Vous trouvez sans doute le possessif un peu excessif. Sans doute.
Pourtant, c'est une ville que j'ai appris à aimer. J'en suis parti dans les années 90, pour le sud : Nice, Antibes, Isola 2000. Neige et soleil, la carte postale... le rêve.
J'en suis revenu au bout de 3 ans, désillusionné sur le genre humain un peu...particulier qu'on peut rencontrer dans ces contrées où l'argent-roi règne en seigneur et où la plupart des rapports humains sont basés là-dessus. N'étant pas tout à fait dans cette catégorie, je suis remonté illico avant d'y laisser ma pauvre petite âme d'humain simple, ordinaire et ma foi assez intègre.
J'ai la faiblesse et peut-être la tare de privilégier les rapports humains francs et directs. Je suis comme ça, c'est mon éducation, chrétienne et laïque, démocrate et républicaine, humaniste et confiante. On s'refait pas. J'ai déjà mis assez de temps à me faire comme je suis...
Ma ville, donc. J'ai parcouru à pied, pendant des heures, tous ses sentiers. J'adore la course longue distance, en toutes saisons. Je ne dédaigne pas non plus la mécanique à deux roues, en VTT ou sur route. Mes parcours préférés m'entraînent toujours sur les hauteurs des collines qui ne manquent pas ici ! Ils ont l'avantage d'élever à la fois mon corps et mon esprit, au-dessus des brumes de toutes sortes, dans un air plus pur, plus serein.
Mes escapades ont encore l'avantage de me donner des points de vue incomparables sur cette ville, étalée dans ses vallées. Tout devient alors plus limpide et si dérisoire. En, bas, ça bouge, ça s'agite, ça vit. En haut, tout est si apaisé, calme et tranquille.
Il faut avoir une fois crapahuté dans les gorges de la Loire pour connaître la beauté à couper le souffle de la retenue de Grangent, des châteaux sur les crêtes, de la Loire qui s'alanguit en bas, de la vaste plaine qui s'étend jusqu'au fond de l'horizon.
J'aime donc cette ville pour tous ces merveilleux paysages dont je ne me lasse pas et qui varient au fil des saisons. Toujours pareils mais jamais les mêmes.
Et j'aime aussi cette ville parce qu'elle a terriblement souffert, quelle connaît le prix du travail, de l'effort, la valeur de la solidarité aussi. Cette ville qui, complètement à terre, sinistrée, blessée, mutilée, s'est lentement relevée. Pas toute seule ni par magie. Mais par l'effort de tous, du plus humble au plus haut placé. Et qui continue, quoi qu'il arrive. Et qui s'en sortira parce qu'y a pas raison pour que ça ne paie un jour tant, tant de ténacité, d'abnégation et de volonté.
Une ville, c'est comme un individu. ça naît, ça vit, ça bouge, ça entteprend, ça espère, ça doute. Et ça peut souffrir, mourir parfois. C'est une homme d'individus. Et si, pris individuellement, justement, ils ont ces qualités -là, alors, tout ça rassemblé, canalisé, ça doit donner une sacrée énergie, un sacré élan. Et, c'est bien connu, la somme totale est toujours supérieure à la somme des individualités.
Et cette ville, elle renaît enfin, sait qu'elle va renaître, revivre. Et, luxe suprême, devenir enfin belle, voire superbe. Il suffit d'y croire.
J'y crois, moi. C'est plus qu'une foi : c'est un credo, quasi mystique. Je crois en cette ville pour nous et pour mes enfants. Elle le mérite. Et je ferai tout pour, sur une liste électorale ou ailleurs, pour qu'il en soit aussi. Sans rien lâcher sur l'essentiel. Car on ne transige pas sur les valeurs qui bâtissent, qui édifient ce monde et cette ville, ce monde de demain qui sera bien ce que nous voudrons en faire. Un peu grandiloquent et emphatique, certes, mais bon, why not ???
Voilà. C'est dit. Voilà ce qui me meut et m'émeut. Voilà ce qui me tient debout, me pousse et me motive.
I love Sainté. That' all !!

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