D'abord, in extenso, le billet d'isabelle Morini-Bosc, tiré à des centaines de milliers d'exemplaires in " TV magazine", ce dimanche 6 avril 2 mille et 8.
" Côté culture, il en va des connaissances comme des terres labourées, elles doivent se voir sans qu'il y ait besoin de les montrer. Mais parlons donc justement "culture", un mot dont on se repaît dans les sphères médiatiques. Avec ses dérivés. Et parfois ses dérives. Citons ainsi en vrac les expressions " sauvons la culture à la télé" sur l'air de "il faut sauver Willy" ; " vive l'exception culturelle " ; " place-aux-missions-de-service-public".
Au point qu'on pourrait remplacer la célèbre phrase " Liberté, que de crimes on commet en ton nom " par " Culture, que de discours oiseux, verbeux, vaseux, on commet en ton nom." Et que d'article on écrit tous, car le sujet a bonne presse, fait coller beaucoup d'encre, suscite des tas d'avis. Voire de prévis des chaînes par périodes. Or donc, c'est "quoi" cette culture qu'on recherche comme on part à la chasse au dahu ou au dodo, sans trop savoir ce que c'est.
Pour Nicolas Sarkozy par exemple, la culture-service-public est incarnée côté fictions par la collection Maupassant, programmée su France 2. Ce qui a fait dire au brillant patron de cette série, Gérard Jourd'hui : " Maupassant fait partie d'un tout indispensable à France télévisions. C'est parce qu'il y a des jeux, du divertissement et "Plus belle la vie " que nous pouvons faire Maupassant."
C'est juste. Et confirmé par son génial homme à tout bien faire, Jacques Santamaria, un réalisateur adaptateur scénariste qui est à la fiction télé ce que le cheval est au fiacre : l'un ne va pas sans l'autre ( avec lui la télé mise précisément sur le bon cheval ): " Il y a des mots dangereux, culture en est un ; nous ne faisons pas de la culture, nous faisons du spectacle... dont nous espérons simplement qu'il aide à se cultiver".
C'est dit, c'est clair. Tout peut d'ailleurs être culture. Quand un historien que j'apprécie rappelait récemment que la maîtresse du président Félix Faure fut surnommée " la pompe funèbre" parce qu'il expira alors qu'elle lui faisait une petite gâterie buccale, c'est déjà d ela culture. Soit dit sans faire la fine bouche. Oh, pardon ! "
Alors voilà où en est la télé aujourd'hui...du moins ce qu'en pensent ceux qui la font et qui en vivent. On s'étonnera après du niveau télévisuel actuel !!!
Heureusement, il n'y a pas que la télé pour se cultiver.
Heureusement.

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