samedi 22 mars 2008

Soucoupe posée à J + 6


Oui oui : j'ai bien reposé ma soucoupe volante. M'avait emporté très haut et très loin de mes repères traditionnels, cette machine-là ! 

Certains n'ont pas trop aimé mon escapade si loin de mes traditionnelles bases "de gauche". Mais bon, vu l'état de déliquescence - beau mot politiquement correct pour dire que c'est le gros merdier et qu'il n'y a a plus de pilote à bord du navire rose - j'ai tenté un petit tour vers le " centre-droit ". Pas terrible comme résultat : je ferai mieux la prochaine fois. Promis. Je suis du genre tenace : fils d'immigré, ça vous apprend à vous battre pour la place au soleil et à ne jamais baisser les bras. 

Ah ! le réel, comme il est bon et salvateur. Un Conseil d'Ecole cette semaine avec les parents élus et tous les collègues, ça vous remet les idées en place : préparer l'expo-vente de livres d'avril et la kermesse de juin  ; savoir si nous aurons de nouveaux WC à la rentrée ; intervenir pour que les élèves qui mangent à la cantine le fassent dans de meilleures conditions. 

Et puis la semaine du Printemps des Poètes : une escapade d'une journée dans le parc du château de la Perrotière pour faire écrire à mes chers élèves des poèmes façon hip-hop, des calligrammes à la Guillaume Appollinaire, des Haïkus spontanés. Un feu d'artifice de création. 
J'aime ça, aussi . Trois parents nous avaient accompagnés : ils ont apprécié, je crois, et compris tout l'enjeu de ces merveilleuses journées à se frotter à la langue et à la création. Essentiel pour leur progéniture. 

Toutes des préoccupations qu'il faut bien assumer et gérer. On est loin très loin de la politique et de la gestion d'une grande ville. Bye bye beaux et grands projets culturels ! 

PS : I will survive  !!!!!!

mercredi 19 mars 2008

Atterrissage : tout le monde descendu !!


Zinquiétez vous pas, mes belets, j'ai bien survécu au crash thiollérien.
 
La vie, comme toujours, qui vous fait très vite reposer les pieds sur la terre ferme. 
A savoir mes 22 loupiots du CE 2 et tous les projets que j'ai entrepris avec eux . Pas question de les décevoir : c'est mon job, mon boulot, ma vie, mon honneur, ce que je sais faire encore de mieux jusqu'à ce jour. Déjà pas si mal. 
On va donc continuer : à faire les moments-philos du jeudi matin ; à faire du yoga le mardi AM ; à faire des maths, de la grammaire, de la conjugaison, de l'orthographe, de l'expression écrite, de l'anglais ; de la peinture avec l'ami artiste-peintre Ness ; du théâtre avec Maurice Galland pour la représentation de juin ; de la poésie au château de la Perrotière dans le cadre de la semaine du Printemps des Poètes ; de la science avec la Rotonde et le projet Pollen.  
Donc, on ne va pas s'ennuyer : ces petits loupiots, c'est la France de demain. S'agit qu'ils démarrent bien dans la vie et on est là aussi un peu pour ça. 
Quant à la politique... je me mets sur "pause" pour quelque temps. Je fais une analyse - écrite - de ces 2 mois de folie - folie passagère pour moi. Bon, ça a pas marché. Quand on fait un retour sur images, froidement et rationnellement, on s'aperçoit que tout s'est noué en 2007, avec Gilles Artigues qui s'est fait méchamment taclé sur son siège de député. Le ralliement de Michel Thiollière à l'UMP n'a pas franchement aidé à sa cote de popularité : c'est un euphémisme... Avec un Artigues à 20% au 1er tour, puis à 12 % au second, le pari était impossible à tenir. D'ailleurs, partout où la droite s'est divisée, elle a perdu. Conséquence : en mars 2008, la Loire se retrouve toute en rose. Un rose de confusion... ou d'émotion. Va savoir... 
Quant à moi, j'ai 1 ou 2 projets en réserve, que j'avais mis de côté : je vais les reprendre là où je les avais laissés. Des projets plus dans mes compétences, sûrement bien plus modestes que ce que j'avais espéré. Mais on a bien le droit de rêver et de vouloir s'élever un peu, de temps à autre, non ? 
 

lundi 17 mars 2008

Fin de rêve


Et voilà, c'est fini... pour nous. 

Tout commence pour les autres, ceux qu'on n'attendait pas. La Vince Academy first. Et la Mike Thio dream out. Des larmes hier soir pour certains de mes co-listiers. C'est dur à avaler l'échec, surtout quand on y a cru jusqu'au bout, quand on s'est donné à fond comme certains l'ont fait. 

Et il est vrai que je me suis donné à fond moi aussi : ce projet de friches artistiques et de culture dans les quartiers, je pense encore aujourd'hui que c'est un beau projet. Qu'il va au-delà des clivages droite-gauche. Et mon message ne change pas : la culture n'est ni de droite ni de gauche ; elle est au centre de nos vies, de nos émotions. 

Le projet Thiollière avec le Zénith, l'Opéra-Théâtre, le Fil, les Musées, le Consevatoire, la Comédie, tout ça me semblait cohérent. Si on y ajoutait des salles de quartier + des friches avec des projets assos+habitants + artistes, on avait alors un ensemble cohérent qui couvrait toute la gamme de la culture. J'y ai cru, jusqu'au bout. Je ne suis pas triste. Je n'ai pas pleuré : j'ai passé l'âge. Je suis juste déçu. D'autres, peut-être, le feront-ils ? 

Mais c'est ça, la politique : aucune certitude. Et, au bout du compte, une morale, quoi qu'on dise ou qu'on fasse : c'est l'électeur qui vote et c'est lui qui lève ou baisse le pouce. Vae victis : malheur aux vaincus, même s'ils furent valeureux et qu'ils pensaient être les meilleurs. La politique est une arène impitoyable et il faut accepter son verdict. 

Il faut aussi payer le prix. Il y a toujours un prix à payer. Et tout s'était déjà noué en 2007 lors des législatives : un député, Gilles Artigues, qui perd son fauteuil dans les circonstances désolantes que l'on sait. Et ça, le Gillou, il n'a jamais pu l'avaler. On peut le comprendre, Modem ou pas Modem. Surtout qu'il n'avait pas spécialement démérité. Et il n'a rien oublié, rien pardonné. 

Et alors, s'est posée l'équation mathématique suivante pour la liste Thiollière : comment l'emporter au 2e tour avec une liste Artigues à 20 % ? Réponse : improbable. Et le résultat, comme un couperet : impossible. 

Je vais donc tout simplement retourner vers mes chers élèves et ma chère école. Terminer avec eux ce que j'ai commencé et ce que je sais faire. 

Et qui m'importe plus que tout. 

dimanche 16 mars 2008

Le jour J; enfin !


On pédale pendant des semaines. On se tape des cols pas possibles. Des fois, on dévale des descentes comme des fous. On s'accroche, comme on peut. On se dit " mais qu'est-ce que je fous dans ce truc ? " On continue, pour soi, pour les autres et pour lui aussi, le maillot jaune. 
Et puis là, on y est. Plus rien à faire. Juste à attendre. Pas comme un examen ou un concours. Ici, tu fais le maximum avant et le minimum pendant. Une épreuve de 10 heures. Juste un gros sablier cubique où s'entassent, heure par heure, les grains de sable des petites enveloppes bleu délavé. Un goutte à goutte précis, minutieux, contrôlé. Où l'électeur, presque honteux, se cache pudiquement derrière un rideau, dans une étrange petite cabine, pour faire son choix, à l'abri des regards indiscrets, dans le secret de sa conscience. 
Puis, dès 18h, il y aura le comptage, précis là encore, minutieux. Tout un rite. 
Et, sur les coups de 20h, nous saurons. Enfin. La délivrance. La joie pour les uns. La déception, voire l'amertume, pour les autres. 
Moi ? Je vais donc tenir le bureau de vote de Villeboeuf, sur une des 7 collines. Avec sérénité.
Tout a été fait. Tout est joué. Juste avoir confiance.