jeudi 13 mars 2008

Lazare Ponticelli à J - 4


Alors voilà, on vient de perdre Lazare Ponticelli,  notre dernier poilu de la Grande Guerre. Il avait 110 ans ! On lui a promis des obsèques nationales. Normal. On lui devait bien ça. 

La Grande Guerre de 14-18, celle qui aurait dû être le der des der : 1,4 millions de soldats tués, 3 millions de blessés dont 1 million d'invalides et 15 000 " gueules cassées " défigurées à jamais. Sûrement autant du côté des Allemands. En tout, 10 millions de morts dans toute l'Europe, une Europe transformée en immense champ de bataille. Un Europe à feu et à sang, où des villages entiers ont été décimés de leurs hommes, de leurs forces vives, et qui ont mis des dizaines d'années pour s'en remettre. La Grande Boucherie fut aussi une Grande Saignée. 
Des campagnes dévastées : partout, dans les 36 000 communes de France, jusque dans les coins les plus reculés du pays, des monuments aux morts avec des listes impressionnantes de " morts pour la patrie." 

Et, aujourd'hui, on a fait l'Europe : 27 pays et 350 millions d'habitants qui ne se feront pas la guerre, qui vivront enfin en paix. C'est le plus bel hommage qu'on puisse rendre à Lazare Ponticelli. Paix à son âme , qu'elle puisse reposer tranquille : on ne reverra plus jamais ça. Plus jamais.

On n'a pas trop et même pas du tout parlé d'Europe dans cette campagne municipale. Et pourtant ... pourtant l'Europe sera demain notre échelle de pensée et d'action. Cette Europe à laquelle les Français ont dit non en 2003 et dont ils vont pourtant prendre la présidence en juillet de cette année. Notre président tant décrié a tenté, avec succès, de recoller les morceaux. Il s'en est pas trop mal sorti. C'est passé inaperçu à cause du tapage médiatique qu'on sait pour qui on sait. Tapage nul et lamentable, pour la politique et pour la démocratie. Dommage : son discours était pile poil bien calé et porteur d'espoir pour cette Europe là. 

A nous de prouver qu'on peut être citoyens actifs de cette Europe :  une Europe de la paix et des échanges, des différences à partager, des projets à mener ensemble. De Lisbonne à Riga, d'Athènes à Dublin, de Vilnius à Varsovie. 

Histoire de laisser dormir en paix Lazare Ponticelli et les 1,4 millions de Français qui sont morts bien souvent sans rien comprendre à ce qui leur arrivait. 

Paix donc à leurs âmes et que vive enfin l'Europe ! 

Aucun commentaire: