samedi 1 mars 2008

Pas de regrets à J-8


Et encore une semaine de passée. Sans doute la plus remplie et la plus intense. Ce qui est normal à une semaine de l'échéance fatale...pour qui ? 
Un planning de dingue à gérer entre les tractages sur les marchés, les réunions publiques de quartier le soir, les rencontres,  les échanges, les débats. 

Heureusement que j'étais en vacances . Autrement, c'était impossible à gérer. Mes petites vertèbres font moins les folles et vont mieux. Il faut dire que je les sollicite beaucoup trop. Reposez vous m'a dit le toubib. Bien gentil, mon toubib ! Mais avant de me reposer, encore faudrait-il que je me ... pose. Ce qui est impensable, bien évidemment. 

Je pense que tous les colistiers en sont au même point que moi. 
Ces élections, vues du côté engagé comme moi, c'est un gros gros marathon. Où il faut savoir gérer son énergie et surtout ses nerfs. Pas péter un câble. Garder son sang-froid. Pour moi qui suis un animal latin à sang chaud - doux euphémisme - voire un passionné, c'est pas évident à gérer. Je reste à peu près calme, fort heureusement. Pas de débordement de ma part et surtout respect et écoute pour les autres, TOUS les autres. Même si ça bout à l'intérieur. Gérer le débordement. J'y arrive à peu près, je crois. 

Il y a des sondages. Ce genre de truc ne m'a jamais intéressé. Et encore moins comme candidat. Mon objectif est de rester concentré... sur l'objectif, justement. Regarder droit devant, ne pas se déconcentrer, garder son calme et son énergie, gérer son stress, faire attention à celui des autres. Les enjeux sont énormes. Normal, dès qu'il s'agit de pouvoir. Comment pourrait-il en être autrement, d'ailleurs ? 

Entre nous, je prends exemple sur captain Mike, je veux dire Michel Thiollière. Ce type-là est d'un calme olympien et encore plus dans les moments de forte tempête. C'est dans ces moments-là qu'on reconnaît les grands capitaines. Facile de gérer le bateau quand la mer est d'huile et les vagues toutes gentilles !  Là, ça chahute pas mal et il gère ça comme un vrai boss et un vrai pro. Qu'il est réellement. Des fois, devant les agressions de certaines personnes et leur manque total de bonne foi, il reste courtois et déterminé à la fois. C'est même carrément impressionnant. Je ne suis pas du genre lèche-bottes ou courtisan - pas bien mon style -  et je vais pas faire le panégyrique de Michel T. Ce serait d'ailleurs suspect, vu mon engagement sur cette liste. 

Mais quand même, ce type là, à le côtoyer de près, il m'impose et il impose le respect. Y compris à ses adversaires, je crois. 

De toutes les façons, qu'on gagne ou qu'on perd, j'aurai gagné ... une belle leçon de vie. Déjà pas si mal. Une formidable expérience de démocratie. En direct et aux machines. 

Donc, " non rien de rien non je ne regrette rien. " Musique !!!

vendredi 29 février 2008

Du social et de la morale à J-9


Questions pour un champion en direct live hier jeudi au centre social de Montferré La Cotonne. 
A ma droite, le jury : les directeurs et représentants des centres sociaux. 
A ma gauche, les colistiers + Michel Thiollière soi-même. 
Le but du jeu : répondre, le plus brièvement possible pour les seconds, aux questions souvent très pointues posées par les premiers. 
Attention : pas un débat, mais bien un examen oral. 

Franchement : très dur, ce genre d'exercice. Pas droit à l'erreur. Pas de filet en dessous. Tu te lances et si t'es mauvais...tant pis pour toi ... et pour toute la liste.  
Mais bon, normal. Because, eux, les pros et les bénévoles des centres sociaux, ils sont sur le terrain en direct et toute l'année. 
Pour eux, social, ce n'est pas un concept, mais bien une réalité au quotidien. La détresse, les difficultés des familles, ils l'affrontent tous les jours. Et il faut leur tirer le chapeau. Respect.

Ce fut d'ailleurs le mot qui fut lancé, à la fin lorsqu'il nous fut demandé quelle était la première des qualités d'un élu référent de quartier. Respect et écoute. 

Après, on peut chercher ensemble des solutions aux problèmes. Et c'est parfois très compliqué.
Car certaines situations ne sont effectivement- j'allais écrire : affectivement...-  pas simples. 
Mais, d'abord et avant tout,  se respecter les uns les autres, l'élu-e comme l'habitant. 

Je sais je sais : là encore, l'exemple ne vient pas d'en haut... Et alors ? Il est où le problème ?Comme si t'avais besoin d'un exemple pour savoir ce que tu as à faire et comment tu dois te comporter avec les autres, avec ton prochain, avec quelqu'un qui est en souffrance et qui, parfois il est vrai, te renvoie en pleine gueule sa propre souffrance, en écho !

Et, pour faire écho avec d'autres déclarations, de Latran ou d'ailleurs, il y a bien une morale laïque, républicaine, qui vaut bien d'autres morales. Comme s 'il fallait hiérarchiser les morales entre elles, du genre : naque naque ma morale est meilleure que la tienne parce que ma mienne à moi elle est estampillée en direct du ciel et garantie 100% de source divine. Tant qu'à faire, autant créer un label, une norme iso quelque chose ! Non et renon : toutes les morales, toutes les espérances, laïques ou religieuses, se valent. La foi en l'homme est partout la même. 

Point barre. Point de différence. 
Voilà, c'est dit. 

jeudi 28 février 2008

Toujours ensemble à J-10

free music








Ce clip sur Michel Thiollière, je l'ai vu et entendu...un paquet de fois, dans toutes les réunions de quartier, dans les meetings et gageons que je vais encore me le farcir quelques fois jusqu'au 16 mars !!! Après, dans tous les cas, victoire ou défaite, ce ne sera plus qu'un souvenir : une mélodie entraînante, bien rythmée, quelques mots d'anglais attrapés ici ou là.

Voici les paroles de la chanson qu'on entend, interprétée par Bob Sinclar - traduction sous toutes réserves car je ne suis pas un pro de la langue de Shakespeare, my lords !

En attendant, et au-delà des paroles un peu mièvres of Mr Sinclar, on est encore tous derrière Numéro 1, toujours maillot jaune. Et on va faire le maximum et même le maximum du maximum et même encore plus s'il le faut pour qu'il le garde après l'arrivée des 2 étapes de montagne, les 9 et 16 mars, ce foutu maillot.

Si c'est pas du discours galvanisant, ça !!!!


TOGETHER
BOB SINCLAR

Oh yeah we're back now, oh !
More bad news on the radio
Planet Earth she's about to explode, yeah
The stars have lost their shine today
They have all been blown away
Together, only hope can be away

Let me hear you say
One day, we'll be together
We'll never be apart
One heart, one mind yeah
One day we'll be together
Remember this old world is yours and mine, yeah

See that man with a pen and a gun ?
Says it's over for everyone, oh no
No I don't believe it's true
But I guess it's up to me and you
Together, we will find a way through

Il believe in you

One day, well'be together

ENSEMBLE

Oh oui nous revenons maintenant, oh !
Encore plus de mauvaises nouvelles à la radio
La planète Terre va exploser, yeah
Les étoiles ont perdu leur éclat
Elles ont toutes été effacées
Ensemble, seul l'espoir peut nous sauver

Laissez moi entendre ce que vous dites
Un jour, nous serons ensemble
Nous ne serons plus séparés
Un coeur, un esprit, yeah
Un jour, nous serons ensemble
Souviens-toi : ce vieux monde est le tien et le mien

Vois-tu cet homme avec un stylo et un fusil ?
Il dit que c'est fini pour chacun de nous
Non, je ne crois pas que c'est vrai
Mais j'imagine que ça dépend de toi et moi
Ensemble, nous nous fraierons un chemin

Je crois en toi
Un jour, nous serons ensemble

mercredi 27 février 2008

Le marché de la Démocratie à J-12


Journée classique un peu plus calme : j'aime bien, ça aussi. 

Donc le matin, tractage sur le marché de Montplaisir le matin - rien qu'à le dire...ça fait plaisir, non ? 

Au début, ça me plaisait pas trop, cette histoire de donner des papiers aux gens dans  la rue, comme ça, sans les connaître. Et puis, au fil des marchés, j'ai découvert que, au fond, c'était un excellent exercice de démocratie en direct ... que je recommanderais à toutes celles et ceux qui veulent se présenter devant les électeurs. 

Car, lorsque vous tendez votre petit papier, quel qu'il soit, vous voyez tout de suite la réaction des citoyens : ce ne sont en effet plus des gens ordinaires que vous avez en face de vous mais bien des citoyens. Habitants d'une cité à qui vous proposez un programme, un projet, des engagements pour LEUR ville. 

Et les citoyens, ils vous en disent, des choses, là, sur le trottoir, dans la rue. Vous les écoutez. Des fois, si nécessaire, vous prenez des notes sur un petit calepin. Et des échanges, des dialogues s'engagent, impromptus, à chaud, qui concernent à 98 % des cas de leur quotidien. 
Et c'est alors bigrement important, ce qu'ils vous disent, parce que ça les concerne vraiment, ça les touche tous les jours. 

Et là, il ne s'agit pas de faire semblant : on ne "vend " plus tel ou tel candidat. On écoute, on écoute et on écoute. La première des qualités d'un politique ? savoir écouter. Toujours. 
Quel qu'il soit, quoi qu'il pense, quelle que soit la citoyenne ou le citoyen qu'il a en face de lui. Et il n'y a pas en face de vous un homme ou une femme, jeune ou vieux, opposant ou sympathisant, originaire de Pétaouchnok ou de Saint-Hilaire-Cusson-la-Valmitte. Il y a un citoyen qui se dit, à juste titre d'ailleurs " Tiens, c'est les élections. On va bientôt aller voter. J'ai des choses importantes à dire sur mon quartier. Il y a ça ou ça que j'ai remarqué et qui ne va pas. Sautons sur l'occasion à pieds joints. "

Et il ne se gêne pas, le citoyen. Il y va franco. Et elle  a bien raison, la citoyenne. Bien sûr, il y a, tout au long de l'année, d'autres lieux et d'autres moments pour s'exprimer et participer - comme les Conseils de Quartiers ou les Comités de Quartiers,  entre autres ( bien qu'il n'y ait pas que ça, fort heureusement : rien n'est magique et automatique, ça serait trop simple dans ce monde complexe.) 

Je dis toujours : la démocratie, c'est la plus merveilleuse et la plus emmerdante des façons de gouverner. Car c'est vrai que dans les dictatures - et il y en un sacré paquet de par ce monde - c'est plus aisé et plus simple : je prends le pouvoir - très souvent par la force - je gouverne, tu obéis, tu fermes ta gueule et circulez y a rien à voir. Mais... Il n'y a jamais de mais dans une dictature. Juste des prisons bien remplies, beaucoup beaucoup de policiers et autres services redoutables de surveillance du " citoyen" - l'est-il encore, d'ailleurs, "citoyen "? -  et bien sûr une grosse armée bien costaude au service du pouvoir. Tous les dictateurs ont une armée très puissante, vous aurez remarqué ? 

Et puis, discuter sur un marché, quoi de plus naturel ?  Il y a toujours des petits groupes, de 2, de 3 ou plus, c'est selon, entre les étals ; de gens qui discutent. De tout et de rien. De la mamie qui va pas trop bien avec son arthrose que ça la fait souffrir la pauvre, du petit dernier qui commence tout juste à marcher, du plus grand qui réussit bien dans ses études ou de l'autre qui a des soucis pour s'orienter elle cherche mais c'est pas facile de trouver quelque chose de nos jours. On y parle aussi et beaucoup du temps qu'il fait, du temps qu'il a fait et du temps qu'il va faire. Et puis du temps qui passe, aussi. Conversations à la fois dérisoires et essentielles. La vraie vie, vraie de vraie. La vie des gens. 

Et, croyez moi ou non, avec la politique, surtout municipale, locale, au ras du citoyen : la vie des gens, on y en plein dedans. 

mardi 26 février 2008

à J -13 : stop ou encore ?


J- 13 donc : pas le moment d'être superstitieux. 

J'ai donc mis le grand plateau et le petit pignon derrière - 54 X 13 -  et bon sang !  ça a avancé aujourd'hui, il me semble : le nez dans le guidon , en position de recherche de vitesse et vas y Poupou !!!!

Donc : une conf de presse dans un petit restau à midi. Nouvel exercice pour moi - quand je vous dis que je n'arrêtais pas d'apprendre :  du genre tu bouffes et en même temps, sans avoir l'air d'y toucher, tu abordes des thèmes de vraie politique ou de vraie société, entre deux bouchées de salade ou de saumon. Enfin, tu essaies, avec des journaleux très madrés et qui en ont vu d'autres...et qui sont pas dupes. Mais bon, on verra demain dans le "canard" comment on s'en est sortis. I cross my fingers...

Puis, dans la foulée - j'ai bu que de la Badoit à midi, il vaut mieux -  réunion de préparation sur le débat-culture qui aura lieu ce vendredi 29 à 9h,  sous forme de "petit déj culturel" au cours duquel on va rencontrer pas mal de "créatifs" de Sainté pour parler, si ça veut l'faire,  du fameux PCS 2008-2014 ( Paysage Culturel Stéphanois pour le mandat à venir, c'est pas rien... ).

Car il va bien falloir s'occuper AUSSI de ça : faire émerger et aider les nouveaux talents artistiques de cette ville et dieu sait s'il y en a ; voir ce que peut donner ce concept de friches artistiques, why not ? ; faire en sorte que les habitants des quartiers aient accès à une vraie et belle et bonne culture ; un peu comme l'ont fait en leur temps, pour le théâtre, les deux Jean, Dasté et Vilar. Pas du réchauffé, de l'ersatz, de la soupe tiédasse, du sous sous sous Star Ac et autres merdes télévisuelles ( y a la choix : t'as qu'à cliquer sur la télécommande pour que ça se déverse à TNT que veux-tu dans ton salon ou dans ta cuisine ... Beurk ! Rebeurk ! 

Avec ou sans pub, c'est toujours et très souvent aussi insipide, désolant, raccoleur, démago, exhibitionniste, rechercheur d'audience - ah...l'audience et les putains de parts de marché ... pire que les parts de Vache qui Rit sauf que ça fait pas rire du tout ou pas souvent ou d'un rire à plus de 80 % de matière grasse. Et que c'est ton cerveau après qui se chope un cholestérol neuronal très difficile à soigner ...si si si, ça existe.

Rien que ça, me direz-vous ! Et alors ? On est à Sainté, oui ou m... ? La ville où tout est possible avec un peu de bon sens, une tonne de courage, un zest d'inventivité, une burette d'huile de solidarité et de convivialité à parts égales 50-50, quelques bricolages made in Sainté dont on a le secret depuis des siècles, donc ça n'est pas d'aujourd'hui. Pourquoi on n'y arriverait pas ? On est plus cons que les deux Jean ? Voire... 

Puis à 16h00, nouveau briefing avec les jeunes co-listiers pour un débat avec les 18-25 ans de 5T, qui aura lieu la semaine prochaine, dans un bistrot cette fois, pas loin du campus Tréfilerie. 

Petit break et passage par le domicile familial - tiens oui je me souviens c'est ici que j'habite, à Valbo, j'avais presque oublié ... pour repartir à la 13ème réunion publique du secteur Châteaucreux-Méons- Crêt de Roc -Le Soleil - Grangeneuve : ça en fait du monde, des rues, des avenues, des places, des lampadaires, des jeux de boules, des gymnases, des écoles, des assos, des arrêts de bus, et j'en passe. De tout ça, il a été question pendant plus de deux heures, en direct, et sans filet. Et c'est Alexandra Custodio, l'élue référente qui s'y est collée. 

Que je vous dise : Alexandra, c'est la seule vraie européenne de la liste, puisqu'elle est et reste portugaise : un accent inimitable, un dévouement de tous les instants, une pêche d'enfer. Si tous les élus référents des 15 secteurs étaient comme elle .... Obrigado ! Alexandra, pour tout ce que tu as fait pour ta ville pendant ces 7 ans,  et pour ses habitants. 

Je vous l'avais dit, cette campagne...c'est pas une partie de campagne. C'est un marathon ... par jour. Petite pensée, tout de même, pour le maire, qui fait ça en ce moment tous les jours, samedis et dimanche inclus. Les mauvaises langues diront que c'est son choix, son problème et son boulot. Mouais. Sauf que c'est aussi un Numain, comme vous et moi. Pas un Terminator. Et franchement, hors de toute considération politicarde, je lui tire mon chapeau même si je ne mets jamais de galurin. Je ne l'ai pas vu une seule fois s'énerver, s'emporter, perdre son sang-froid. C'est pas comme certains ...Hélas, mille fois hélas....pour les certains.

Pourtant, des fois, les citoyens, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère et ils ne lui font pas de cadeaux, que ce soit dans les réunions publiques ou quand il se rend sur le terrain. C'est pas des tendres, les Stéphanois... Ils ont connu la mine, l'acier en fusion, le tric trac continuel des métiers à tisser, le boum tchac des marteaux-pilons, le boulot dur très dur puis la fin du boulot, l'écroulement de tout ce pour quoi ils avaient bossé pendant des années.  Durs avec eux-mêmes mais avec un coeur gros comme ça. 

Alors, les gagas - c'est comme ça qu'on les appelait au siècle d'avant - ils n'aiment pas qu'on leur raconte des salades, avec ou sans sauce, rouge, rose, verte ou indigo. Certains maires, même ministres, qui se croyaient bien installés, se sont aperçus très vite qu'ils étaient en fait sur un siège ... éjectable. Chthong !!!! Maire suivant !!! Next, please !!! Puis le suivant, pourtant mineur et de la base - du peuple , comme on dit, comme si on ne venait pas TOUS du peuple...français, mais baste ... rechtong !!! Next, please !!! 

Et puis, et puis il y a eu celui qui est encore maintenant sur le siège. Pas éjecté, lui ?  Et alors, pas chtong pour lui ????? Ma perché ? A marche  pus la machine à éjecter ? Allèkassée ???

A moins que. A moins que ce qu'il ait fait jusqu'à ce jour et jusqu'au fatal et démocratique dimanche 17 mars 2008 ait convenu aux cent et quelques mille Stéphanois qui l'ont mis là et l'ont gardé depuis tout ce temps.

C'est donc à eux, Gagas d'hier et Stéphanois d'aujourd'hui, de décider d'appuyer ou non sur le bouton qui fait chtong.  Peut-être... Rien qu'à eux. Dans le secret de l'isoloir et de leur conscience. 

Alors, stop ou encore ? 

dimanche 24 février 2008

Le conte du dimanche : califié ou pas ?


Mazette ! Je viens " tout par un coup" de m'apercevoir que j'ai pas fait ce que j'avais promis : un conte chaque dimanche. Donc, les promesses étant ce quelles sont, électorales ou pas, je m'y colle. Il sera pas dit que...

" En ces temps reculés, en la somptueuse Bagdad, vivait un calife reconnu et apprécié de tous. Envié, bien évidemment, et pour son palais magnifique et pour toute la Cour qui l'entourait. 
Tous ses sujets, toutefois, le servaient admirablement, car ce calife faisait tout ce qu'il fallait pour que pour que  sa ville soit encore plus respectée et admirée. Il n'avait de cesse d'aller par monts et pas vaux pour recueillir maintes rétributions et maints trésors pour abonder les fonds de sa cassette. Non pour son usage personnel, mais pour le bien commun. 

Et il est vrai que, jour après jour, sa ville, au début triste et terne, s'embellissait, retrouvait des couleurs, s'enrichissait ici d'un palais dédié aux musiques, là d'un nouveau moyen de locomotion sur des rails de métal ; ailleurs, d'un castel dédié à d'industrieuses activités ou à d'autres plus artistiques. Ce calife se piquait même d'attirer en sa cité des artistes de renom ou des architectes fort réputés venus de royaumes voisins.

Et, immanquablement, comme il en est ainsi dans toute entreprise humaine, il suscitait fortes jalousies. Mais notre calife, très au fait des travers humains et fort philosophe, faisait fi de toutes ces basses attaques aussi insignifiantes que les mouches excitées autour du coche. 

Or, il s'ensuivit qu'un de ses vizirs, jusqu'ici dévoué et fidèle, se mit soudain en tête de devenir tout simplement ... calife à la place du calife. Ce vizir, du nom d'Iznogoud, entreprit donc de modemoniaques et basses manoeuvres pour arriver à sa faim de pouvoir et à ses fins. 

Tout y passa : libelles vengeurs, pamphlets rageurs, attaques sournoises. Tout ce que le mauvais génie humain peut inventer comme recours à une sourde vindicte, il le mit en oeuvre. 

Notre calife, sûr de sa propre Cour et entouré de tous ses fidèles soldats, se garda bien de pourfendre ouvertement l'ingrat serviteur d'antan. Il se disait que le bon peuple saurait bien reconnaître les mérites de l'un et la mesquine ingratitude de l'autre. 

A ce jour, l'histoire ne dit pas si l'infâme vizir fut châtié comme il se devait de toutes ses sombres turpitudes. Le  dernier rouleau du manuscrit, fort ancien, a hélas été perdu. 

Il en est ainsi parfois des légendes anciennes dont le souvenir se perd dans la nuit des temps.
 
Gageons toutefois que ce calife là fut reconnu pour sa sagesse et ses mérites. Et qu'il vécut et régna pendant de longues années, honoré et reconnu par les siens, pour la gloire de sa cité et pour la postérité. "

Déjà dimanche et J-15


C'est bien toujours le dossard 39 qui vous parle en direct depuis la route du Tour des élections municipales. Il est toujours dans le peloton toujours groupé pour l'instant. Le dos nettement moins cassé. Et il en profite pour tomber encore deux dents - pas les siennes mais celles du pignon arrière - et remettre quelques coups de pédale. 

Là, ça commence à grimper : normal, on attaque la montagne et les premiers virages - il en reste 14 en fait vu que le 9 mars, on pourra plus aller alpaguer l'électeur vu qu'on sera derrière les boîtes en verre ousque les petites enveloppes des électeurs qu'on a essayé de convaincre de voter pour nos zigues vont gentiment s'entasser tout au long de la journée qui sera du coup bien longue pour nous. Journée d'attente. 

Mais, mes belous, on en est pas encore là, beausseigne, ça risque pas. Rien que pour aujourd'hui, j'ai dû cavaler encore comme un dératelé le matin pour aller barjaquer devant une caméra que je ne connaissais même pas. Je devais parler à chaque fois en 30 secondes chrono de la nouvelle ligne de tram, des correspondances bus-tram et enfin du plan de circulation à améliorer. Même si tu connais pas trop mal le sujet, essaie pour voir de résumer ça en 30 secondes ! 

Ils sont marrants - enfin, pas trop - les communicants et un peu tous les mêmes : il faut tâcher moyen de dire le plus de choses possibles en moins de temps possible. Et tout ça en étant direct, clair, précis, positif, convaincant, percutant j'en passe et des meilleures. Toutes qualités que je n'ai point, bien évidemment. Moi, quand je parle, je fais plutôt dans le long, le digressif, les chemins de travers, les apartés, la diagonale du fou, les confidences des fois perso, le bavard. Bref, tout ce qu'il faut pas faire quand tu as que 30 petites malheureuses secondes de rien du tout pour dire la quintessence du résumé de l'essentiel de ce qu'il faut dire. 

Donc, je pense que j'ai pas été bon ... disons-le : j'ai été carrément  mauvais. C'est foutu râpé : je vais encore rater le César du meilleur rôle de candidat co-listier. Trop amateur, tout sauf pro : ce genre de trip, ça s'improvise pas. Et je suis tout sauf un pro de la politique. Autrement, ça se saurait. 

Le deuxième court métrage fut, à mon sens, bien meilleur : j'ai pris la parole devant des responsables d'association. Et là, vu que j'ai passé pas mal d'années de ma vie dans les quartiers et dans des dizaines de réunion, je sais un peu comment ça marche. 

Et dans cette ville, il y a tout plein d'assos - pratiquement un millier, il paraît, c'est fou ! Avec tout plein de bénévoles et de gens dévoués comme c'est pas possible. Et ça aussi, ça marche plutôt bien. Même si je n'y ai pas participé directement vu que j'étais pas élu, et pour cause, mais bien de l'autre côté de la barrière, c'est tout de même bien réconfortant d'entendre tous ces gens être plutôt satisfaits et surtout, surtout, remercier pour ce que la ville a fait pour eux. 

Et, entre nous, des gens qui vous disent merci je sais pas vous mais moi j'en rencontre de moins en moins. Je ne parle pas de ces élections : vous ne pouvez pas imaginer tout ce qu'on peut se prendre dans la tronche parce qu'on a eu l'idée de se lancer et de se dire : tiens, si je participais un peu plus activement  à la vie de ma ville et que je m'implique, peut-être qui sait, comme futur élu au service de mes concitoyens. Des fois, ce dernier mot, on aurait envie de l'écrire en deux mots tellement il y en a qui sont si peu reconnaissants, voire carrément ingrats ou pire carrément agressifs comme si on leur avait piqué l'os qu'ils étaient en train de ronger ou je sais pas quoi ! Mais bon, j'ai un peu l'impression que si tu veux aimer le genre humain, c'est pas dans la politique qu'il faut aller... Hum ! 

Puis après, pour pas être en reste, j'ai filé à la sacro-sainte réunion hebdomadaire à la permanence. Presque un rituel sacré. Tout le monde, ou presque,  se retrouve là : ça bourdonne comme dans une ruche et chacun fait son miel de ce qu'il a vécu ou entendu pendant la semaine écoulée. Puis le maillot jaune prend la parole, fait le bilan hebdo, nous redemande d''accentuer encore l'effort et ... d'accélérer le mouvement. En gros, ça veut dire que tu chopes les cocottes et que tu commences à te mettre en danseuse : il va falloir appuyer sec sur les manivelles pour toute la semaine ! La plaine est un lointain souvenir, maintenant. On attaque du raide, du dur, du costaud. Au moins du 10 à 12 %, et sans replat. Un peu l'Izoard, mais côté Briançon. Les connaisseurs apprécieront. 

Et là, à l'heure tardive où je vous parle, je suis pas si mal que ça finalement : je suis allé écouter en soirée un orchestre israélien de jeunes musiciens de 14 à 18 ans ; pour la plupart, sûrement, de futurs grands talents. Vous avez pas idée comme ça fait du bien après une semaine comme celle-ci d'entendre du Fauré, du Mendhelson ou du Beethoven. Cette musique-là, ça vous renettoie les cages à miel, comme dirait l'ami Pierre Perret avec son langage imagé. C'est un peu comme le rire de la veille au Festival des Arts Burlesques de Beaulieu  : ça vous remet dans l'harmonie des choses, dans la beauté pure, dans de l'émotion et de la sensation d'exister vraiment. 

Là, sorry, mes petits yeux clignotent et font mine de fermer les rideaux. 

Alors, rideau ! Buenas noches, caballeros y senoritas !