samedi 16 février 2008

sous le banian à J- 22


Aujourd'hui dimanche, jour de repos et des enfants, c'est le moment du conte-fable : un genre littéraire un peu particulier dans lequel les animaux ont remplacé les humains. Conte allégorique, comme toutes les histoires imaginaires. Bien entendu, toute ressemblance etc...etc...

" C'est l'histoire d'un roi-lion. Il a régné jusqu'ici sans partage sur tout son territoire. Sa crinière en est même devenue blanche. Quand il arriva alors sur le trône, il reçut pour tout héritage un royaume complètement dévasté. A force d'obstination et de courage, il en fit ce qu'il est devenu aujourd'hui : un territoire enfin prospère où le sol est à nouveau fertile, sur lequel les arbres sont réapparus, où l'herbe est redevenue enfin verte, où l'on y voit même des arcs-en-ciel, un azur enfin plus clair et un horizon plus dégagé.

Un des jeunes lionceaux de sa Cour, le nommé Skar, suivait ses traces pas à pas et comptait parmi ses sujets les plus dévoués, arpentant sans relâche la savane pour le compte de son seigneur et maître, sans jamais trahir ni manifester en aucune mesure son mécontentement ou son désaccord. Le gibier ne manquait point et nombreuses étaient alors les prises. Pour prix de ses traques fructueuses, le valeureux Skar se vit même gratifié d'une crinière d'honneur et d'un siège à la droite de son léonin suzerain. Tout allait alors pour le mieux dans le meilleur des royaume possibles.

Mais les éléments et les événements furent soudain contraires : une mauvaise chasse de laquelle le malheureux Skar revint bredouille et au cours de laquelle il perdit la plupart de ses jeunes crocs, quelques griffes et presque toute la fourrure de sa nouvelle crinière. La rancoeur et le dépit, comme on sait mauvais conseillers, noircirent alors son son noble et jeune coeur pourtant généreux. Lui jusqu'ici infatigable et soumis serviteur se mit à ruminer une sombre et sourde vengeance.

Dès lors, le pauvre Skar ne rêve plus que de revanche et de crinière reconquise, de griffes et de crocs retrouvés. Chacals et hyènes, accourus pour lors de tout le royaume et pour certains sujets de l'ancienne Cour, ont rallié sa troupe de bric et de broc. Grand et très aiguisé est leur appétit.

Skar repart donc en chasse, arpentant sans relâche savane et forêt, rivières et lacs, petites sentes obscures et grandes pistes cendrées. Il promet à qui veut bien veut bien prêter une oreille complaisante maintes généreuses promesses, de nouvelles proies jusqu'ici inaccessibles, enfin de merveilleux territoires de pâturages verdoyants ou de chasses hypothétiques.

Tantôt il ronronne, fait pattes de velours et revêt la peau du félin bonhomme et tranquille ; tantôt il rugit, ici et là, dispensant force coups des quelques griffes qui lui restent encore, à l'encontre de son ancien seigneur et maître, sans reconnaissance aucune, comme il siérait, pour ce dernier. Comme toujours dans ce cas, on le sait hélas depuis toujours, la reconnaissance n'est pas la première des qualités dans les règles impitoyables et sans merci du règne animal.

Le roi-lion le ménage encore pour l'heure, feignant de l'ignorer, détournant son auguste et noble crinière lorsque leurs parcours de chasse viennent à se croiser. Mais ils se croiseront, inévitablement. Jusqu'à l'affrontement sanglant, redoutable et redouté, prévisible et fatal.

Pour lequel des deux ? A moins qu'un troisième larron, depuis toujours à l'affût, ne vienne par surprise et dans les derniers instants ravir la place et les proies tant convoitées ..."

Il est comme cela des histoires terribles de vengeance et de mort, de trahison et de revanche, dans le royaume animal et que se racontent en frissonnant les tribus rassemblées à la veillée sous le banian plusieurs fois centenaire. Des histoires qui ne sont, certes, que des histoires.

Mais qui ressemblent pourtant, à s'y méprendre, à la vraie vie d'ici bas.

Etre d'ici et pas d'ailleurs à j-23


Et voilà : on est samedi et encore une semaine de passée.

Ce matin je vais aller "tracter" sur le marché de la place Albert Thomas. Ce mot " tracter", il dit bien ce qu'il veut dire. A la fois distribuer des tracts, sans oublier d'établir le contact avec les gens de la rue à qui on donne le tract. J'aime bien ces moments-là : contact direct avec des inconnu-e-s qui sont des Stéphanois-es comme ma pomme - du Pilat, bien sûr-, échanges sur le trottoir. Des fois on se fait envoyer sur les roses, surtout du côté des Socialos - ce qui est somme toute normal... Des fois, on a des sourires entendus. Rarement des agressions ou des insultes. Des refus polis et nets, également.

"Tracter" ça veut dire aussi tirer. Donc, à notre façon, on tire notre charrette électorale, avec notre candidat dedans. Mais ce n'est pas trop lourd ni éreintant. Car le Michel, notre maillot jaune, il fait pas comme les rois fainéants : il galope à côté de la charrette et il aide même à la pousser dans les côtes. Et, dans la ville des 7 collines, c'est pas les grimpettes qui manquent.
En géographie et en politique. Et cette côte-ci, c'est même un sacré col avec plein d'épingles à cheveux. Banderole et arrivée au sommet le 9 mars. Puis, si ça veut bien le faire, nouveau sprint jusqu'au final du 16 mars.

Le Tour de France, à côté de la randonnée électorale stéphanoise, c'est une petite balade, presque.

Donc, on tracte tous ensemble. Le tout est de trouver sa vitesse de croisière. J'ai amélioré mon blog en l'agrémentant d'une galerie photo. Je compte y mettre des photos de cette ville, Saint-Etienne, qui m'est plus chère... que le mont Palatin. Photos prises au cours de mes années de pérégrinations urbaines. J'ai, depuis des années, pris le parti suivant : je suis un touriste lambda, je me balade dans une ville que je ne connais pas et je photographie ce qui me plaît ou me déplaît, me surprend ou me choque, sans a priori.

Je dois vous faire un aveu : cette ville a des coins cachés, des trésors de paysage insoupçonnés, des arrière-cours étonnantes, des immeubles superbes, des points de vue épatants, des éclairages bouleversants et changeants selon les saisons. Elle est tout sauf banale. Tout sauf laide et triste. Ce n'est pas Paris, Nice ou Bordeaux, on le sait bien. Elle n'est pas née avec une cuillère d'argent dans la bouche. Elle est pudique, modeste et fort discrète. Elle ne se donne pas au premier venu. Ses beautés, il faut aller les chercher, jour après jour, avec humilité et patience. Elle a des couchers de soleil incomparables, des aubes prometteuses, des après-midis printanières radieuses. Ce n'est pas une courtisane. Elle est juste fille de joies simples. Simples comme ses habitants, qui vous parlent dans la rue sans vous avoir jamais vu auparavant et qui engagent la conversation comme si vous étiez de la famille et que vous les aviez quittés la veille !

C'est une ville qui ne se donne pas facilement mais qui offre sans calcul, sans faire de manières. Elle sait rester naturelle, blottie dans ses collines, emmitouflée dans ses forêts. Elle se regarde de temps à autre dans le miroir de son fleuve Loire, mais discrètement, sans chichis. Juste pour s'assurer qu'elle peut encore plaire malgré tout ce qu'elle a subi. Les épreuves lui ont fait un beau visage avec quelques rides, ici ou là, juste émouvantes.

Je suis bien de cette ville. Je m'y promène encore, souvent. C'est un peu pour ça aussi que je m'engage comme je le fais en ce moment. A ma façon, selon mon style. En essayant de rester simple et accessible, ouvert aux autres, respectueux de leur différence.

Je suis à l'image de cette ville. Ou j'essaie de l'être.



vendredi 15 février 2008

A J - 24 dans la vallée sur la route du 1er tour


Un trou d'une journée sans rien après ces 3 jours assez intensifs. Ouf ...

Il est vrai que quitter sa tenue d'instit et de directeur pour revêtir le soir celle de co-listier, c'est pas toujours évident : c'est une autre logique, un autre job. Et ça demande par là même pas mal d'énergie. Il faut se remotiver, remettre du courant dans les piles et c'est reparti mon kiki !

En même temps, c'est pas si mal : ça permet de lever le nez du guidon et de voir un peu la route au loin. Perspicaces comme vous l'êtes, vous aurez remarqué que j'emprunte souvent des images au monde du vélo. Normal : j'en ai fait pendant pas mal d'années, et j'en fais encore, certes moins intensivement mais j'entretiens la mécanique, comme on dit.

Car le vélo, c'est pas qu'un mec qui pédale et qui en chie sur sa selle. C'est pas que le Tour de France. C'est l'apprentissage de la patience et de la volonté. C'est apprendre à gérer ses efforts. C'est aussi savoir rouler en groupe, connaître son corps et ses limites. C'est encore des paysages, la joie pure de se taper un col mètre par mètre, la Bonette tiens par exemple - plus haut col d'Europe- , et la satisfaction d'être arrivé là-haut tout seul, à plus de 2800 m d'altitude, à la seule force du jarret et avec sa seule volonté. Et, franchement, celui qui est arrivé dans sa bagnole ou sur sa moto, il peut pas le comprendre, ça. Le plaisir dans la souffrance, c'est un truc de cycliste. De sportif et d'humain.

Donc le vélo, ça m'a appris tout ça. Je lève le nez, je tombe quelques dents...sur le plateau ... et je mouline un peu. Cool.

A partir de la semaine prochaine, ça va regrimper sec. Déjà, je pense que ce samedi, à la réunion hebdomadaire de tous les co-listiers, ça va resserrer les boulons et on va nous demander d'être encore plus présents sur le terrain, d'assister à toutes les réunions et de mobiliser les troupes pour le grand meeeting du 5 mars et gnangnangnan. On y a droit recta réglé comme du papier à musique électorale.

Parce qu'en face, ils se bougent aussi et qu'ils sont pas si mauvais. Jamais sous-estimer l'adversaire, même si c'était le compagnon de route d'hier. Peut-être s'en méfier encore plus. Car il connaît tous vos points faibles, le bougre, et il connaît aussi tous les virages et comment les négocier. N'est-ce pas, Gilles ?

Mais bon, c'est de bonne guerre et c'est la démocratie... A nous d'être bons et réactifs, avant d'être les meilleurs. Pour le moment, le peloton se regarde. De toute façon, c'est pas nous qui donnons les points et les bonus. C'est encore et toujours l'électrice ou l'électeur. Elle ou lui qui a raison, qui a le dernier mot. Qu'il va glisser dans l'urne, dans le secret de l'isoloir et de sa conscience. Et, à ce moment-là, il peut s'en passer des choses...

Le passé électoral stéphanois est là pour en témoigner : des indéboulonnables, ou qui se croyaient tels, et qui se sont fait vite fait dézinguer aussi sec...La vérité sort de l'urne, pas de la bouche du candidat. Et seule la victoire est belle. Là plus qu'ailleurs.

C'était notre envoyé spécial sur la route du 1er tour électoral, en direct depuis la vallée, juste avant les premiers contreforts de l'étape de montagne à venir. A vous les studios.


jeudi 14 février 2008

Si ça veut l'faire...à J-25


Trois réunions publiques trois jours de suite : maire sortant, c'est du sport !
Rochetaillée le lundi, Bel Air le mardi et Montreynaud hier soir. Faut avoir la santé pour faire ce genre de job !

J'ai donc revu quelques "anciens " du temps où j'ai enseigné dans ce quartier de 1980 à 1990. Dire que ça a changé est un euphémisme. Ici comme à Montchovet, on a fait appel au bulldozer pour, comme on dit dans le jargon, " dédensifier " l'habitat.

Et dire que le quartier Saint-Saens, à mi colline, dessiné et conçu par Chemetov et Steinbach - de sacrées pointures tout de même- fut dans les années 80 un des emblèmes de la modernité et de ce qui se faisait de mieux, au niveau mondial, en matière de conception urbaine. Les plans et la maquette ont sûrement dû faire le tour des écoles d'archi de toute la planète !
20 ans plus tard, on rectifie, on démolit ici ou là. Bref, on déchante : l'enchantement de départ est assez loin. L'urbanisme n'est pas tout à fait une science exacte...

Montreynaud : un quartier de 9000 habitants... une petite ville, donc. Une ZFU créée - Zone Franche Urbaine - avec environ un millier d'emplois ; un centre commercial à recréer : là aussi, l'ancien, créé de toutes pièces, au Forum, n'a jamais pu véritablement remplir sa fonction malgré son pompeux nom latin évocateur ou qui aurait dû évoquer. On ne décrète pas le forum comme cela, surtout au XXe siècle après JC, ...et on ne peut imposer la mixité sociale par décret-loi.

Montreynaud est donc en train de changer. Bien sûr, ça prend du temps, c'est long et ça coûte cher. Les impatiences voire le découragement pour certains se font jour. Mais ça avance. Ici comme partout ailleurs dans toute cette ville, les chantiers sont en cours. Quand je vous donne rendez-vous en 2015-2020, ce n'est pas une boutade ou un effet de style : c'est à cette échéance là qu'on verra enfin une nouveau territoire urbain qui n'aura rien à voir à l'ancien.

Ce ne sont pas de vagues promesses électorales, comme on peut en entendre ici ou là. Personne ne promet plus la lune. Car l'urgence est là. Avec de l'humain et de la souffrance derrière. On a pu le mesurer hier soir avec certains des jeunes de ces quartiers, toujours à fleur de peau et qui n'ont pas encore tout compris. Pour eux aussi, ça va changer. A commencer par leur état d'esprit. Mais tout de même, avec ceux qu'on a rencontrés, qui en veulent ou qui s'en sont déjà sortis, il y a de quoi ne pas désespérer... Pour l'optimisme, on attendra encore un peu : c'est dur pour tout le monde, par les temps qui courent et qui galopent. Et la machine à éjecter n'a jamais été aussi redoutable qu'en cette époque de concurrence féroce et de mondialisation.

C'est là que le politique peut, encore, intervenir, en mettant de l'huile dans les rouages administratifs et les démarches, en organisant des solidarités, des aides, des incitations surtout, des formations, des accompagnements. Surtout pas de l'assistanat : c'est de coaching social et humain dont ont besoin ces quartiers. De mesures directes pour l'emploi. Et d'un discours franc et honnête, direct et simple, sans langue de bois ou d'un autre métal. Surtout pas de bonnes paroles lénifiantes ou de commisération. Question de dignité. Il faut des gens debout. Des deux côtés, d'ailleurs.

Et du respect, des tonnes de respect. On l'a bien senti hier tout au long de la journée. Respect pour la religion de l'autre, respect pour ses différences, dans un cadre républicain et national bien évidemment. La France, ça ne doit pas devenir de la macédoine de légumes !

Respect encore et toujours. Ecoute aussi. Prendre des engagements et les tenir. Pour revenir, comme hier, sur le terrain, la tête haute. Et avec simplicité et modestie, please.
Pas d'autosatisfaction ni de fanfaronnades : un maire + une équipe qui a fait son boulot pendant 7 ans et qui revient sur place pour un bilan, avant de repartir peut-être pour un nouveau deal.

J'ai donc vu tout cela hier à Montreynaud. Sans oeillères - c'est pas mon genre - sans voiles pudiques ou autres - je suis laïque - et sans concession aucune - ces quartiers, je connais un peu et j'y ai donné...de mon temps et de ma personne. De plus, circonstances aggravantes pour moi, j'ai bien aimé ça ! Je ne suis pas le seul dans ce cas, d'ailleurs. Je vais pas me mettre à entonner le " c'est nous les meilleurs et on va gagner ". Encore moins mon style.

Je suis donc reparti plutôt rassuré et confiant. Est-ce que ça suffira pour gagner ces élections ?C'est AUSSI un des enjeux de cette bataille électorale. Qui est bien un combat au sens noble du terme - pas une bataille de chiffonniers comme certains voudraient nous y entraîner.

Il y a dans tous les cas la satisfaction de faire partie d'une équipe qui tient la route, qui a dit ce qu'elle allait faire et qui a fait ce qu'elle a dit dans le mandat qui s'achève. Déjà pas si mal. . Je m'étais renseigné un tant soit peu avant, tout de même...

Tout le reste - attaques, promesses, polémiques - n'est que de l'écume sur la crête des vagues.
La politique, ça n'est pas forcément à Neuilly city qu'elle prend ses lettres de noblesse. Que les citoyens regardent ailleurs. Ici, par exemple. On est à leur disposition pour leur expliquer, à J - 25. Et demain et après-demain.

Et après après...si ça veut l'faire.

mardi 12 février 2008

Back to Mount Reno à J-26


Je reviendrai à Montreynaud... mais pas dans un boeing bleu de mer.

Je vais effectivement y retourner to day because la "campagne". Je vais passer à midi voir mes " anciens élèves " des années 80 de l'école Chabrier. Cette école qui était alors celle d'un des secteurs les plus difficiles d'un des quartiers les plus difficiles de Sainté. Le best du best en quelque sorte.

Une école qui, dès le début , " bénéficia" de l'AOC : ZEP - Zone d'Education Prioritaire ou Zone d'Emmerdements Particuliers - ça dépendait des jours....

12 classes à l'époque et une équipe d'enseignants qui tenait la route et qui en voulait. Il le fallait bien, vu les loulous et les louloutes qu'on avait alors. On avait fait le choix de venir enseigner dans ces secteurs. C'était un choix délibéré... et militant. Vous savez : les fameux hussards noirs de la république de Jules Ferry du début de l'école publique alors dans les campagnes reculées de France...c'était un peu nous .

L'histoire, une fois de plus, bégayait mais sur d'autres parties du territoire national : ces zones en déshérence où ce n'était pas à des petits ruraux qui parlaient le patois qu'il fallait apporter l'instruction nécessaire mais à une nouvelle catégorie de " Français en devenir " dont les parents venaient d'ailleurs et qu'on avait relégués ici, loin du centre - on ne sait jamais, n'est-ce pas.

On a tenu le choc, donc, et on n'a pas à rougir du boulot qu'on y a fait. Beaucoup de ces jeunes d'alors ont maintenant une famille, un boulot et sont complètement insérés. L'école y a contribué pour une part. Le reste... le reste est aussi une affaire de volonté, d'éducation de la famille - beaucoup et sûrement - et parfois de hasard, de bonnes ou de mauvaises rencontres. Tout n'est pas si simple et si aisé quand on naît et qu'on vit dans ces quartiers -là, n'est-ce pas ?

Il me semble que les choses ont bien changé depuis et que ça va plutôt mieux. Les Mourad, Mohammed et autres que j'ai eus alors , et que je vais revoir avec plaisir, s'en sont bien tirés.
D'autres, je le sais, ont plongé. Certains, là encore, ont remonté. D'autres....Inch'Allah !!

Les choses ont changé parce qu'il y a eu une réelle volonté politique de faire en sorte qu'elles changent. Déjà, la Politique de la Ville y a contribué pour beaucoup. Il y a eu également l'idée d'y implanter des entreprises qui apportent des chances de s'en sortir : "mon" école Chabrier qui est devenue - tout un symbole - un pôle d'entreprises...

Et puis enfin, il me semble que les mentalités évoluent, tout doucement. Parce que c'est ça qui est le plus long, faire évoluer les regards et les mentalités. Des deux côtés, bien sûr. Le coup de la victime, on connaît du style " on fait rien pour nous..." ; et, idem on the other side, quand tu déboules avec ton CV et ton matricule issu de Chabrier ou de Pierre Loti, on te regarde pas pareil ...ou on te regarde même pas du tout, des fois. Carrément. Dans la poubelle.

Il semble donc que ça change et qu'on s'aperçoit qu'il y a là aussi des talents, des qui en veulent, qui ont la gnaque. Remarquez...si on regarde dans le passé, mes ancêtres Ritals Macaronis, ça a pas été spécialement facile pour eux et la place au soleil pour mettre leur serviette de bain, elle est pas venue toute seule d'un coup comme ça hop là !

Bon, c'est vrai, y avait du boulot " à regonfle " entre le charbon et l'acier, t'avais que l'embarras du choix...de bosser et de faire des heures. Du boulot, aujourd'hui, si t'en veux, tu en trouves et même qu'on te file un bon coup de main pour en trouver. Faut pas dire n'importe quoi, là encore. C'est dur mais c'est jouable.

Je vais donc regrimper sur une des 7 collines of my city. Avec d'autres objectifs, un autre pari, peut-être pas trop raisonnable celui-là : être élu. Putain ! Putain ! - comme dirait l'ami Arno- ... co-listier, c'est pas de tout repos même si que je me sens bien européen. En passant, j'ai bien aimé le discours de Sarko sur l'Europe. Très direct, clair et assez couillu. Ce mec, quand il prend vraiment son boulot au sérieux, loin des sunlights et du bling bling - car la...car la presse people est souvent là - donc, quand il se souvient qu'il est LE président de LA France et de tous les Français qui l'ont élu, alors il est vraiment bon. Et il fait avancer des choses. Ce pour quoi il a été élu, d'ailleurs.

Vive Montreynaud ! Vive les élections ! Vive la France !

Un art de vivre la ville ? à J-27


Nouvelle réunion publique hier soir lundi 11 février chez les Rupiciciens...

Pas une nouvelle secte mais tout simplement les habitants de Rochetaillée, plaisant village accroché sur une crête à 800 m d'altitude, à environ 5 km de la grande ville, et qui a été rattaché à Saint-Etienne ; avec un conseil municipal et un maire nommé pour la circonstance.

Un maire, Roger Demeure en l'occurrence, qui s'est attaché à décrire, simplement, tout ce qui avait été réalisé, mois après mois, années après années : sentiers refaits, parkings, éclairage, lignes enterrées, école rénovée, animations, associations, etc... Le bilan correct, sincère, visible de quelqu'un dont on sent qu'il a consacré son temps à la " chose publique" : une énergie humaine au service de l'intérêt général. En quelque sorte un exemple et un modèle pour ce qui nous attend si...

On avait donc là, résumé, sur ce microcosme en plein parc du Pilat, ce que peut être au quotidien le travail opiniâtre et incessant d'un vrai élu de terrain - ici de tout terrain.

Rochetaillée et le parc du Pilat d'un côté. Ses forêts de sapins, ses barrages.
Saint-Victor et les gorges de la Loire de l'autre. Et des châteaux sur les crêtes. Une histoire séculaire et une géographie superbe.

Je me dis qu'on a là tous les ingrédients pour faire de cette ville une éco-ville du XXIe siècle. Une illustration " grandeur nature" da la cité du futur : bien dans son environnement, le protégeant, l'aménageant, respectueuse de son cadre et de ses habitants. Ne souriez pas : la recherche d'une forme d'harmonie à l'échelle non pas d'une petite communauté utopique mais bien de tout un territoire urbain.

Quand je vous disais que ces élections, au-delà du pur enjeu électoral - gagner ou perdre - avaient une autre dimension : relever un pari, un défi presque. Gérer le quotidien, certes et c'est normal ; c'est aussi ce qu'attendent nos concitoyens et ce n'est pas le moins important, loin de là.

Mais aussi donner un dessin et un dessein à cette cité : créer le cadre et les conditions d'un nouveau vivre ensemble, presque un nouvel art de vivre la ville. Et pourquoi alors ne pas le proposer et le faire ici même ? Rêve ? Utopie ? Et si les utopies d'aujourd'hui étaient le réel de demain ?

Rendez-vous les 9 et 16 mars ...puis en 2020 !

lundi 11 février 2008

Racines et Pollens J-28

L'ami Phil - vous savez le dossard N° 59 sur la liste- est décidément irremplaçable et précieux.

Il vient tout juste de me gratifier par mail d'une superbe métaphore que je ne résiste pas au plaisir de vous restituer ici-même.

Je lui parlais de cette histoire stéphanoise et de cette ville qui, au cours des siècles, s'est fondée-forgée une très forte identité.

Brève rappel historique : à partir d'une petite communauté monastique installée bien avant l'an mille sur les bords du Furan autour de la vallée de Valbenoîte, la ville est devenue à la fin du XIXe siècle la " Birmingham" française grâce à l'acier et au charbon. Et le ruban faisait ronronner ses hauts métier Jacquard jusque dans la campagne alentour. La main d'oeuvre venait en masses depuis la Haute-Loire rurale toute proche. Puis ce fut le tour de l'Europe de déverser son flot de travailleurs : Italiens, Espagnols, Portugais. Puis de l'Afrique du Nord : Algériens, Marocains et Tunisiens.

Les racines industrielles pollinisées par les apports extérieurs. Belle image.

Puis, comme toute plante qui vit, croît et meurt, faute de ressources dans le sol qui l'a vu grandir, les racines se sont étiolées et asséchées. Il a fallu donc trouver de nouveau un sol, un terrain fertile. Ce fut alors aux industriels, aux créatifs, aux économistes et surtout aux politiques locaux - qui fédèrent le tout - de trouver d'urgence de nouvelles friches - au sens propre et au sens figuré - pour que tout repousse et pour que la vie, et l'espoir, renaissent.

Ce ne fut pas là un des moindres mérites de Michel Thiollière. Oh pas tout seul. On ne fait pas grande chose seul, même si on a une volonté farouche et une vision d'avenir innovante. Cet homme-là a su très vite comp
rendre ce qui se jouait sur son territoire et élargir sa vision à la métropole.
Ce maire-là
a compris très vite qu'il fallait chercher des sources de pollen ailleurs que dans les plantes locales : ce fut donc le design, l'innovation, l'urbanisme, entre autres. Et puis, bien sûr, la Culture, avec un gran
d C. Qui était mieux placée qu'elle pour cultiver le jardin stéphanois, remuer le terreau, y semer de nou
velles
graines, repiquer de nouveaux plants venus d'ici et d'ailleurs, greffer des variétés parfois étranges aux formes surprenantes ? Qu'importe les méthodes pourvu que la
floraison soit belle.
Et c'est bien ce qui s 'est produit. Il n'y aucun miracle là derrière. Aucun tour de magie. Rien ne se fait et ne s'est fait par hasard.

Alors, j'enrage aujourd'hui quand j'en entends certains, ici ou ou là - ils se reconnaîtront, beausseigne ..- balancer
de vagues et très généreux discours réactionnaires sur la perte de nos racines, sur le soi-disant abandon de nos quartiers, sur la " destruction" de notre patrimoine ...

C'est ce que redit l'ami Phil, encore : "il va nous falloir, tous ensemble, accompagnés de vraies valeurs humanistes comme l'é
quité, le partage et la solidarité, il va nous falloir donc trouver cet indispensable équilibre : à la fois nourrir de nouvelles racines et permettre l'arrivée de nouveaux pollens". Sans jamais "enfermer ou forclore les racines ni s'ouvrir n'importe comment à tous les pollens de la Terre".
Sacré défi. Vrai et seul beau
grand projet politique qui ouvre portes et fenêtres et nous découvre enfin un horizon superbe, bien au-delà du petit pré-carré de nos 7 collines. Certes merveilleuses, mais bien petites pour nous et nos enfants, pour ce nouveau siècle.

Je ne peux manquer au pl
aisir de le citer encore : " Au détour de l'avenir économique de notre ville de Saint-Etienne, il y a la compréhension d'une république nouvelle, au potentiel radicalement exemplaire. Les villes qui trouveront cet équilibre entre racines et
pollinisation, surtout en réussissant leur reconversion industrielle, ces villes-là régénéreront le sens de la République au niveau national."

On peut pas dire mieux.

dimanche 10 février 2008

Bien au centre à J-29


Tiens, on va quitter un peu le style policé. C'est parti !!!!

Y en a, et beaucoup parmi mes chers amis de Gauche, qui n'ont toujours pas compris ce que je foutais sur la liste Thiollière. Les adjectifs fusent : " social-traître, opportuniste, fayot, traître tout court, etc...". Pas très sympa mais je ne m'attendais pas à moins. Le contraire m'aurait étonné, ins'nt it ?

Bon. Je vais pas me justifier. Car j'en ai rien à foutre, bien évidemment, de tous ces noms d'oiseaux. Tous connaissent mon parcours, mes engagements. Je ne pense pas avoir trahi qui que ce soit ou quoi que ce soit par le passé. Et ce ne fut pas toujours facile facile. Ils le savent bien. Bref, passons... Pas plus que ce que ça vaut.

Vous aurez remarqué que le mot "ouverture" est très à la mode depuis quelque temps dans le NPPF ( Nouveau Paysage Politique Français ).

On peut reprocher - et certains ne s'en privent pas - beaucoup de choses à notre actuel Président mais pas celle-ci : avoir déverrouillé la politique, avoir pratiqué l'ouverture tous azimuts, à qui voulait bien participer à ce grand projet, qui devrait normalement dépasser tous les clivages : remettre ce pays, la France, en marche. Et faire enfin ces foutues réformes sans lesquelles on est foutus et sans lesquelles on va avancer dans le XXIe siècle à reculons, arc-boutés que nous sommes, toutes et tous, petits et grands, sur nos acquis, nos privilèges, nos corporatismes franco-français. Vous savez de quoi je cause...n'est-ce pas, mister Attali ?

C'est donc bien à une recomposition totale du NPPF qu'on assiste. Et inévitablement, ça bouge un max, ça turbule, ça bouscule tous les repères, toutes nos certitudes.

On assiste à un appel d'air pour un changement d'ère. Belle formule, non ?

La preuve : le PS est un vaste chantier - bordel ? - où plus personne ne retrouve ses petits et où ça bagarre à mort pour qui sera le ou la chef. Le FN - tant mieux - s'éteint en même temps que son leader ( on le regrettera pas ) . Le PC ...c'est le passé : paix à son âme damnée... on a donné. Les Verts n'en finissent pas de se décomposer et de se recomposer à chaque saison, normal me direz -vous pour un mouvement-parti (?) branché nature - Le Modem tente d'exister dans un slalom compliqué droite-piquet-gauche avec un ski acrobatique et parfois ébouriffant voire stupéfiant, à l'image de son inénarrable béarnais tractophile ( ceci étant j'aime bien la béarnaise dans la fondue bourguignonne).

Même l'UMP : tiraillée entre sa droite bien droitière et un nouveau venu au poste suprême qui n'arrête pas de surprendre, voire de choquer, et qui passe son temps à faire bouger les lignes jusqu'à en à devenir même illisible pour ses propres partisans. Avec les médias qui s'en mêlent et s'emmêlent ; les savonneurs de planche furtifs, les pompiers pyromanes frénétiques, les qui mettent mesquinement en douce des grains de sable dans l'huile des rouages...Tout ça aide pas à la sérénité et à l'action efficace. Euphémisme.

Bref, vous l'aurez compris : on est dans la phase de lavage intensif, en plein dans le tambour qui tourne en tous sens. Et c'est pas fini, la grande lessive. Comment vont ressortir les uns et les autres. Plus blancs ? Lessivés ? Amidonnés ? Usés ? Eliminés avec l'eau de rinçage ?
Va savoir...Seule, peut-être la mère Denis... mais elle est plus là.

Et moi dans tout ça ? Ben, au centre. Au centre ??? Ah ah ! tout ça pour ça !! Centriste...Waf !!!

Ben oui ! Au centre des préoccupations de mes concitoyens : les écouter, vivre avec eux , participer et construire des projets avec eux et pour eux, pour leur ville NOTRE ville. Un projet pour vivre ensemble. Pour être bien. Pas si mal...

Et, franchement et entre nous, y a que du côté de Michel Thiollière et de sa liste que j'ai trouvé deux points à la ligne

* D'abord un capitaine - ou un chef... d'orchestre - qui tient le cap et la route. Franchement, c'est important, non ? Il l'a prouvé jusqu'ici. A qui d'autre que lui, re-franchement ???

* Ensuite un bilan plutôt pas mal. Globalement, la ville va mieux, l'agglo aussi - et ça c'est pas rien. Les fondations sont saines et solides. Reste à y construire dessus. C'est un défi passionnant, exaltant. Rien moins. Et ça me plaît, ainsi qu'aux autres co-listiers.

* Enfin, un vrai projet. Qui reste encore à préciser, à définir en détails. Surtout pas un projet clés en mains, déjà tout ficelé. Pas ça la démocratie. On donne les grandes lignes, la philosophie du truc. Et il reste ensuite à bâtir ensemble, en concertation. Pas imposer. Proposer. Construire. Penser et faire ensemble.

Voilà pourquoi je suis sur cette foutue liste. Et pas ailleurs.

Point barre.

Ordre et désordre J-29

Pour aujourd'hui dimanche, cette phrase très lucide de Paul Valéry et qui, comme seuls savent le faire les poètes, dit beaucoup de choses en peu de mots : 
" Deux dangers nous menacent : le désordre et l'ordre."

C'est à dire...

A tout seigneur tout honneur, commençons par le désordre. Par tout ce qui inquiète, trouble, dérange, modifie un tant soit peu nos petites ou grandes certitudes. par ce qui nous chamboule, nous sort des lignes droites que nous tentions de suivre ou que nous nous étions tracé non sans effort. 

Ah le désordre...Mai 68, dont on ne finit pas - dans certains milieux - de faire le procès et qu'on accuse de tous les maux actuels. Moi perso, j'avais alors 15 ans - âge merveilleux - je me souviens bien d'une société étouffante, figée, bloquée sur ses certitudes. Un semblant d'ordre régnait alors, effectivement. Irrespirable. Et je me souviens de ce souffle d'air frais, de ce vrai vent de révolte : la Vie, ce pouvait être autre chose que ce qu'on nous proposait alors. Pour moi, qui étais encore à l'aube de la mienne, ce fut un bouleversement total des valeurs, une remise en cause salutaire, salvatrice. Tout était enfin possible, y compris l'utopie. 

Et même si, comme d'habitude, et la réalité est si incroyablement têtue et hélas très trop réelle, même s'il a fallu atterrir ensuite, rien ne fut jamais pareil ensuite. Il y eut bien un avant et un après Mai 68. 

Et l'ordre...Malgré les apparences, et elles sont effectivement en sa faveur, il n'est pas mieux dans son genre rationnel et bien propre sur lui. L'ordre, certes, mais, poussé au bout de son raisonnement, très effrayant. L'ordre : des caméras absolument partout et l'Etat derrière chaque citoyen. L'ordre absolu et interdiction de penser un  tant soit peu différent. 
L'ordre : exit les rencontres imprévues, bye bye l'irrationnel. Ne pas sortir des sentiers conventionnels, battus et rebattus. L'ordre et la peur de l'inconnu. L'ordre : l'homme a la tête ronde et les pensées trop carrées s'entrechoquent et le blessent. 

Alors ? Alors, comme d'hab, trouver la voir médiane. Que vous dire d'autre ? Une fois de plus, et j'y peux rien, le salut est au centre, à la modération. Ce qui ne veut pas dire, bien au contraire, qu'il faille, comme certain candidat  trop consensuel - mettre un gros édredon sur tout, et gommer tous les conflits, fuir toutes les confrontations. 

Non, pas du tout. Je vous ai fait peur, hein ?  

Il faut juste, mais plus facile à dire qu'à faire, tenir la bride sur le cou à ces deux étranges bestioles d'ordre et de désordre. Leur laisser du champ libre, mais pas trop non plus. C'est dans un espace de liberté, qui n'appartient qu'à lui, que l'homme est bien lui-même. 

Offrir donc à chacun sa zone de chalandise, son propre espace où il pourra trouver ses limites et ses galops. Cela commence tout petit, dès l'école maternelle - presque à la crèche, allais -je dire. Chacun doit s'éprouver, éprouver sa propre et unique liberté. Chacun doit trouver son ordre à lui, son équilibre interne. Chacun doit pouvoir gérer ses désordres et ses ordres internes.

Pour le reste, la création et les rencontres, et l'harmonie, parfois, pas de souci. Comme dans tout système complexe, tout cela, toutes les tentatives humaines, tout cela se régule, se frotte, se confronte et, au bout du compte, ça fait des chose intéressantes : des tribus, des communautés, puis une société humaine, et, enfin des villes, et des métropoles urbaines. 

C'est un  peu ce que je voudrais pour cette ville-ci qui est la mienne, que je voudrais belle et harmonieuse, comme elle est l'est déjà dans ses paysages. Et qu'elle le devienne dans ses rapports avec les autres, dans ses bâtiments, dans ses pratiques artistiques, économiques et sociales. Ben quoi? Faut bien un peu rêver de temps à autre, non ? On ne peut pas toujours rester au niveau du sol, au ras du caniveau et des pâquerettes...

Une ville entre ordre harmonieux et désordre d'ouverture, entre belles avenues rectilignes et chemins de traverse tortueux. 

Une ville à échelle humaine.