mercredi 3 décembre 2008

Allez tout droit à la case prison...


... et ne recevez pas 20 000F. Bizarrement, ça me rappelle le Monopoly de mon enfance quand on tirait cette foutue carte-prison. 

A l'époque, je devais avoir dans les 12 ans, j'étais en 5e au lycée Fauriel et on passait des heures à se prendre pour de riches propriétaires. Ah l'avenue Foch et la rue de la Paix. 
Et aujourd'hui, pas mal d'années et de spéculation immobilière après, je me dis qu'il y a des gamins de 12 piges qui, au lieu de jouer au Monopoly, peuvent se retrouver... directement en tôle. Pas cool, comme jeu de société. Pas trop.

Drôle de société où on fait le choix d'envoyer des gosses derrière les barreaux. Même s'ils ont fait de grosses conneries, et on sait que certains peuvent en faire, il y a peut-être d'autres moyens pour les remettre dans la vie, la vraie vie. Loin des conneries. Il y a des professionnels pour ça, des Centres Educatifs Fermés - pas encore répressifs définitifs - pour ça. 

Comme le dit froidement l'ineffable garde des sceaux - des sots ? - : " Sanctionner pénalement des mineurs de 12 ans relève du bon sens. " 

Dit comme ça, ça fait effectivement froid...dans le dos. 

J'ai eu dans mon école un gamin de 12 ans qui "pétait des câbles assez souvent". On l'a gardé autant qu'on a pu. C'était pas toujours évident. Un écorché vif... On a fait tout ce qu'on a pu avec tout ce qu'on avait. Bon, ça n'a pas marché : cellule familiale trop déglinguée. 

C'est pas pour autant qu'on a l'a collé dans la case " délinquant irrécupérable"On l'a fait placer en internat dans un foyer où des éducateurs et des personnels formés ont essayé de le réinsérer dans le cadre. 

Je ne sais pas où il en est aujourd'hui. Mais ce que je sais, c'est qu'il faut TOUT faire et s'en donner les moyens pour que ces gamins-là ne se retrouvent pas automatiquement dans les geôles de la République où ce n'est pas leur place. 

Ce sont encore des gosses. Quoi qu'ils aient fait. Des gosses égarés mais pas encore perdus. 

A se lancer dans le tout répressif, on se prépare une société de plus en plus dure, de moins en moins humaine. 

C'est bien tout le contraire de ce que j'ai essayé de faire, depuis 35 ans, dans mon boulot. 

Et c'est très grave. Pour ce pays. 

D'où mon inquiétude. Mon souci. Mon malaise. Mon angoisse. 

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