samedi 5 avril 2008

Djé le retour au 5 avril 2 mille et 8 de notre ère


" Tiens, te voilà revenu... je pensais pas  que tu serais là aujourd'hui ! " 
Par ces mots de "bienvenue", je fus accueilli dans la manif de  ce matin qui allait de l'Inspection Académique à la Préfecture. Une autre manif. Une de plus. 

Mais les moyens de faire autrement ?

Manifester son mécontentement - voire son inquiétude ou sa désapprobation  - avec les pieds. Autre moyen encore toléré et démocratique de dire et de gueuler haut et fort qu'on n'est " pas tout à fait d'accord " avec les orientations budgétaires actuelles ... qui sont en fait des choix politiques stratégiques qui engagent tout l'avenir du système scolaire français pour les années à venir. Et puis, c'est un moyen écolo, puisque non polluant et surtout pas violent, de dire ce qu'on pense de ce gouvernement, en dehors des urnes. 

Ces quelques mots de "bienvenue", donc, en disaient plus long qu'un long discours. Ils disaient, en condensé :" Mais qu'est -ce que tu es allé foutre sur la liste à Thiollière ? Tu savais pourtant bien que c'était pas ton monde ? Que tu n'avais rien à faire avec des gens comme ça ? Que ta seule et vraie famille c'est ici, parmi nous et nulle part ailleurs ? Que tu y as laissé des plumes et une partie de ton âme ? Qu'il y a des tas de gens qui ont pas compris ce que tu es allé foutre de l'autre côté ???? "

Je pourrais multiplier à l'envi les points d'interrogation et même d'exclamation. 

Franchement, et ce n'est pas une posture, je ne regrette RIEN. C'était un choix perso et un engagement perso. J'y peux rien : je suis un putain de franco-rital orgueilleux qui assume ses choix jusqu' au bout...y compris les pires. J'en ai pris plein la gueule... et des deux côtés, si vous voulez savoir. Je m' y attendais un peu. D'après certains, ce ne serait pas fini et "on" n'était pas prêt de me pardonner mon excursion plutôt droitière. Voire... J'attends et je les attends. Toujours ce putain d'orgueil. Et les bollocks. Merde ! 

OK. 

Je peux comprendre tout ça. Je ne veux pas m'étendre ni m'épancher sur mes états d'âme. Encore moins tomber dans une pitoyable et nulle justification. I tried and I did it. 
J'ai terni mon image. Certes. C'est ce que certains me disent. Ils n'ont pas tort. J'avais mes raisons. Je me suis planté. Je revendique ce droit -là : à se planter. A aller voir ailleurs tout en sachant que... 

Je reviens donc - en fait je n'en suis jamais parti, si on  réfléchit bien - dans le rang des manifestants. Manifestement ... c'est là où je me sens le mieux. Comme je le dis depuis toujours, les puissants et les riches n'ont pas besoin  qu'on manifeste ou qu'on  les aide. 
Les autres, tous les autres, si. Ils ont besoin qu'on soit là, qu'on  soit exigeant : qu'on demande une école de qualité, des services publics de qualité. Que tout ça soit gratuit et proposé à tous. 

Sinon, bordel, à quoi graver partout - y compris dans notre Constitution - " Liberté Egalité Fraternité" ? 

Si c'est pas pour l'appliquer dans la vie de tous les jours ? Si c'est juste pour le dire et pas le faire ? A quoi bon les grands principes si c'est dans le vent ? 

A quoi bon annoncer le respect si je te traite après de " fils de pute " ou si je te dis " casse-toi sale con " dès que je suis contrarié ? 

A quoi bon claironner que tout le monde a droit à l'instruction, au savoir et à l'éducation si c'est pour ensuite réduire les budgets, supprimer des postes à tour de bras ? En sachant très bien que des moyens en moins, c'est TOUJOURS des moyens en moins pour l'accès de tous, sans discernement aucun, au savoir et à la culture ? Et que sans ça, t'es ensuite mal barré dans la vie ? 
Pourquoi la rigueur et les économies toujours pour les mêmes ? Connerie de discours à la con !
 
Supprimons les 4x4, les déductions fiscales,  les vacances au Club Med et les Stock-options d'abord. Qu'ils donnent d'abord l'exemple, ceux qui ont " un peu plus " que 1000 euros par mois - et par personne - pour vivre. Que savent-ils de tous ceux qui ne sont pas dans la vie mais dans la survie ? 

Certes, mon discours est radical. Mais la misère l'est aussi, en ce début de XXIe siècle, où ce mot lui-même ne devrait plus exister dans un pays aussi prospère et riche - et démocratiquement égalitaire - que le nôtre. 

Mettons, déjà, un  peu plus d'égalité. Ajoutons-y un chouïa de Fraternité : ça ne peut que faire du bien, en ces temps tout de même inhumains pour les humains d'ici et d'ailleurs. Quant à la liberté, on a vite compris que c'était la liberté de faire du blé - y compris avec le blé, d'ailleurs - et la  liberté de faire et de dire tout et n'importe quoi. Y compris jusqu'au plus haut niveau de l'Etat. Ce qui ferait dire que la République est dans un " drôle d'Etat". Baste !

Eradiquons la misère chez nous d'abord. Misère économique. Misère sociale. Et misère morale. Tout en aidant les autres ailleurs, en Afrique ou au Tibet.  L'Humanité n'est qu'un seul pays, si on y pense vraiment. 

On verra après, pour le reste. 

Peanuts !!!


Alors, il paraît qu'on va faire des économies ... mais sans plan de rigueur. 

C'est pas moi qui le dis ... mais le Tsar Khozy 1er, empereur des grandes déclarations définitives et inutiles. 
Inutiles puisque, juste pour s'aligner sur les autres grands pays européens - c'est nous qui prenons la présidence de l'Europe à partir de cet été - on devrait économiser 40 milliards d'euros PAR AN. 
Et qu'est-ce qu'on nous propose ? 166 propositions pour réaliser ... 5 milliards d'économies d'ici 2012. Donc, peanuts... 

On pourrait sourire si on ne savait pas, qu'une fois de plus, ces mesures vont encore toucher les services publics, bien évidemment ( voir l'Education Nationale, au hasard ) et puis aussi nous-mêmes, les citoyens moyens. Egalement les " petits ", comme d'hab, qui ont surtout le tort d'être " petits", d'être des millions et qui n'ont pas les moyens d'échapper à la hausse avérée des loyers, des produits de première nécessité et autres taxes, TVA et pétrolières entre autres. 

Les autres, merci, se débrouillent très bien avec des déductions fiscales diverses et multiples, des dividendes boursiers ( 100 milliards d'euros de bénèf en 2007 pour l'ensemble des entreprises du CAC 40 : pour qui la crise ? ) , des stocks options et autres émoluments divers et variés. 

Donc, notre Tsar républicain ne fait pas mieux que les autres présidents, malgré sa grande gueule. Il aboie certes très fort mais, après les effets de manche, se fait rattraper par la réalité. Comme Mitterrand en 1982 après les envolées lyriques du programme commun de 1981 ; comme Chirac en 1996 après la réduction annoncée de la fameuse " fracture sociale" en 1995, qui est devenue aujourd'hui un fossé énorme et béant et qui continue à s'élargir inexorablement. 

Première conclusion : depuis 30 ans, AUCUN des pouvoirs en place, de droite ou de gauche, n'a pu prendre les mesures nécessaires pour remettre ce pays à flot. 

Deuxième conclusion : à quoi peuvent bien servir toutes ces femmes et tous ces hommes politiques, ainsi que tous leurs partis, tous grassement entretenus par des fonds publics payés par nous ?Sont-ils capables de gérer convenablement ce pays ? Ils seraient dans n'importe quelle entreprise privée, ils auraient été viré(e)s  depuis longtemps déjà pour incompétence de gestion. 

Illustration : le dernier budget de l'Etat en équilibre remonte à ... 1973. Depuis... 

Alors, c'est bien beau mais qu'est-ce qu'on peut faire ?  Courageusement, et démocratiquement, je peux juste dire : je n'ai pas la solution à moi tout seul. Ben oui.. L'homme providentiel - ou la femme -  n'exsite pas, qu'il s'appelle Sarko, Ségolène ... ou X. 

S'il y des gogos qui ont y ont cru en 2007 et qui ont voté massivement pour le petit homme qui allait tout bouleversifier et on allait voir ce qu'on allait voir... Il a juste bouleversé son couple et étalé sa vie privée au grand jour. Aux dernières nouvelles, il aurait enfin consenti à laisser sa Rolex en or au vestiaire... Donc, ne désespérons pas de cet homme-là. Un mec capable de gestes aussi définitifs et essentiels devrait pouvoir à termes sauver la France ... et l'Europe avec,  tant qu'à faire. 

Euh ... pour la Rolex..vous êtes sûr...et il a quoi comme montre, maintenant. NON ? une Swatch ??? Vous êtes sûr ?

Mais alors, ça change tout. 

jeudi 3 avril 2008

Vive la Vélorution !


Ce jeudi 3 avril, une "vélorution" toute pacifique, sans gaz lacrymogène ni barricades. 
On s'est tout simplement retrouvés à une petite cinquantaine sur la place Jean Jaurès. Et on a roulé en ville en scandant des slogans à coups de sonnettes de vélo : " On n'a pas d'essence mais on avance" ou bien  " La ville sans moteur  c'est que du bonheur. "
La différence que j'ai trouvée, par  rapport aux manifs que je fais d'habitude, c'est que, là, les gens vous sourient et même vous applaudissent - si si - quand vous passez devant eux. 
On a fini par une partie de saucisson-fromage -bière et rouge dans le quartier de Beaubrun. 
Certes, on était peu nombreux : mais je pronostique qu'on sera bien plus pour la prochaine " vélorution" le 1er mai. Plusieurs centaines, sûrement. 
Ce qu'on veut, au fait : tous simplement que la place du vélo comme véritable moyen de transport alternatif, et surtout non polluant, soit pris en compte dans la ville et dans ses aménagements. Que cette façon de se déplacer soit enfin prise au sérieux par les pouvoirs publics. 
Dit comme ça, ça paraît ou très naïf ou très utopique... Sauf que ça peut changer. .. la ville ..et la vie, pour pas mal de gens. 
D'abord, ça leur fera économiser du carburant et au prix où il est... c'est pas du luxe ! 
Ensuite, on respire bien mieux et c'est très bon pour le coeur, le vélo... surtout sans EPO ! 
Enfin, quand on est cycliste , on est bien moins stressé de la vie. 
Et ça, ça n'a pas de prix .