En hébreu, "Pâque" signifie " passer outre". On y retrouve aussi l'idée d'épargner, de préserver. Il y est donc question du peuple de Dieu, élu par celui-ci, et qui, délivré, sortit d'Egypte. Il rappelle aussi cette terrible nuit où furent uniquement protégés ceux dont la porte était couverte du sang d'un agneau immolé.
Si je peux oser un tel parallèle, je pensai penser outre, en allant sur un territoire peu connu de moi-même, la politique. J'y laissai quelques plumes, bien évidemment. Pensant m'y délivrer, en fait je m'y enfermai ; sciemment et aveuglément, je dois le confesser.
J'y fis le sacrifice entier et total de mon image et de deux mois de ma vie. Avec, il est vrai, beaucoup trop de candeur et d'innocence. Est-cela qui m'a préservé, après tout : le don de moi-même sans aucun calcul ; cette fragilité, derrière une force apparente, que j'ai toujours eue en moi, parce que j'aime l'homme et que je le respecte? S'il est respectable.
Va savoir... Et qui le sait vraiment ? Qui le saura un jour ? Et faut-il vraiment tout savoir et tout comprendre ? Il y a encore tant de grands mystères, dans nos vies et dans nos fins prévisibles.
De la politique à la philo...cela veut dire à l'évidence que je vais mieux.
Nous sommes donc allés, hier soir, écouter du jazz - du vrai, du grand, du bon - en la bonne ville de Montbrison. Deux trios remarquables - piano + contrebasse+ batterie : de vrais artistes totalement habités par leur art et qui donnent tout au public, sans tricher jamais. Un vrai grand moment de beauté et d'émotion.
Il n'y a bien que l'art, et la musique, pour exprimer tant sans dire un seul mot. C'était déjà vrai dans les grottes de Lascaux. Et ça l'est encore aujourd'hui, en 2008.
Merci à l'art et à la musique : ils m'ont, en quelque sorte, réconcilié avec l'humain. J'en dirai moins de la politique. Hélas. Pour elle et pour ceux qui la pratiquent : ce n'est encore pas tout à fait un art...Tout au moins, pas joué comme ce que j'ai vu pendant ces deux mois initiatiques et fort instructifs, à plus d'un titre. Jaurès, il est vrai, c'était autre chose. Il n'y a pas un Jaurès tous les jours. Surtout comme en ce moment. Par ces temps qui courent, étranges et troubles. Et qui courent d'une drôle de façon, en zigzagant dans d'étranges paysages de faux-semblants, de mensonges déguisés en vérités ; à moins que ce ne soit l'inverse ; de vessies prises pour des lanternes ; et de gens ternes confondus avec des lumières.
Ah bon...vous aviez remarqué ...
Comprenne qui voudra.

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