Alors voilà je reprends le clavier pour la deuxième fois aujourd'hui à J-4. Because, au lieu d'être en classe auprès de mes chers élèves, je suis cloué chez moi - repos forcé -
Donc, j'écris, assis de travers sur ma chaise, une jambe pliée et l'autre, saloperie de guibole, tendue dans un angle improbable. Comme c'est la jambe droite, on peut interpréter ça, psychanalytiquement, comme on veut...
Un bon coup de gueule, redonc, contre les 47 000 Stéphanois - sur 103 000 inscrits - qui ne se sont même pas déplacés et donc, subséquemment, ne sont pas allés voter. Vous vous rendez compte : pratiquement un électeur sur 2 dans cette ville n'a rien à faire de ce qui se passe, de ce qu'on pourrait faire dans sa ville ! Mais c'est qui, ces citoyens ?
Des écoeurés de la politique, des dégoûtés du bling bling médiatico-sarkozyste, des qui sont au bout du rouleau et qui n'ont même pas la force ou le réflexe de se rendre dans un bureau de vote ? Ou des qui pensent que tout ça, ça ne sert à rien et que voter ne change rien de rien. Après tout, qui sait si c'est pas moi le gros naïf qui me démène et qui y croit encore alors que je ne suis peut-être qu'un pantin ridicule manipulé à mon insu ?
Mais, avouez qu'il y a de quoi se mettre en colère : quand on sait qu'une élection municipale, ça touche et ça concerne votre cadre quotidien, votre vie de tous les jours, que ça peut changer plein de choses, pour vous, pour votre famille, vos voisins. C'est de la politique et ce n'est pas vraiment de la politique : c'est plus de la gestion au niveau local. Et on sait bien qu'il y a pas vraiment de maires de droite ou de gauche : il y a des élus qui font leur boulot ou qui le font mal. La preuve : ceux qui ne conviennnet pas, qu'ils soient d'un bord ou de l'autre, homme ou femme, hétéro ou homo, les citoyens urbains, ils s'en foutent. Ils virent ou ils réélisent ceux qui ont été bons, qui ont tenu leurs engagements, qui ont fait avancer leur ville ou leur village, qu'il ait 50 habitants ou des millions.
Et j'espère que ça va être encore le cas pour cette ville-ci. Et que les abstentionnistes de mes deux, ils vont se bouger le cul et y courir dare dare et plus vite que ça au bureau de vote qui, en plus, doit pas être bien loin de chez eux. Et qu'ils vont le déposer leur petit bulletin. Parce que, ne pas aller voter dans un pays démocratique, c'est, quelque part, la tuer un peu cette démocratie. Le vote, c'est un droit, acquis chèrement au cours de l'histoire de ce pays et pour lequel beaucoup se sont battus, et c'est aussi un devoir ; et même un devoir sacré. Sacré bon sang ! Et, là, mon sang, qui est chaud et latin mais c'est pareil, il ne fait qu'un tour quand je vois tant de gens qui négligent voire même méprisent ça.
Je m'emporte, je m'emporte, mais zinquiétez vous pas, après je me ramène tout bien tout calme et tout entier, guibole flageolante droite comprise. Tiens ! on dirait qu'elle a l'air d'aller mieux celle-là, elle aussi.
Donc, agent DI CICCO 19-53, votre mission, si vous l'acceptez : convaincre les électeurs abstentionnistes de quitter leurs pantoufles, de retrouver leur carte d'électeur et leur sens républicain et d'aller voter.

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