vendredi 25 avril 2008

En direct de l'Elysée

Il persiste et signe. 

Il a pas bien le choix, le tsar Khôzhy. Comme il le dit fort plaisamment, il a engagé pas moins de 55 réformes - et peut-être bien 56, non ? Et toutes en même temps, pourquoi faire simple ? 

Donc, réformes à tout crin - craint ? - et à marche forcée. Pays de France, marche ou crève ! Toujours d'après notre Tsar républicain, il n'y aurait pas le choix : avec la mondialisation et tout le reste, "il faut qu'on et ya qu'à". Pas d'autre issue possible.

Voire... On va donc devenir un pays tout comme les autres : libéral nous voilà. De moins en moins voire pas du tout de services publics. Fini l'intérêt général : vive l'individualisme et les intérêts particuliers. Chacun pour soi et l'Etat pour tous !

Quel Etat au fait ? Dans quel " état " sera la République à ce régime amaigrissant-là ?  On va tous travailler plus pour gagner des zeuros qu'on dépensera d'ailleurs très vite vu que tout va grimper très vite, le carburant et le riz, les patates et le pain, le lait et le sucre, l'eau et le gaz. Et vous allez voir que plus on va gagner et plus ça va grimper. 

Ok ok c'est le système mondial qui veut ça : ou on s'y fait ou on passe à la trappe. 

Excusez-moi mon outrecuidance, votre républicaine majesté, est-ce qu'on peut éventuellment penser autre chose ? Et même penser tout court ? Ou est-ce qu'on peut, fort modestement, penser à penser différemment ? Au cas où... N'y aurait-il pas la possibilité de développer, en Europe justement, un modèle unique de démocratie, laïque et solidaire, sociale et humaine ? 
Une démocratie où le partage des richesses serait un peu plus équitable ? Où chacun aurait aurait accès aux soins, à l'éducation, à une vraie culture, à des études supérieures, à une retraite décente ? 

Au cas où on aurait encore comme qui dirait des " valeurs " à défendre ? 

Valeur ? Non, désolé, je ne veux pas parler de " valeurs boursières". Pas tout à fait. Je sais bien que c'est dans l'air du temps, mais non... Je veux juste causer de valeurs comme " solidarité " ou, pourquoi pas, " laïcité ". Tant qu'à être dans les "gros" mots, autant se lâcher. Et après tout, aussi, l'espérance et la foi, pourquoi seraient-elles uniquement religieuses ? Alors, comme ça, les Eglises auraient une sorte de monopole de ces valeurs-là ? Un droit de préemption ? 

Certes, pour revenir à l'Elysée-moi-et-je-ferai-le-reste - notre Tsar Khôzhy s'est bien calmé : costume sombre bien coupé et cravate foncée. Posture pondérée. Flot verbal endigué et maîtrisé. Vie privée loin des micros et des photographes.  Donc, en apparence, une bonne opération de com. Rien à dire. Clean, le mec. 

Mais sur le fond ? Qu'y a-t-il de changé ? Rien : "on" continue la casse et les économies. Et pourquoi toutes ces réformes, au fond, justement ? Quel est le cap ? Où va le navire France ? Pour quel horizon, pour les simples citoyens que nous sommes ? Vers quels rivages allons-nous aborder ? 

Ah... Les jeunes ? Il paraît qu'ils seraient inquiets pour l'avenir, le leur et celui de ce pays. Il paraît que c'est normal, pour un jeune ! Ah bon ?!?! Moi, naïf, qui croyais que être jeune, justement, c'était avoir confiance, foncer, entreprendre, vouloir refaire le monde ? Surtout pas avoir peur, être craintif, rempli de doutes. Laissons cela aux vieux sceptiques et pessimistes du siècle dernier. 

Pas très convaincant, donc... Il faudra bien autre chose que la méthode Coué des bénis oui-oui de l'UMP pour nous rassurer. Ton et posture présidentiels, certes et enfin, après une année entière de couacs et de blings en tous genres. Mais les réponses ne sont pas à la hauteur des problèmes, des enjeux et des attentes. Loin de là !

On va hélas très vite s'en apercevoir... 

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