Bon. Notre liste arrive en tête avec un peu plus de 37% des suffrages. Pas si mal mais pas extraordinaire pour un maire sortant. J'aurais espéré au moins 40 %. On s'en contentera.
Les Soces ne sont pas loin avec 33 %. Quant au Gillou solitaire et son Modem, il arrive péniblement à 20 %, très loin du carton qu'il avait annoncé et du " on allait voir ce qu'on allait voir." Tout ça pour ça... On a donc vu... L'orange passe au carton rouge : fin de partie pour lui . Bye bye le fauteuil de maire. Il ne sera pas calife à la place du calife. On ne va pas pleurer...
Ce qui m'inquiète le plus, en tant que démocrate et républicain, c'est que 47 000 électeurs sur 103 000 inscrits n'ont pas jugé bon de se déplacer et de venir voter. Pour moi, ça c'est plus inquiétant que tout le reste : il s'agit tout de même d'une élection municipale, donc de proximité, pour élire quelqu'un et des gens qu'ils connaissent, qu'ils ont rencontré au moins une fois, qui leur sont donc très proches. Et, pendant toutes ces semaines que nous avons passées dans tous les quartiers de la ville, nous n'avons parlé QUE de problèmes très concrets qui touchent les gens dans leur vie de tous les jours : propreté, sécurité, équipements sportifs, associations, crèches, transports en commun, etc....
Soit nos concitoyens s'en foutent, soit ils considèrent qu'il n'y a rien à faire, qu'élire des gugusses à la mairie ça ne sert à rien et qu'il vaut mieux continuer à aller à la pêche ou à regarder la Star Ac et pendant ce temps, les problèmes se règleront tout seul.
C'est donc à la fois très préoccupant et très décevant. Et moi, ça me met les boules. D'abord en tant que citoyen lambda. Ensuite, en tant qu'instit de base qui essaie de former mes petits élèves aux notions de citoyenneté et de participation à la vie collective, de l'école et de la cité. Et enfin, comme co-listier, parce que s'impliquer comme je le fais, et comme le font mes autres collègues co-listiers, ça demande un effort et une volonté qu'il faut tout de même bien reconnaître : se mettre au service de sa ville, quelles que soient ses motivations, c'est un engagement et, souvent quoi qu'on dise ou pense, un sacré sacerdoce.
Il va donc falloir, pendant ces 4 petits jours, convaincre tous ces abstentionnistes d'aller voter et, tant qu'a faire, pour nous, bien évidemment. On va s'y atteler : on s'est déjà réparti le boulot, secteur par secteur, qu'on va arpenter en long, en large et en travers. La victoire est au bout de la semelle ! Chouette : ça me rappellera mes marathons, sauf que celui-ci est électoral et va durer 4 jours. Outch.....
Si on l'emporte, et c'est jouable, ça vaut tout de même le coup car c'est mieux que de gagner un Tshirt ou une médaille souvenir : ça voudra dire ensuite un mandat pour 6 ans. Belle et noble tâche, nouvelle pour moi, que je suis tout à fait prêt à assumer au mieux de mes possibilités et de mes compétences.
Si on se prend une gamelle, ce qui est aussi envisageable, au moins on aura fait le maximum : l'électeur est roi et c'est bien lui qui décide. Si on n'a pas réussi à le convaincre, si notre projet n'a pas été assez bon pour le séduire, il faudra souhaiter bonne chance et bon vent aux adversaires. Sans haine ni esprit de revanche.
C'est ça la démocratie.

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