceux qui sont en queue et qui s'accrochent. Comme lui. Ce mec a du cran et de l'allure. Beaucoup d'allure. Et des couilles - a lot of bollocks ! Et ça, ça me plaît. 

Donc, je suis dans la fusée marquée d'un grand T. " C'est bien siglé sur mon badge très élégant, blanc sur fond bleu  :" Vivre mieux à Saint-Etienne avec Michel Thiollière". Même si ce n'est pas un slogan spécialement engagé, c'est un  euphémisme en matière de com, ça a le mérite d'être clair et ça ne mange pas de pain, comme dirait l'autre. Même complet. 

Je me prends pas pour autant la tronche avec tout ça. Une confidence : je peux bien vous la faire. Il est tard - 0h30 , donc on est déjà demain mercredi à J - 32, fichtre et parsembleu.
 
Ah oui, la confidence : malgré toute cette pression, que je sens bien évidemment très très forte vu l'enjeu qui n'est pas rien, je ne me suis JAMAIS senti aussi libre bien que parfaitement et totalement engagé dans ce qui est tout de même, à notre échelon local à nous, une sacrée bataille. 

Libre ? why, my dear ... Libre parce qu'étant au bout de mon parcours professionnel d'instit et de dirlo, c'est à dire au bas mot un quart de siècle dans les quartiers chauds et dans des écoles pas évidentes à gérer, j'ai l'impression d'avoir toujours fait mon boulot sans trop déroger à mes idéaux de base, républicains et laïcs, tout en m'efforçant au quotidien de respecter et les élèves qui m'étaient confiés et les populations que je côtoyais. Ouf ! J'ai essayé aussi, dans la mesure de mes petits moyens, de m'intéresser et de m'impliquer dans  la vie associative des quartiers où j'enseignais. Las but not least. 

Ben...ça fait une longue phrase tout ça, vous me direz...Mais bon, c'est dit et j'y reviendrai pas.

Et où ça va me mener tout ça ? Franchement, j'en sais trop rien. A la fois, je réfléchis beaucoup, j'écris et je pense beaucoup. A la fois, je suis dans l'action de tous les jours, dans ce foutu manège qui tourne très vite et qui s'appelle les élections municipales. Et j'ai un peu la tête qui tourne. Normal : je suis pas vraiment habitué et je suis qu'un petit Mickey franco-rital qu'a passé une partie de sa vie à donner leurs chances à des plus mal partis que lui dans la vie. 

Je dois pas peser bien lourd dans ledit manège. Calme toi, je me dis in petto. Fais gaffe aux bonnes paroles et aux compliments. Tout flatteur etc... Je connais mes fables. 

N'empêche : la politique, même municipale et même sur un strapontin potentiel, c'est un drôle de manège. Le tout, au bout , ce sera de chopper le pompon. A plus !!! 

Bonne nuit. 

lundi 4 février 2008

Calife à la place du calife ?

Tiens, je suis allé écouter Gilles Artigues : celui qui a fait tout à coup sécession et qui veut pour le coup devenir calife à la place du calife. 

Bon, après tout, c'est son droit le plus strict. On est en démocratie. Pour le moment. 

Je suis d'abord allé l'écouter par simple curiosité. Et pour une autre bonne raison : la réunion avait lieu dans les locaux de la MJC et dans MON ancien quartier. Je voulais ainsi signifier à ce cher Gilles que je marquais là un territoire que j'ai fréquenté pendant pas mal d'années. 

Il y avait en tout et pour tout...28 personnes dans la salle... ce qui fait fait peu, même pour un MODEM. Mais bon on va être gentil : c'était un lundi soir et le Stéphanois n'aime pas trop sortir en début de semaine. On va dire comme ça...

Le Gilles n'a rien dit qui casse 3 pattes à un canard, colvert, de Barbarie ou de Bayrourie, d'ailleurs.  Il ne pouvait  pas nier le fait que tout le quartier s'est profondément transformé. Il pouvait bien sûr chipoter ici ou là sur la démocratie plus ou moins participative, ou sur les nouvelles correspondances de bus de la STAS qui déroutent un peu les personnes âgées...
Mais, sur le fond, il n'a rien remis en cause qui le différencie de son ex-patron à la mairie. Soulignons au passage que Gilles A a voté allègrement toutes les délibérations et tous les budgets proposés sans jamais sourciller ou avoir un cas de conscience. 

Au passage, j'ai trouvé son équipe un peu légère. A part son directeur de campagne Denis C qui tient bien la route et son discours, les autres manquent d'épaisseur et de personnalité. Vous me direz, on fait avec ce qu'on a et ce qu'on trouve quand on glane un peu partout. Et des déçus n'ont jamais fait un programme. 

Bon, je suis un peu caustique, là, et un tantinet partisan ? Possible...

Mais tout ça me semble un peu limité et très stéphano-stéphanois. Pas mal démago et caressant bien l'électeur local dans le sens du poil.  Manque de souffle, d'ambition et de futur. Une gestion pépère, comme son chef de file, qui peut tenter tous les conservateurs, ceux qui regardent surtout leur petit pré carré et dans leur rétroviseur, avec plein de regrets et de nostalgie. 

Je vais pas en dire plus. Espérons que les électeurs soient un peu plus malins, beaucoup plus réalistes et surtout assez réfléchis pour faire enfin entrer leur ville dans le XXIe siècle. 




Nouvelle semaine

Un nouvelle semaine qui commence.
Avec deux réunions de quartier qui comptent beaucoup pour moi. Puisqu'elles se passent toutes les 2 , à la Métare et à Beaulieu, dans le secteur où j'ai bossé pendant 14 années. 
Je vous ai déjà un peu parlé de ces fameux quartiers sud-est avec les destins contraires de Beaulieu et de Montchovet. 

Beaulieu qui, 50 ans après, est toujours une référence en matière d'urbanisme HLM. Un urbanisme intelligent, bien conçu, à taille humaine et qui s'intègre parfaitement dans le paysage.
Et puis Montchovet, avec ses bâtiments trop grands, trop hauts. Et, pour arranger le tout, le boulevard périphérique qui coupe sans pitié ce quartier en deux . Un flot de voitures et de camions qui passe littéralement au pied des immeubles du côté de Pierre Loti. Pour le coup...les malheureux et modestes habitants du coin se sont retrouvés...très mal lottis !!! Pollution sonore, visuelle et atmosphérique en prime.

Les décideurs et aménageurs des années 70 ont vraiment fait n'importe quoi. Ce sont d'ailleurs les mêmes qui ont fait le parking des Ursules, une grosse verrue de béton rien que pour les bagnoles et en plein centre, au pied des superbes bâtiment des Beaux-Arts . Il fallait oser, alors. Mais ils l'ont fait, sans trop d'état d'âme. 

Pire : ils ont récidivé grave avec les tours de Centre Deux. Et, comme si ça ne suffisait pas, ils ont imaginé, dans leur tête étroite de technocrates genre Dr Follamour de l'urbanisme tout béton, ils ont donc imaginé un "Centre Trois" du côté de Bergson. Il fallait aussi oser. Ils l'ont fait idem sans barguigner, les visionnaires du bout de leur nez et de la pointe de leurs godasses.

Si je vous parle de tout ça, c'est juste pour que vous compreniez que, dans cette ville, comme dans pas mal de villes et de banlieues de ce beau pays, il va falloir rétablir des décennies de conneries à base de béton moche, de verticalité tranquillement imbécile et de relégation hors la cité dans des ghettos "modernes". 

Tout ça va bien sûr coûter des milliards- et c'est des euros et ça fait beaucoup de sous ! La Politique de la Ville s'en occupe depuis 2000. Il y a eu déjà pas mal de boulot de fait, comme à Montreynaud ou à Montchovet. Il reste encore pas mal à faire. Et on va y arriver, toujours trop lentement aux yeux des habitants. Mais promis juré on refera pas les conneries du passé : voir par exemple ce qui est en train de se faire sur la Marandinière. 

Pour le reste, ça va. Hier AM je me suis aéré les neurones, les oreilles et les mirettes. 
Au programme, "La Gioconda", superbe opéra qui se passe à Venise. Que dire en peu de mots ? Tout était si beau : les décors, la musique, les costumes, le ballet - ah le ballet - et les voix ! Qualité à tous les étages. 
4 vraies heures de beauté et de grâce. Un pur moment de bonheur. Qui vous réconcilie avec l'humanité. Merci l'Opéra-Théâtre. Merci à Campellone, vrai grand jeune talentueux chef d'orchestre. Merci aux musiciens du Conservatoire qui ont donné là le meilleur d'eux-mêmes. Merci aux choeurs de la Maîtrise. Merci à tous les artistes lyriques bien sûr. 

Et merci par dessus tout à Jean Louis Pichon, le grand boss, qui, mais on le savait déjà, propose toujours ce qu'il y a de mieux. Et le meilleur, c'est vachement bon. Dans la bouffe comme dans la culture ! 


dimanche 3 février 2008

J - 35

Aujourd'hui, c'est dimanche. Pas de tracts à distribuer sur les marchés. Je fais un break. Cette semaine a été...assez intense : un débat sur la culture lundi soir, une réunion de quartier mardi et une autre jeudi, un tour de quartier mercredi matin, un petit tractage jeudi à midi...et une 2ème réunion, plus informelle et plus décontractée, avec des "cultureux créatifs et des institutionnels " - comme on les appelle dans le jargon. 
Sans oublier le point hebdo à la permanence avec le grand chef et tous les co-listiers. 

Ouf ...

Donc, c'est dimanche, le ciel est clair, l'air vif. Comme je l'aime. Je suis allé vite fait à la boulangerie chercher du pain tout frais tout chaud. Comme je l'aime, le dimanche surtout. 

Je viens de relire le JDC , petit Journal De Campagne qu'on nous donnera tous les samedis pour faire le point des actions à mener et de celles à venir. Il indique à son compteur J-35.
Un joli marathon, donc. 

Raison de plus pour souffler un peu avant d'attaquer une nouvelle semaine qui s'annonce bien chargée. Place donc à la poésie : 

Me croirez-vous 

Si je vous dis
Que j'aime cette ville
Presque autant qu'elle 
La compagne 
De mes jours et de mes nuits
Me croirez-vous

Si je vous dis
Que je l'ai contemplée
Allongée dans ses vallées
Comme on regarde 
Une femme alanguie
Me croirez-vous

Si je vous dis encore 
Que mes pensées allaient vers elle
Sous le Christ bras écartés
De la colline du Guizay
Dans le soir bleu et glacé
D'un soir d'hiver
Me croirez-vous

Si je vous dis
Que c'est aussi un peu pour elle
Que je m'engage ici
A côté d'autres 
Et derrière lui
Premier édile 
Me croirez-vous
Enfin ?